Mon Étape du Tour de France Femmes avec Zwift – Récit de course

Participer à l’Étape du Tour de France Femmes avec Zwift, c’est vivre de l’intérieur une partie du mythe du Tour. Le temps d’une journée, des centaines de cyclistes amateurs se retrouvent sur les routes empruntées par les professionnelles, pour partager leur passion et repousser leurs limites. Retour sur mon expérience sur l'Etape du Tour de France Femmes.
Qu’est ce que l’Etape du Tour de France Femmes?
L’Étape du Tour est une cyclosportive unique en son genre : elle permet aux amateurs et amatrices de rouler sur les mêmes routes que les professionnels en faisant une étape du Tour de France.
Alors que l’Etape du Tour (Hommes) existe depuis de nombreuses années, 2025 marquait la 1e édition de l’Etape du Tour de France Femmes. En prime, L’Etape Femmes permettait de rouler seulement quelques heures avant les pros, sur des routes déjà fermées au public.
Gardez en tête que les femmes peuvent tout à fait participer à l’étape du Tour Hommes tout comme les hommes peuvent participer à l’Etape du Tour Femmes.
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Pour cette 1e édition, nous étions 32% de femmes à participer. Encore loin de la parité, mais déjà très encourageant!
Une course, deux formats
Quand j’ai découvert que l’Étape du Tour proposait 2 formats, j’ai trouvé l’idée sympa. Outre le parcours officiel des pros en 2025 (112 km et 3 500 m de D+), les organisateurs ont ajouté une version plus courte (98 km et 3 000 m de D+). L’essentiel du parcours était commun, mais il y avait un col en moins pour le petit parcours.
Cela rendait l’épreuve un peu plus accessible, et peut donner confiance aux femmes qui, souvent, ont tendance à se sous-estimer. Honnêtement, je ne suis pas certaine que j’aurais osé m’inscrire directement sur le long…
Mais j’ai testé le court cette année (merci aux copines et copains qui m’ont encouragé à le faire d’ailleurs!), avec en tête l’idée de peut-être faire la version « longue » une prochaine fois!
La veille : village et micro-trottoir
La récupération des dossards se fait facilement. Les bénévoles sont adorables, souriants, et l’ambiance au village est sympa, même s’il reste modeste. Quelques exposants, des stands animés, et surtout un écran géant où l’on peut suivre le Tour de France Femmes en direct. C’est déjà motivant.
Avec l’inscription, on reçoit un dossard, un maillot Santini (je regrette juste qu’il s’agisse d’un modèle « mixte », donc clairement coupé pour les hommes en réalité…) et un petit sac étanche pour déposer des affaires à la consigne et les retrouver à l’arrivée.

J’en profite aussi pour sortir mon micro et faire un micro-trottoir auprès de participantes. Je leur demande pourquoi elles sont heureuses d’être là, ce qui les motive à participer. Les réponses sont variées, mais toutes respirent l’enthousiasme. Ces échanges m’énergisent : rencontrer toutes ces femmes et sentir cette excitation commune, c’est déjà une partie du plaisir!
Jour J : pluie et ambiance de départ
Le matin, c’est le déluge. On dépose les sacs à la consigne, et c’est un peu le chaos : des montagnes de sacs trempés attendent d’être montés dans un camion. Je regarde ma petite étiquette en papier fixée au sac et je doute sérieusement de sa survie sous la pluie. À l’arrivée, d’ailleurs, un participant à côté de moi n’arrivera pas à retrouver son sac… Conseil à retenir : prévoir dans un porte-étiquette plastique pour protéger le numéro me semble être une bonne idée !




En attendant le départ, les cyclistes s’entassent où ils peuvent pour s’abriter. Il fait encore nuit, les tenues colorées tranchent avec le ciel sombre, et malgré la pluie battante, l’ambiance est marrante, presque surréaliste.
Dans le sas, il faut être présent 30 minutes avant le départ. C’est un peu long, mais heureusement, la pluie cesse pile à ce moment-là. Je pars depuis le dernier sas (le 6), et ce qui me frappe, c’est le nombre de femmes autour de moi. Ça fait du bien de se sentir entourée, dans une discipline où l’on est souvent minoritaires.



Premiers kilomètres : trouver son rythme
Le départ est calme, on met du temps à franchir la ligne, puis nous voilà lancés. Rapidement, nous quittons la ville pour attaquer le col de Plainpalais. Dans la version courte, on évite une partie de la montée, ce qui enlève 14 km et 500 m de D+, mais cela grimpe quand même, juste assez pour nous mettre directement dans l’ambiance.
D’habitude, j’ai besoin de 30 minutes pour me mettre dans le rythme : au début un peu molle, puis les jambes qui se réveillent. Là, rien de tout ça. Je sens d’emblée que ce n’est pas un jour de grande forme. Les semaines de boulot trop intenses, l’entraînement qui en a pâti, et le démarrage de la phase prémenstruelle du cycle menstruel (toujours compliquée pour moi) n’y sont sans doute pas étrangers. Mon objectif devient encore plus clair : gérer, ne pas me cramer et aller au bout.


Le premier ravito, au 40e km, marque le point de jonction entre les deux parcours. Ambiance chaleureuse, bénévoles souriants, tables bien garnies. Dommage qu’il y ait encore une fois si peu de toilettes : comme souvent, les femmes attendent une éternité…

Je repars en restant fidèle à ma stratégie : garder un rythme tranquille, même sur le plat (il faut dire qu’il n’y en a pas beaucoup !). Quelques petites averses ponctuent le parcours, mais rien de gênant.



La Madeleine : le col sans pitié
Après 80 km et déjà 1 500 m de D+, nous arrivons au deuxième ravito, au pied de la Madeleine. L’idée était de prendre un vrai temps de pause… mais une énorme averse s’invite juste après notre arrêt. Le choix est vite fait : grignoter un peu, recharger les bidons, et repartir, trempés et frigorifiés.
Le panneau annonce la couleur : 18,6 km d’ascension. C’est là que la course commence vraiment. Et quelle claque ! J’ai déjà gravi de grands cols alpins hors catégorie, comme le Galibier, l’Iseran ou la Croix de Fer, que j’avais plutôt bien vécus. Mais la Madeleine, elle, m’a semblé plus dure. Bien sûr, je n’étais pas super en forme et javais déjà 80 km dans les jambes, mais surtout, ce col n’offre aucun répit : jamais de replat, des pourcentages assez élevés (8/9%, parfois plus) en continu.


Je tente de trouver une cadence correcte, mais mes jambes ne suivent pas. Je progresse lentement, mais je sais que je peux tenir ainsi longtemps. Le cardio reste bas, ce sont « juste » les muscles qui manquent de force. J’accepte mon rythme, frustrant mais nécessaire.
La route par Montgelafrey qui a été choisie pour cette Etape du Tour Femmes est étroite, forestière et ombragée. Agréable par forte chaleur sans doute, mais ce jour-là, elle me paraît monotone. J’aime d’habitude voir les paysages changer à mesure que l’on monte, ça m’occupe l’esprit. Ici, rien de tel : il faut puiser ailleurs.
L’ambiance, en revanche, est particulière et belle. Des centaines de cyclistes, tous concentrés, silencieux: on entend juste le bruit régulier des pédales et des respirations. Et des spectateurs au bord de la route qui, malgré la pluie, sortent de leur voiture ou de leur van pour encourager. Un vrai soutien appréciable!


Je me mets totalement dans ma bulle. Pas envie de parler, juste avancer. Par moments, je me demande ce que je fais là, pourquoi je m’inflige ça. Et puis je me rappelle que c’est justement ça que j’aime : le fait que monter une montagne à vélo soit assez absurde et n’ai pas de sens en tant que tel, qu’il faille juste se concentrer pour avancer lentement, mais avancer quand même. Même si je le vis moins bien aujourd’hui, je veux aller au bout.
Même si ce n’est pas brillant, je n’ai pas de douleurs, pas de coup de barre, et je sais par expérience que mon alimentation (50 g de glucides par heure et une hydratation régulière) me porte bien. Alors j’avance, même si c’est dur.
À 6 ou 7 km du sommet, la route s’ouvre enfin, laissant apparaître les paysages alpins que j’attendais. Mais en même temps, le ciel se déchaîne : pluie battante, vent glacé. Je renonce à m’arrêter pour enfiler le simple coupe-vent que j’ai emporté et qui sera trempé en quelques secondes (selon les prévisions, on ne devait pas du tout avoir cette météo à cette heure là et je n’avais donc pas pris de veste Gore-tex, une erreur…).
Je grelotte, recroquevillée sur mon vélo, en continuant à pédaler. Chaque kilomètre semble interminable. Les portiques Zwift installés tous les 1 000 m à partir du 5e kilomètre avant l’arrivée me semblent tellement éloignés les uns des autres!
Je reste concentrée en me répétant que ce n’est qu’un inconfort, que ce n’est pas grave, mais je n’ai qu’une hâte : arriver.



Arrivée et descente glaciale
À l’approche du dernier kilomètre, la pente se fait un peu plus douce. Je peux appuyer plus fort, puiser dans mes dernières forces. Je franchis la ligne dans un mélange de joie, de soulagement et d’épuisement, plutôt mental que physique d’ailleurs. Je récupère la médaille dans un chaos total : des cyclistes partout, des bénévoles débordés, des voitures de l’organisation qui commencent à passer…


Mais pas le temps de souffler : il reste la descente vers Saint-François-Longchamp. Je suis glacée, mes mains engourdies peinent à serrer les freins, je claque des dents sans arrêt. Je n’ai jamais eu aussi froid de ma vie à vélo, et il faut rester concentrée pour ne pas risquer une chute: entre les cyclistes se croisant en montée et descente, les piétons et la chaussée humide, ce n’est pas simple.
C’est alors qu’une femme, postée au bord de la route, crie : “Qui veut du thé chaud ?”. Je m’arrête, elle me tend un verre, puis me frictionne le dos avec une serviette. Ce geste simple, d’une incroyable gentillesse, me revigore. Je repars réchauffée dans tous les sens du terme, prête à terminer cette satanée descente.
Après l’effort : chaleur et ferveur
Enfin à Saint-François, après un peu d’attente qui semble longue car j’ai froid mais est en réalité très acceptable vu l’ampleur de l’évènement, je retrouve mon sac et me change intégralement dans le bâtiment de balnéothérapie. Rien que ça, c’est un bonheur. Puis direction la pasta party. Objectivement, les pâtes sont fades avec une sauce un peu douteuse, mais la chaleur fait un bien fou.
Je ressors de la tente juste à temps: les pros arrivent. Sur l’écran géant, on suit l’approche finale, et soudain Pauline Ferrand-Prévôt attaque. Quand elle passe devant nous à toute vitesse, la foule explose. Chaque coureuse est acclamée. L’atmosphère est incroyable, électrique, et j’ai des frissons (cette fois pas à cause du froid !).
Au moment de redescendre à La Chambre pour récupérer la voiture (oui, comme ce n’est pas une boucle il y a une petite logistique à prévoir, qui n’est pas forcément évidente d’ailleurs!), la fatigue se fait sentir. La descente est prudente, très lente, car je redoute la moindre erreur.


Bilan
Cette Étape du Tour était ma deuxième cyclo, et quelle expérience! J’aurais aimé prendre plus de plaisir, mais j’ai appris énormément: gérer un jour sans, persévérer dans la difficulté, tenir grâce à la régularité. J’ai aussi gagné une dose de confiance en moi car je me rends compte que je suis capable de faire ce genre de distance et dénivelé.
Et surtout, j’ai vécu une atmosphère unique sur le Tour de France Femmes, grâce notamment aux autres participants, aux incroyables bénévoles et aux spectateurs. Merci à vous!

