Endométriose : comprendre la maladie et envisager des approches naturelles

Mise à jour le 17/09/2025
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L’endométriose touche environ 1 femme sur 10 en âge de procréer, soit près de 190 millions de femmes dans le monde et environ 2 millions en France. Malgré ce chiffre élevé, la maladie est mal diagnostiquée, avec un délai moyen de 6 à 10 ans. Elle reste souvent méconnue, tant du grand public que des professionnels de santé.

Anne-Lise Collet
Anne-Lise Collet
Anne-Lise est passionnée de sports outdoor, particulièrement de trail et d'ultra-trail. Ingénieure, naturopathe et micro-nutritionniste, elle accompagne les sportives grâce aux plantes, à la nutrition et la micronutrition.

Pourtant, son impact peut être dévastateur, tant sur le plan physique que psychologique. La sensibilisation à cette maladie est donc cruciale. Une compréhension approfondie de ce qu’est l’endométriose peut aider les femmes à reconnaître les symptômes et à rechercher un diagnostic approprié, tout en favorisant une meilleure prise en charge.

Qu’est-ce que l’endomètre ? 

L’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus. Il joue un rôle crucial dans le cycle menstruel, car il s’épaissit chaque mois en préparation d’une éventuelle grossesse. Si la fécondation ne se produit pas, l’endomètre se désintègre et est évacué lors des menstruations.

Mécanisme de l’endométriose

L’endométriose survient lorsque des cellules semblables à celles de l’endomètre se développent en dehors de l’utérus. Ces cellules peuvent être trouvées sur les ovaires, les trompes de Fallope, le péritoine … voire même, dans certains cas plus rares, en dehors de la région pelvienne (intestins notamment). 

Malgré leur localisation atypique, ces cellules continuent à réagir aux fluctuations hormonales du cycle menstruel, entraînant inflammation et douleurs. 

Quels sont les symptômes de l’endométriose ?

Les symptômes de l’endométriose peuvent varier d’une femme à l’autre ; ils concernent aussi bien la sphère physique que la sphère psychologique. Bien entendu, la lecture de cet article ne vous dispense évidemment pas de consulter votre médecin / gynécologue afin d’obtenir un  diagnostic précis, en vue de mettre en place un éventuel traitement adapté à votre situation.

Douleurs pelviennes

L’un des symptômes les plus courants de l’endométriose est la douleur pelvienne, qui survient autour de la période menstruelle. Ces douleurs (que l’on appelle “dysménorrhées”) sont souvent très intenses, et peuvent commencer bien avant les règles, pour durer plusieurs jours. Cela peut grandement affecter la qualité de vie des femmes qui en souffrent. 

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Règles abondantes ou irrégulières

Les femmes atteintes d’endométriose peuvent également souffrir de règles abondantes (“ménorragies”) ou des saignements entre les règles (“métrorragies”). Cela peut être causé par l’inflammation et les lésions sur les tissus environnants.

Douleurs pendant les rapports sexuels

La douleur lors des rapports sexuels (“dyspareunie”) est un autre symptôme fréquent. Cette douleur peut être due à la présence de lésions endométriosiques sur les organes pelviens, ce qui rend les rapports intimes inconfortables, voire douloureux.

Problèmes digestifs

Les femmes souffrant d’endométriose peuvent également rencontrer des symptômes gastro-intestinaux tels que ballonnements, nausées, diarrhées ou constipation. Ces symptômes étant peu spécifiques, ils peuvent être confondus avec ceux d’autres troubles gastro-intestinaux, ce qui complique évidemment le diagnostic et le lien de causalité avec l’endométriose.

Fatigue et autres symptômes

En plus des symptômes physiques, de nombreuses femmes atteintes d’endométriose signalent une fatigue chronique, qui peut résulter de la douleur persistante et de l’impact émotionnel de la maladie.  

D’autres symptômes, tels que des troubles de la fertilité, peuvent également survenir, car l’endométriose peut affecter la capacité d’une femme à concevoir. 

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Quelles sont les causes possibles de l’endométriose ?

L’endométriose est une affection complexe, et bien que les recherches aient identifié plusieurs facteurs qui pourraient contribuer à son développement, les causes exactes demeurent encore mal comprises. Voici un aperçu des principaux facteurs de risque et des théories sur l’origine de la maladie.

Facteurs génétiques

Les femmes ayant des antécédents familiaux d’endométriose sont plus susceptibles de développer cette maladie.

Hormones

Certaines études suggèrent que les niveaux élevés d’œstrogènes peuvent contribuer à la formation et à la progression des lésions endométriosiques. 

Facteurs environnementaux

Des études ont également exploré l’impact des facteurs environnementaux sur le développement de l’endométriose. L’exposition à certaines substances chimiques, comme les dioxines et les xénoestrogènes (oestrogènes issus de l’environnement, comme les traitements pour les animaux), pourrait avoir un effet néfaste sur la santé reproductive. Bien que davantage de recherches soient nécessaires, certaines données suggèrent que ces polluants pourraient influencer le risque de développer cette maladie.  

Autres facteurs

Certains facteurs supplémentaires peuvent influencer le risque d’endométriose, notamment :

  • Âge et durée des menstruations : les femmes ayant des cycles menstruels plus longs ou commençant leurs règles plus tôt peuvent avoir un risque accru.
  • Conditions médicales : les femmes présentant des anomalies anatomiques, comme des malformations utérines, peuvent s’avérer plus à risque.
  • Mode de vie : l’obésité et le stress chronique ont été associés à un risque accru, bien que les mécanismes précis ne soient pas encore clairement établis.

Comment diagnostique-t-on l’endométriose ?

Voici un aperçu des méthodes de diagnostic courantes.

Consultation clinique

Évidemment, en premier lieu une consultation chez votre médecin (généraliste ou gynécologue) s’impose. Il vous posera des questions sur vos symptômes, vos antécédents médicaux et vos cycles menstruels. 

Imagerie médicale

Dans la plupart des cas, une échographie pelvienne permet de détecter des signes de lésions endométriosiques significatives ; elle ne pourra cependant pas identifier des lésions plus petites. Il faudra, dans ce cas, effectuer une IRM (imagerie par résonance magnétique), qui permettra d’évaluer de manière plus précise l’étendue de l’endométriose, en identifiant des lésions profondes et en fournissant des informations sur l’implication des organes voisins.

Laparoscopie

Il s’agit de la méthode de référence pour diagnostiquer l’endométriose : intervention chirurgicale minimalement invasive, durant laquelle un gynécologue insère un laparoscope (un tube mince avec une caméra) dans la cavité pelvienne pour visualiser directement les lésions, elle permet également d’effectuer des biopsies et d’évaluer l’étendue de la maladie. L’analyse histologique des tissus prélevés peut permettre de déterminer si les cellules sont bien d’origine endométriale. 

Et alors, que peut-on faire ? 

Les traitements de l’endométriose visent à soulager la douleur, réduire l’inflammation et gérer les symptômes associés. Les options de traitement varient en fonction de la gravité de la maladie et symptômes, et des besoins individuels de chaque patiente.

Voici un aperçu des traitements disponibles – en rappelant que cela ne vous dispense pas de consulter votre médecin et suivre les conseils qu’il vous a donnés ! 

Traitements médicamenteux

Voici en résumé les traitements proposés, en sachant que nous ne les détaillerons pas ici puisque nous vous proposons de plutôt détailler les compléments à ces traitements classiques

  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : pour soulager la douleur et réduire l’inflammation.
  • Contraceptifs hormonaux : ils peuvent aider à réguler les oestrogènes et réduire la douleur menstruelle en diminuant (voire stoppant pour les progestatifs) les saignements.
  • Agonistes de la GnRH : ils induisent une ménopause temporaire, diminuant ainsi les niveaux d’œstrogènes et inhibant la croissance du tissu endométrial.
  • Chirurgie: pour éliminer les lésions endométriosiques

Traitements complémentaires

Alimentation : adopter un régime anti-inflammatoire riche en fruits et légumes frais, variés et de saison, en graines et fruits à coques oléagineux et en acides gras oméga-3 (présents dans les petits poissons gras), peut aider à réduire l’inflammation. Certaines recherches suggèrent qu’une alimentation riche en légumes crucifères (comme le brocoli) peut également être bénéfique.

Micronutrition : des études ont montré que certaines vitamines et minéraux, tels que les vitamines D et E, peuvent avoir un effet positif sur les symptômes d’endométriose. L’acide alpha-lipoïque et le curcuma (curcumine) sont également étudiés pour leurs propriétés anti-inflammatoires.

Acupuncture : plusieurs études indiquent que l’acupuncture peut aider à réduire la douleur liée à l’endométriose. Cette approche complémentaire peut également améliorer la qualité de vie en réduisant le stress et l’anxiété.

Exercice physique : pratiqué de manière régulière, il peut aider à réduire les symptômes d’endométriose en améliorant la circulation sanguine, en réduisant le stress et en libérant des endorphines. Cela peut être simplement de la marche, mais aussi des activités comme le yoga et la méditation, ces deux dernières étant particulièrement recommandées pour leur effet relaxant.

Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) : ces thérapies peuvent aider à gérer l’anxiété et la dépression, malheureusement trop souvent associées à l’endométriose. Elles peuvent ainsi grandement améliorer la qualité de vie globale des patientes.

Autres ressources

Voici un documentaire intéressant de la chaîne Arte proposant un tour d’horizon des nouvelles approches thérapeutiques de l’endométriose.

En conclusion

L’endométriose est une maladie complexe qui impacte la vie de nombreuses femmes, entraînant des douleurs physiques et des répercussions émotionnelles. Bien que les symptômes puissent varier d’une personne à l’autre, il est crucial de reconnaître les signes et de ne pas rester dans le silence.

Des options de traitement existent, allant des médicaments aux méthodes naturelles et complémentaires. La clé réside dans une approche personnalisée, adaptée aux besoins et aux préférences de chacune.

Il est essentiel de consulter un médecin pour obtenir un diagnostic précis et explorer les meilleures options de traitement. Ne laissez pas l’endométriose dicter votre vie ; parler à un professionnel de santé peut vous aider à retrouver un équilibre et à améliorer votre qualité de vie. Prenez soin de vous et n’hésitez pas à demander l’aide dont vous avez besoin.