Carnets de Claire #6 – L’OCC 2025 avec la team Adaptive

Voici mon récit de course sur l'OCC 2025 (Orsières-Champex-Chamonix), une des courses de l'UTMB, que j'ai courue au sein de la Team Adaptive.
5 ans
Noël 2020, l’esprit fragile, emprisonnée dans mon corps coupé que je n’accepte pas, rongée par mes souffrances toxiques qui me suivent sans répit… J’explose !
Mon esprit chute, se brise et laisse place à la reconstruction.
5 ans plus tard, après avoir couru cinq marathons, deux 80 km entre ville et nature, la course à pied est devenue ma thérapie. Thérapie qui me challenge à aller toujours plus loin, thérapie qui me challenge à dépasser mes vicieux démons.
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5 ans plus tard, me voilà au départ de l’OCC by UTMB, 60 km, 3500 mètres de dénivelé positif. La distance ne m’impressionne pas, le dénivelé beaucoup plus. J’aime avaler les kilomètres quand d’autres avalent un pot de glace pour adoucir leurs souffrances. Plus longtemps je cours, mieux je me sens, alors, 60 km…c’est un 1⁄2 pot de glace !
Veille de course
Veille de course, je suis sereine mais j’ai secrètement peur de ce dénivelé qui challenge mon équilibre, mon dos, un dénivelé qui, inévitablement va venir mettre mon corps en torsion dans des montées parfois sans fin.
Veille de course, la météo s’annonce compliquée, le parcours change et je réalise que je vais me retrouver confronter à cette même ascension infernale qu’en 2024 sur la MCC.
Mes doutes s’installent et campent toute la nuit dans mon esprit. Je sens mon dos fragile ces derniers mois et me demande sérieusement si je vais tenir physiquement.
Mon dos fatigué par mon déséquilibre quotidien va-t-il supporter cette montée de 4 heures que je connais sans un soupçon de plat? J’ai du mal à savoir comment mon corps va supporter mais ce que je sais par-dessus tout est que je ne supporterai pas de ne pas passer la ligne d’arrivée.
Je me recentre et m’endors, prête à prendre le départ de cette course pour m’offrir plaisir et délivrance.

Départ de l’OCC
Jour J, comme chaque départ de course, c’est un moment gorgé d’émotions, un rendez-vous avec moi-même. Je me retrouve dans ce sas de départ au milieu de tous ces coureurs, qui sont eux aussi venus se challenger pour une quête qui leur est propre.
Je laisse mes larmes s’inviter à la fête, larmes de joie immense d’être là, larmes d’épuisement après tout ce chemin parcouru, après ce combat contre moi-même, contre les autres, combat contre cette différence avec qui je tente de cohabiter, chaque jour un peu mieux.
Notre cohabitation a bien progressé et nous sommes prêtes, ma différence et moi à s’élancer sur ces 60 km à travers les magnifiques sentiers d’Orsières, Champex et Chamonix.
Premiers kilomètres sur l’OCC
Je déroule les premiers kilomètres jusqu’aux premières descentes. Descentes très raides, sentiers très étroits et techniques. Rien de surprenant me dis-je, tu es en montagne Claire !
Je suis malgré tout surprise par mon fort déséquilibre mettant très rapidement mon corps à l’épreuve. Torsions, peur de tomber, peur de me blesser, capital confiance proche du néant.
Ce sont dans ces moments bien précis que le sport nous rappelle sa capacité extraordinaire à nous faire aller plus loin, à nous dépasser quoiqu’il arrive. Je suis rapidement ramenée aux fondamentaux que de la course à pied nous apporte.
Quelle que soit ta souffrance,
Quelle que soit la difficulté traversée,
Quel que soit le challenge, tu y vas, tu te donnes et tu vas chercher en toi, toutes les ressources pour laisser briller ton mental.
Montée du col de la Balme
Ces fondamentaux, je me les applique sans modération. J’enchaine alors ces kilomètres raides, concentrée, tellement concentrée que j’en oublie de m’alimenter pendant 25 bornes… Je me retrouve au pied de cette montée que je redoute tant en zone rouge. Energie au point mort, mal au cœur, crampes aux cuisses. Pour la 1ère fois en cinq 5 ans de course à pied, je me demande comment faire pour aller au bout ?!
Mes fondamentaux refont très vite surface, je me rappelle pourquoi je suis là, ce que je viens chercher, je me rappelle pourquoi je cours. Sans surprise, je trouve instantanément réponses à mes questions, mon mental se recentre avec une pointe de rage. Rage d’aller puiser au fond de moi, rage d’aller atténuer ces débris de souffrances encore accrochés, qui, je le comprends, seront sûrement toujours là…
Mon mental me murmure d’aller chercher, à travers cette course, l’acceptation totale. Ma tête et mes jambes repartent avec deux objectifs clairs : prendre du plaisir et compiler avec les difficultés que mon corps m’impose parfois dans cette discipline exigeante, compiler avec douceur et non frustration. Le trail est exigeant mais il a ce pouvoir de transformer tous maux en aventure extraordinaire, le trail a ce pouvoir de nous rendre plus grand d’esprit, il a ce pouvoir de nous mener vers une sérénité unique.
Ces valeurs vont bercer la fin de mon ascension vers le col de Balme. J’arrive en haut vidée mais soulagée. J’arrive en haut surtout comblée ! Cette première partie de course a été très challengeante, sûrement la plus challengeante de toutes mes courses. Après tant d’efforts, je m’arrête et savoure cet instant hors du temps avant d’entamer la descente.

Descente et derniers kilomètres
La descente rime avec plaisir, plaisir fabuleux de courir le cœur léger. Malgré la difficulté des terrains parfois, je me sens libérée, je me sens emporter par les sentiers en totale déconnexion, proche de l’hypnose ! Malgré le froid et la pluie, cette descente est source de bonheur absolu.
Certaines montées viennent me rechallenger mais le pouvoir de l’endorphine est tel que mon corps & esprit ne se laissent pas envahir par le moindre doute.
La nuit tombe, j’enclenche ma lampe frontale et continue à me laisser berçer par le parcours. J’adore courir la nuit, sûrement parce qu’inconsciemment ou consciemment mon corps se noie dans l’obscurité qui efface toute différence… J’adore cette sensation d’évasion complète que la nuit me procure. J’enchaine les kilomètres en profitant de cette parenthèse unique.
Parenthèse, parfois provocatrice mais qui, je le sais, me réserve toujours une arrivée explosive !
ET Quelle Arrivée !!
Arrivée
22h, j’arrive dans Chamonix sous l’effervescence de tous ces sportifs venus partager un moment sport exceptionnel.
J’arrive aux côtés de mon guide Daniel Ratao, guide extraordinaire, d’une bienveillance et générosité hors norme. Un guide qui a traversé mes états d’âme, mes peines, mes joies avec une écoute et énergie sans faille. Nous arrivons, Daniel et moi dans les rues de Chamonix, fiers d’avoir traversé ensemble cette course si exigeante.
Je cours à ses côtés l’esprit et le corps chargés d’énergies positives, chargée de bonheur. A 500 mètres de l’arche d’arrivée, je cours, fière d’avoir été puiser au fond de moi, je cours, heureuse d’avoir bousculé mes souffrances pour en sortir encore plus grande et plus libre !
C’est tout simplement ça la MAGIE DU TRAIL !


