Grimper et vivre avec l’endométriose avec Svana Bjarnason

Dans cet épisode du podcast La Sportive Outdoor, j'ai reçu Svana Bjarnason, grimpeuse franco-islandaise, pour qu'elle apporte son témoignage sur la maladie qui la touche, l'endométriose.
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Résumé de l’épisode
Svana Bjarnason, grimpeuse franco-islandaise engagée sur le circuit international, partage dans cet épisode un témoignage rare : celui d’une sportive de haut niveau confrontée à l’endométriose, une maladie chronique qui a bouleversé son quotidien, son rapport au sport et sa santé mentale. Elle retrace son parcours, du diagnostic tardif à l’opération, en passant par la gestion de la douleur, la solitude et la difficulté d’obtenir des réponses claires.
Son parcours en escalade
Svana raconte avoir découvert l’escalade enfant, en suivant sa mère et ses frères. Elle n’aimait pas particulièrement le sport, mais les compétitions lui donnent envie de continuer. Très jeune, elle enchaîne les compétitions locales et régionales jusqu’à intégrer l’équipe de France jeunes. Malgré une blessure à la cheville quelques semaines avant une épreuve importante, elle s’entraîne sur un seul pied et décroche sa qualification.
La suite est marquée par plusieurs blessures qui la fatiguent mentalement. Elle perd le plaisir de la compétition et décide d’arrêter. La falaise le lui rend : en Espagne, elle retrouve l’envie de grimper. Elle saisit ensuite l’occasion de représenter l’Islande en circuit international, avec l’objectif d’une qualification olympique. Elle raconte une transition difficile entre falaise et compétition, beaucoup de travail, une grande déception, puis un épuisement mental avant de retrouver du plaisir, dehors.
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L’apparition et l’aggravation des douleurs
Depuis ses premières règles, Svana souffre de douleurs très fortes, que l’on minimise autour d’elle. Les rapports sexuels sont douloureux, mais sa gynécologue évoque juste sa « forme d’utérus ». Après un avortement qui se passe mal, ses cycles se dérèglent et les douleurs deviennent de plus en plus fréquentes.
Un épisode en avion marque un tournant : lors d’un vol pour une Coupe du monde, elle souffre tellement qu’elle reste au sol du couloir, incapable de bouger. « Là, je me suis dit : ce n’est pas normal. »

Le diagnostic, entre minimisation et parcours du combattant
Sa première gynécologue lui dit que ce n’est « rien » et lui prescrit seulement des antidouleurs. Svana demande elle-même une IRM. On lui parle d’une « petite endométriose », ce qu’elle ressent comme un décalage complet par rapport à sa douleur.
Elle vit ensuite des crises quotidiennes. Son entourage l’incite à consulter ailleurs. Un spécialiste formé à l’endométriose pose enfin un diagnostic précis : endométriose profonde sévère, avec atteintes neuropathiques et ligamentaires. L’IRM précédente n’était pas suffisante. Ce diagnostic la soulage : « Je me suis dit : j’étais pas folle. »
Elle rappelle l’essentiel : la douleur ne dépend pas de la taille des lésions. Et malgré le fait qu’une femme sur dix soit concernée, la maladie reste méconnue.
S’entraîner et compétitioner en vivant avec la douleur
L’année où elle tente la qualification olympique est extrêmement difficile : vomissements, douleurs, insomnies, crises répétées. Elle grimpe parfois juste après avoir pleuré de douleur. Elle refuse les antidouleurs opioïdes en compétition en raison de leurs effets et des contraintes anti-dopage.
Le sport, paradoxalement, l’aide ponctuellement : les endorphines apaisent un temps. Mais elle doit aussi faire face à l’incompréhension : « Les gens disent : tu dis que tu es malade, mais là tu grimpes. »

Choisir l’opération
Deux spécialistes lui donnent des avis opposés : l’un déconseille l’opération, l’autre pense qu’elle peut vraiment l’aider. Cette contradiction crée des mois de doutes et de souffrance psychologique. Elle décrit une période où elle se sent « fantôme ».
Elle finit par se faire opérer. Le chirurgien retire l’ensemble des lésions, dont un nodule qui a doublé de taille. L’annonce du succès est un immense soulagement.
Après l’opération, la plupart de ses douleurs quotidiennes diminuent nettement. Mais elle apprend qu’elle présente aussi de l’adénomyose, identifiée pendant l’intervention, et qu’elle devra rester vigilante. Elle travaille avec une psychologue pour sortir du « tunnel noir » de l’année écoulée.

Conclusion
Svana insiste sur l’importance de faire confiance à son ressenti et de consulter des spécialistes formés. Et elle répète une phrase essentielle: « Ignorer les douleurs n’a rien de courageux. »
Ressources et liens
Svana partage plusieurs ressources utiles qu’elle utilise au quotidien :
– le groupe Facebook Endométriose et adénomyose
– le site La Belle et L’endo
– l’annuaire d’EndoFrance
Voici également le lien vers son compte Instagram

