10 enseignements du Trail Summit pour être en bonne santé et performante

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Les 22 et 23 novembre 2025 avait lieu à Aix-les-Bains la première édition du Trail Summit, un congrès dédié à la santé et à la performance organisé par l'Ecole de Trail. Un très bel évènement qui a rassemblé des speakers de grande qualité. Je n'ai pas assisté à toutes les conférences faute de pouvoir me dédoubler, mais voici 10 points clé que j'ai retenus et qui me semblent importants.

Laurène Philippot
Laurène Philippot
Laurène est la fondatrice du média. Cycliste (bikepacking, route et gravel), traileuse et randonneuse, elle est amoureuse de nature et particulièrement de montagne!

1. La nutrition, ce n’est pas que des grammes de glucides

Le nutritionniste Anthony Berthou (dont je vous recommande fortement la lecture des livres si ce n’est pas déjà fait) a insisté sur le fait que l’approche énergétique (combien de grammes de glucides par heure?) peut être pertinente, mais ce n’est que la cerise sur le gâteau.

Pour être en bonne santé et performante, il faut d’abord travailler sur… le gâteau! C’est à dire l’adaptation à l’effort, en s’intéressant à la digestion, l’inflammation, l’équilibre intestinal, l’immunité…Et donc l’alimentation au quotidien, qui permettra au corps de s’adapter suite à l’entraînement. Bref : adopter une approche systémique, pas uniquement énergétique.

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2. Pour bien récupérer, respectez votre chronotype

Le kiné du sport Flavio Bonnet a insisté sur le fait que nous n’avons pas tous le même rythme. Couchée tôt ou tard, besoin de plus ou moins d’heures… Identifier son chronotype permet d’optimiser son sommeil pour bien récupérer, progresser et être en meilleur santé.

3. AINS et course : un vrai danger

Même si les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ne sont pas considérés comme des produits dopants car ils sont autorisés (on est plutôt sur la conduite dopante), retenez que AINS + trail = cocktail à éviter absolument.

Ils peuvent notamment entraîner une insuffisance rénale aigüe…et la perte d’un rein. Diego Pazos a rappelé que si l’on a vraiment besoin d’en prendre, c’est que ce n’est pas le moment de courir

4. La crème solaire ne suffit pas

La dermatologue Stéphanie Leclerc Mercier a fait la chasse aux idées reçues sur la protection solaire. Mettre de la crème SPF 50 est indispensable, mais loin d’être suffisant.

La peau transpire, la barrière cutanée est fragilisée… On protège aussi avec les horaires de pratique, l’ombre, les vêtements couvrants, un chapeau et des lunettes.

5. Pendant la grossesse, l’activité physique est recommandée

Dans une grossesse sans complication, Marion Delespierre, athlète élite et médecin du sport, a bien rappelé qu’aucune littérature ne conseille d’arrêter le sport. Au contraire : bouger est bénéfique pour la mère et le bébé, tant que l’intensité, la fréquence et les activités restent adaptées et bien tolérées.

6. Cycle menstruel : une adaptation individuelle

Le professeur Guillaume Millet a bien rappelé que les études restent limitées et qu’il n’y a pour l’instant aucune preuve qu’il faudrait s’entraîner en fonction de son cycle menstruel.

Sur le terrain, l’entraîneur de l’équipe de France de trail Adrien Séguret l’intègre en prenant en compte les particularités de chaque femme. C’est vraiment très individuel.

Pour certaines femmes (mais pas toutes), le cycle a un impact et il sera intéressant d’adapter la charge à certaines périodes. C’est ce dont Chloé vous parlait dans cet article dédié à l’entraînement et au cycle menstruel.

7. Le renforcement, incontournable pour performer et durer

Plusieurs conférences portaient sur le renforcement et la mobilité, avec notamment le chercheur en sciences du sport Lilian Lacourpaille, les kinés du sport de Training Thérapie et le coach Sébastien Cornette, fondateur de l’Ecole de Trail.

Premier point à retenir, le renfo et la mobilité sont incontournables et intéressants à tous les niveaux!

En plus d’être utile pour gagner en performance en trail, le travail de force maximal est un pilier majeur de la santé en vieillissant. Cela vaut pour tout le monde et même un petit volume est utile. Voici une synthèse réalisée sur le sujet.

A noter, Florence Morisseau, kiné du sport, a insisté sur le fait que les femmes ménopausées ont encore plus d’intérêt à intégrer ce travail de force maximale pour maintenir leur masse musculaire et leur densité osseuse.

En prime, bonne nouvelle: une qualité est difficile à développer mais assez facile à maintenir : cela vaut le coup de faire l’effort initial…

Enfin, pour courir longtemps et en forme, retenez qu’il est utile de travailler ces trois axes essentiels : force maximale, pliométrie, gainage.

8. Les fuites urinaires ne sont pas une fatalité

Lise et Laura, kinés spécialisées dans la santé pelvienne de Women in Progress, ont abordé ce sujet assez tabou.

Entre 30 et 60 % des femmes qui courent en souffrent, mais ce n’est pas “normal”. Avec un bilan global et un accompagnement par un professionnel formé, il existe des solutions efficaces. Bonne nouvelle, c’est réversible!

9. Femmes et physiologie : des différences réelles

Une conférence de Guillaume Millet portait sur les différences de physiologie entre l’homme et la femme ayant un impact dans la pratique du trail. Une conférence très riche à plein d’égards que je ne peux pas synthétiser ici, mais voici déjà quelques différences à avoir en tête.

Nous avons pas mal de choses qui ne nous aident pas en tant que femmes sportives (il faut bien le dire!), à savoir une capacité de transport d’oxygène plus faible due aux hormones et engendrant un plus faible VO2Max ainsi qu’un taux de masse grasse plus élevé.

Mais nous avons aussi quelques avantages comme le fait d’avoir d’avoir une flexibilité métabolique plus importante et plus de fibres musculaires lentes. Nous sommes ainsi certainement moins « fatigables »: pas mal, non? 😉

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10. Après un ultra, la récupération prend du temps

Les athlètes élite Camille Bruyas et Marion Delespierre ont fait une conférence intéressante sur la récupération après un ultra. A retenir: déjà, que l’hydratation, le sommeil et la nutrition restent les piliers prioritaires.

De plus, les apports glucidiques et minéraux pendant la course facilitent aussi la récupération.

Enfin, il est normal de ne pas avoir envie de repartir rapidement : la récupération est physique et mentale, propre à chacune, et il est important de s’écouter. Certains signaux comme des douleurs, des troubles du sommeil persistants ou encore des troubles du cycle doivent toutefois mener à consulter.

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