Mes conseils pour préparer (et réussir!) son premier bivouac

Mise à jour le 10/04/2025
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Vous êtes motivée comme jamais pour vous lancer dans une première expérience de bivouac? Si vous aimiez déjà être dehors, alors dormir au milieu de la nature sera une révélation ! Voici un article qui réunit tous mes bons conseils, celui d'une experte (et accro!) du bivouac, des règles de base pour trouver un super spot de bivouac avec vue au matériel à emporter dans votre sac à dos!

Clara Ferrand
Clara Ferrand
Photographe et randonneuse passionnée, Clara aime partager ses itinéraires, des Alpes Françaises où elle est basée aux reliefs irlandais. Son métier ? Vous donner envie de faire votre sac à dos et de partir à l’aventure !

Quelles sont les 4 règles fondamentales du bivouac en France?

En France, comme dans de nombreux autres pays, le bivouac est autorisé, mais encadré par des règles afin d’éviter tout débordement. Voici les consignes de base à suivre lorsque vous tenterez votre premier bivouac.

1. Installez votre campement entre 19h et 9h

À la différence du camping sauvage, le bivouac est un campement installé pendant une seule et unique nuit au même endroit. La règle de planter sa tente à partir de 19h et d’avoir tout rangé avant 9h est valable systématiquement, l’objectif étant de déranger le moins possible la faune par notre présence.

2. « Leave no trace », ne laissez aucun trace de votre passage

Pour moi, c’est la règle la plus importante, car la nature partage avec nous sa beauté et nous devons la respecter. Lorsque vous bivouaquez, il est essentiel de remporter tous vos déchets et de faire en sorte que votre passage ne se voit pas…ce qui nous amène naturellement à la règle suivante.

3. Ne faites pas de feu de camp

Bien que notre esprit, du fait de l’esthétique des séries américaines, ait tendance à associer bivouac et feu de camp, cette pratique est un désastre pour l’environnement. En effet, il faut plus de 10 ans à la terre pour se régénérer après un feu.

De plus, avec les années de sécheresses consécutives, il y a de plus en plus d’incendies qui se déclarent suite à un feu de camp mal éteint. Et je ne parle pas du risque des braises portées par le vent qui peuvent enflammer votre tente… En prime, cela dérange ostensiblement les chamois, bouquetin ou autres animaux sauvages qui vivent dans cet environnement.

4. Respectez la tranquillité des lieu

Je finis ce rappel des règles fondamentales avec ce qui pour moi fait le plus sens : vous êtes ici en invitée, alors respectez le calme ambiant lors de votre bivouac. Ne criez pas ou n’apportez pas d’enceinte de musique avec vous. Profitez de ce moment pour admirer ce qui vous entoure, écoutez le bruit des marmottes qui se chamaillent, imprimez le coucher de soleil dans vos rétines…

Comment trouver un super spot de bivouac ?

Avant de partir en portant fièrement sa maison sur le dos, il faudra définir un point d’arrivée, celui où vous pourrez vous installer tranquillement pour une nuit et profiter de la nature.

Trouver un itinéraire de randonnée

Commencez par chercher un itinéraire de randonnée. Pour cela, il faut définir votre niveau, sachant qu’avec un sac d’environ 10kg sur le dos, ça ne sera pas le même effort que lorsque vous partez à la journée. Par exemple, une randonnée de 2h entre 300 et 500 m de dénivelé positif est déjà un bon début pour se familiariser avec le poids du sac.

Définissez ensuite une zone géographique, de préférence proche de votre lieu d’habitat. Cependant, si vous résidez dans une grande ville, échappez-vous le temps d’un week-end à la montagne. Cela sera plus facile de trouver un spot autorisé et où vous vous sentirez en sécurité.

Les applications de randonnée telles que Visorando ou Altitude rando pour ne citer qu’elles, sont des mines d’informations. Vous n’aurez qu’à définir le niveau de la randonnée et le lieu pour accéder à une liste de randonnée potentielle. Regardez ensuite la description ainsi que les commentaires pour voir si un endroit serait propice pour planter votre tente.

Les endroits à proscrire pour un bivouac

  • Les parcelles privées, souvent indiquées par des panneaux « propriété privée »
  • Les zones naturelles sensibles et protégées, Natura 2000 et autre type de distinction.
  • Certains parc nationaux ou parcs naturels régionaux ont leur propre règles. Par exemple, le parc national de la Vanoise autorise uniquement le bivouac autour des refuges. Il est important de se renseigner en amont auprès des offices du tourismes ou de la maison de parc afin de connaître toutes les règles spécifiques et interdiction d’une zone.
  • Ne vous installez pas sur une zone de pâturage, même si le troupeau n’est pas présent mais que vous observez la présence d’excréments animaux en grand nombre. Les troupeaux bougent parfois au petit matin ou dans la nuit, vous risqueriez de vous réveiller encerclé de vaches.

Quel sac à dos choisir pour partir à l’aventure ?

Un sac à dos d’un minimum de 40L sera nécessaire afin de transporter toutes les affaires essentielles pour dormir dehors. Généralement, j’utilise un sac à dos entre 45 et 50L pour être à l’aise en contenance, mais la taille du sac sera également définie par votre gabarit (je mesure 1m75). Mes conseils pour bien ajuster son sac à dos :

  • Essayez votre sac à dos avant de partir à l’aventure, surtout si c’est une amie qui vous l’a prêté car il sera ajusté à sa morphologie et non à la vôtre
  • Assurez vous que le sac repose sur vos hanches et non sur vos épaules. Pour cela, vérifiez au niveau du dos du sac si vous pouvez ajuster l’écartement entre les bretelles et la sangle abdominale. Resserrez ensuite la sangle abdominale afin de sentir un maintien par vos hanches.
  • Le sac-à-dos ne doit pas vous gêner dans votre démarche: si vous sentez qu’il est bas et descend sur vos fesses, assurez vous qu’il est à votre taille ou que vous avez resserré les bretelles.

Que mettre dans son sac à dos pour une nuit dehors ?

Voyons maintenant le contenu de votre sac à dos. La plus grosse erreur de la débutante est de trop se charger, car elle a tendance à porter ses peurs (peur d’avoir froid donc trop d’habits, peur de manquer d’hygiène, donc une trousse de toilette de maison, peur d’avoir faim, donc 1kg de pâtes…). Voici donc une liste des choses essentielles à prendre en bivouac, ni plus ni moins.

Quel est mon kit dodo pour bien dormir dehors ?

Le matériel de bivouac est très onéreux, alors avant d’investir il paraît judicieux de se faire prêter du matériel ou d’en louer pour l’occasion. Les Petits Montagnards proposent par exemple des packs de bivouac avec tout le matériel compris à louer pour votre aventure.

Une tente de bivouac

Il existe différents types de tente de bivouac, autoportante, en tunnel, dôme etc. Le principal est de choisir une tente n’excédant pas 2,5kg pour deux personnes.

J’ai deux modèles autoportants de la marque MSR, la Hubba Hubba NX (1,72kg) et la Freelite 2 personnes (1,06kg).

Un duvet

Lorsque vous achetez un duvet, vous verrez 3 températures inscrites. La seule qu’il faut vraiment prendre en compte est la température confort, les autres températures sont une indication pour votre survie.

Pour un premier duvet de bivouac, je conseille généralement un duvet 0 degrés confort, polyvalent à tous les climats de France métropolitaine, comme le Thermarest Hyperion 32F/0C et le Sparks -1° Sea to Summit (avec une version adaptée à l’anatomie féminine).

Un matelas gonflable ou tapis de sol

Le matelas permet de vous isoler du sol: il aussi important que le duvet, voire plus. Pour débuter, un tapis de sol pourra faire l’affaire, mais ensuite je vous conseille d’investir dans un matelas gonflable en prenant en compte la R-Value. C’est une valeur normée qui indique la résistance thermique au froid et qui est indiquée sur tous les matelas.

Le mien est le matelas Neo Air x lite NTX de la marque Thermarest , qui a une R-value de 4,5 adaptée pour les 3 saisons.

En option: un oreiller gonflable

C’est le petit plus pour passer une bonne nuit. Le mien est le coussin Aero premium regular de la marque Seat to Summit.

Mes habits pour dormir dehors

Cette liste peut-être adaptée selon les températures actuelles et le lieu de bivouac. Je suis habituée à bivouaquer en montagne, et donc aux grosses différences de température entre le jour et la nuit, mais en plaine vous pourrez l’adapter à vos besoins.

Pour la journée

Pendant que vous marchez pour atteindre votre spot de bivouac, pensez à bien mettre à profit le système des 3 couches : une respirante, une isolante et une coupe-vent imperméable. Enlevez ou ajoutez des couches selon votre ressenti, n’attendez surtout pas d’avoir trop chaud ou trop froid. J’emporte toujours quelque chose d’imperméable car la météo est imprévisible et qu’il peut y avoir de l’humidité.

  • un pantalon de randonnée
  • un tee-shirt manches longues ou courtes selon la météo
  • un coupe-vent imperméable
  • une doudoune ou polaire
  • une paire de chaussette anti-frottements (chaussettes doubles Quechua par exemple)
  • une paire de chaussures de randonnée
  • des sous-vêtement confortables

Pour le soir / la nuit

Dès le coucher du soleil, les températures se rafraîchissent: il est important de prévoir une tenue pour vous changer une fois le campement monté. Il serait fatal de garder des vêtements humides sur vous, car votre corps va se refroidir et il sera ensuite plus difficile de vous réchauffer. En montagne, l’écart de température entre les sommets et la vallée est très important, surtout en été, alors le bonnet et les gants ne seront pas de trop.

  • des sous-vêtements thermiques en laine mérinos (collant et tee-shirt)
  • une paire de chaussettes chaudes
  • un tour de cou
  • un bonnet
  • une petite paire de gant

Ma trousse de toilette et de secours

Pour une nuit, essayez d’être minimaliste et de ne pas emmener tout le tube de dentifrice. Ajoutés les uns aux autres, ce sont des éléments qui vont finir par peser dans le sac:

  • du dentifrice solide ou en pastille
  • un déodorant solide
  • une brosse à cheveux pliable
  • un ou deux comprimés d’antalgiques (type Doliprane)
  • des compresses imbibées de désinfectant
  • des petits ciseaux
  • quelques pansements classiques et éventuellement seconde peau pour les ampoules

Les accessoires indispensables

  • une paire de bâtons de marche
  • une frontale (avec des pile ou batterie chargée)
  • un petit rouleau de papier toilette
  • un sac poubelle
  • un couteau type Opinel
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Comment cuisiner en bivouac? Réchaud, recette et apport énergétique

Assurer un apport en énergie suffisant par le biais de la nourriture est un des éléments essentiel pour se sentir bien en bivouac. La randonnée creuse l’appétit, et lorsque vient la nuit on dort mieux lorsqu’on a l’estomac rempli. Cuisiner en bivouac est tout un art, il faut prendre en compte les contraintes liées au fait de préparer à manger à l’extérieur: préparer à manger au plus simple tout en se faisant plaisir !

Comment utiliser un réchaud pour cuisiner ?

Le réchaud est la pièce maîtresse de votre kit à popote. Il existe plusieurs type de réchaud (à gaz, à bois, à alcool…) et pour tous les budgets. Pour votre premier bivouac, pas besoin d’avoir le top du réchaud comme un Jetboil, mais une simple tête de réchaud avec un popote légère de chez Decathlon fera l’affaire.

Lyophilisé ou plat personnalisé, que cuisiner dans un réchaud ?

Les Lyophilisés sont des plats déshydratées préparés et conditionnés dans des sachets individuels. Pour les consommer, il vous suffira de faire chauffer de l’eau dans la casserole. Cela évite de la vaisselle et permet de pas trop perdre de temps en amont dans l’élaboration d’un menu. L’inconvénient est le prix relativement élevé d’un sachet et les déchets que cela engendre.

Pour les fins gourmets, la recherche de plats adaptés à une cuisson rapide en amont sera une belle exploration. Me concernant, j’aime varier les pâtes 3 min avec différentes sauces et fromages. La semoule est également un allié pour préparer du taboulé ou autre plat à base de semoule. J’aime aussi cuisiner de la polenta que j’agrémente avec des herbes et des champignons séchés.

Bref, faites preuve de créativité en utilisant des féculents à cuisson rapide. Pour le petit déjeuner, un muesli avec une tasse de thé vous aidera à bien démarrer la journée.

Comment gérer sa consommation d’eau en bivouac ?

On a tendance à sous-estimer notre consommation d’eau lors d’un effort, or il est primordial de bien s’hydrater, notamment pour éviter les courbatures.

Il est important de repérer en amont, au moment du choix de l’itinéraire, s’il va y avoir une source d’eau au niveau de votre campement. Cela peut être un lac ou un torrent, mais il faut s’assurer que celui-ci n’est pas pollué par l’homme ou par la présence d’animaux.

Faut-il choisir des pastilles de Micropur ou une gourde filtrante ? Pour ne pas prendre de risque lors de la consommation d’eau en pleine nature, vous pouvez traiter l’eau. La pastille de Micropur se trouve en magasin de sport de plein air ou en pharmacie: elle sera introduite dans une quantité d’eau pour la traiter. L’inconvénient est de devoir laisser agir la pastille pendant un laps de temps, puis ensuite de ne pas tarder à consommer l’eau.

La gourde filtrante est le moyen que j’ai choisi pour m’assurer de ne pas me rendre malade par le biais de l’eau pendant mes aventures. Le filtre est directement fixé sur la gourde à laquelle on boit régulièrement. Prévoyez toujours au moins 1,5L au début de votre rando-bivouac, cela vous fera une réserve d’eau potable avec certitude.

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Après vous êtes imprégnée de tous ces bons conseils, il est temps de partir à l’aventure ! Si des peurs qui vous empêchent de sauter le pas pour faire votre premier bivouac subsistent, n’hésitez pas à contacter des femmes plus expérimentées sur les groupes de randonnée présents sur les réseaux sociaux ou sur notre groupe Facebook La Sportive Outdoor. Bon bivouac !

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