French Road 66 – Retour d’expérience d’Estelle Hemery

Mise à jour le 21/08/2025
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Elle a découvert le vélo pendant le confinement, et trois ans plus tard, elle traverse la France à vélo, en solo. Estelle Hemery a bouclé la French Road 66 — une course d’ultra-cyclisme de 1066 km — en moins de trois jours. Récit d’un défi sportif et mental, et d’une découverte de soi, au fil des kilomètres.

Laurène Philippot
Laurène Philippot
Laurène est la fondatrice du média. Cycliste (bikepacking, route et gravel), traileuse et randonneuse, elle est amoureuse de nature et particulièrement de montagne!

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Résumé de l’épisode

Elle ne vient pas du monde du sport, n’a pas grandi sur un vélo, et pourtant… En juin dernier, Estelle Hemery a bouclé les 1066 km de la French Road 66, une course d’ultra-distance à travers la France, en moins de trois jours. Un défi qu’elle s’est lancée sans pression, mais avec rigueur, curiosité et une bonne dose de détermination. Rencontre avec une cycliste passionnée et passionnante, qui a découvert le vélo sur le tard — et s’est rapidement prise au jeu de l’ultra.

Du vélo du quotidien à l’ultra distance

C’est au moment du confinement qu’Estelle enfourche son premier vélo, d’abord pour ses trajets quotidiens dans Paris. « Mon copain faisait du vélo en club, j’allais le voir en course… À un moment, j’ai eu envie d’essayer. » Ce sera d’abord pour partir en vacances, en mode bikepacking. Et puis, très vite, les kilomètres s’enchaînent.

« On a commencé fort, avec un tour de l’Auvergne, plus de 100 km par jour. Ça m’a mise sur de bons rails. » Sans plan d’entraînement strict, mais avec beaucoup de régularité, elle développe son endurance — et son goût pour le long. L’ultra devient une évidence : « Voir plus de paysages, aller plus loin, rouler longtemps… C’est ça qui m’attirait. »

Une première course de 1000 km : la French Road 66

Après quelques expériences de bikepacking et deux épreuves longue distance (la Poco Loco et la Race Across France 300), Estelle se lance sur un 1000 km avec la French Road 66. Un format qui lui plaît : une trace à construire soi-même avec quelques points de passage obligatoires, une ambiance bienveillante, et une organisation qui met en avant les femmes.

« Je suis une grande stressée de la logistique. Ce que j’aimais avec cette course, c’est que c’était facile d’accès en train. Et puis c’était “plat” — à mon échelle ! — donc plus rassurant pour une première. »

Une préparation à sa manière

Pas de coach ni de plan d’entraînement pour Estelle, mais une approche intuitive : rouler souvent, s’écouter, et miser sur la régularité. « L’hiver, je faisais au moins 50 km tous les deux jours. Je roulais beaucoup sur les berges plates de Grenoble pour travailler ma position et ma force. »

Et parce que l’ultra, c’est aussi du mental, elle s’appuie sur quelques ressources glanées ici et là (podcasts, conférences, articles de préparation mentale de La Sportive Outdoor) et aussi… une playlist redoutablement efficace : « Pas de musique triste ! Juste des sons que je connais par cœur et qui me mettent la pêche. »

Une traversée fluide (ou presque)

Contre toute attente, la course se passe… parfaitement bien! Estelle boucle les 1066 km en deux jours et 21 heures, sans douleur particulière, et sans incident. Ou presque. « J’ai eu un vrai moment de panique sur une nationale très fréquentée. J’ai fini en larmes sur une aire de camping-car, avec un pépito pour me remonter le moral. »

Ce coup dur devient un déclic : « À partir de là, je me suis dit : j’ai trop souffert pour lâcher. J’ai voulu garder ma place. » Elle terminera 4e femme. Une performance qu’elle n’attendait pas, et qui vient clore son aventure avec une immense satisfaction.

« J’ai découvert que j’étais capable »

Au-delà du classement, c’est une expérience fondatrice. « Ce que je retiens, c’est que je suis capable. Capable de traverser la France à vélo, seule. » Et même si elle n’a pas prévu d’autre course pour l’instant, elle continue de rouler, en solo ou avec ses amies, à son rythme, en mode vacances. « Ce que je préfère, c’est quand même le bikepacking tranquille, avec des glaces et des copines! »

Et pour celles qui hésitent à se lancer ? « Il faut oser. Trouver des communautés bienveillantes, commencer petit, se rassurer… Et puis se rendre compte que oui, on peut rouler seule, même si au début, c’est flippant. »

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