Breathwork : mieux respirer pour booster sport et énergie avec Candie Trier

Mise à jour le 19/05/2026
Candie Trier, coach certifiée en breathwork

Dans cet épisode du podcast La Sportive Outdoor, j'ai reçu Candie Trier, coach certifiée en breathwork (travail de respiration), pour qu'elle nous explique plus en détail en quoi cette technique consiste.

Laurène Philippot
Laurène Philippot
Laurène est la fondatrice du média. Cycliste (bikepacking, route et gravel), traileuse et randonneuse, elle est amoureuse de nature et particulièrement de montagne!

Regarder l’interview en vidéo

Ecouter le podcast

Résumé de l’épisode

Dans cet épisode de podcast, nous nous intéressons aujourd’hui au travail par le souffle. Pour décrypter cette méthode, j’ai reçu Candie Trier, coach praticienne certifiée en breathwork. Déjà intervenue à mon micro pour partager son expertise sur le bivouac, elle est en effet également la co-créatrice du média les Géonautrices, dédié à la randonnée, au trail, au VTT et aux activités de montagne.

Passionnée de santé naturelle et de dépassement de soi, elle nous explique comment optimiser nos capacités physiques et mentales en modifiant simplement notre façon de respirer.

Le parcours de Candie Trier : du déclic à la certification

L’intérêt de Candie pour la respiration consciente est né en 2020 après le visionnage d’un épisode de la série documentaire Transcendance. Pratiquant déjà la méditation matinale, elle a alors décidé d’expérimenter cette technique quotidiennement pendant une semaine. Face aux bienfaits et à l’énergie immédiate procurés, elle a choisi de remplacer définitivement sa méditation par le breathwork. En 2022, elle a ressenti pour la première fois le désir de transmettre cette méthode, mais a attendu l’été 2025 pour trouver le cursus idéal et lancer officiellement son activité à la fin de cette même année.

Sa formation de trois mois, suivie entièrement en ligne, comprenait des séances pratiques en visioconférence ainsi qu’un apprentissage théorique sur l’anatomie et les échanges gazeux. Bien que spécialisée dans le développement personnel, elle y a exploré un large panel de techniques respiratoires afin de comprendre précisément ce qui se joue dans l’organisme.

Candie Trier, coach certifiée en breathwork

Pourquoi respirons-nous mal ? L’impact de la vie moderne

Respirer est un acte autonome et naturel, pourtant la sédentarité, le stress accumulé, les mauvaises postures et l’usage intensif des écrans depuis une vingtaine ou une trentaine d’années ont altéré ce réflexe chez l’humain moderne. Candie Trier met en avant les trois erreurs les plus fréquentes commises au quotidien :

  • Une respiration trop rapide et superficielle : elle génère du stress, des tensions physiques et une sensation constante d’être dans le « speed » ou dans le jus.
  • Une respiration trop haute : localisée uniquement dans la poitrine, elle bloque l’action du diaphragme et ne remplit que la moitié supérieure des poumons, négligeant la zone basse où s’effectuent majoritairement les échanges gazeux.
  • Une respiration par la bouche : très courante, elle nous prive de la filtration nasale contre la pollution et les particules, tout en empêchant la production d’un gaz spécifique produit dans les voies nasales, essentiel pour optimiser les échanges gazeux.

Pour les pratiquantes de sport, ces mauvaises habitudes induisent une fatigue précoce des muscles respiratoires, une élévation rapide du rythme cardiaque ainsi qu’une baisse d’énergie globale.

Les mécanismes et les différentes techniques de breathwork

Le terme anglais breathwork désigne globalement le « travail de la respiration ». C’est l’unique fonction corporelle à la fois autonome et contrôlable. Si nous ne pouvons pas agir directement sur notre digestion ou notre rythme cardiaque, modifier notre souffle permet d’envoyer un signal direct à notre système nerveux pour changer d’état.

Une respiration lente active le système parasympathique, induisant le calme et le repos, tandis qu’une technique plus dynamique stimule le système sympathique, propice à l’action.

Les applications sont nombreuses et s’adaptent aux besoins et aux objectifs de chacune. Les approches classiques comme la cohérence cardiaque ou la respiration carrée ciblent la baisse de la charge mentale et la gestion du stress.

Pour se dynamiser ou stimuler l’immunité, Candie s’appuie au quotidien sur la respiration alcaline ou la « respiration du feu » (breath of fire), une technique issue du pranayama yogique qui clarifie l’esprit.

À l’inverse, pour apaiser l’anxiété, faciliter l’endormissement ou calmer des troubles digestifs et des nausées, elle privilégie la respiration d’ancrage. D’autres protocoles permettent également de renforcer le système immunitaire ou d’amorcer une libération émotionnelle.

Un atout majeur pour l’endurance, la performance et la récupération sportive

Pour les adeptes de sports d’endurance, à l’instar du trail ou du cyclisme, le travail respiratoire transforme l’effort. Des exercices ciblés permettent d‘améliorer la tolérance au CO2 et le score Bolt, un indicateur clé des capacités respiratoires. En optimisant l’usage de l’oxygène, l’athlète retarde la fatigue musculaire et maintient une intensité élevée plus longtemps. De plus, une respiration correcte impose un alignement corporel droit, ce qui stabilise la posture et limite le risque de blessure.

L’entraînement se divise en deux volets complémentaires :

  • un travail au repos pour masser le diaphragme et automatiser la respiration nasale, et
  • des exercices durant l’effort pour respirer plus bas et synchroniser son souffle avec ses mouvements.

Candie applique ces principes à elle-même. Après une coupure d’un mois et demi sans courir, elle a réalisé une séance d’une heure de fractionné en montagne en respiration 100 % nasale, constatant une récupération accélérée et zéro courbature le lendemain. Elle rappelle que le corps est le seul matériel requis, évitant tout investissement financier.

À l’inverse, respirer par la bouche en plein effort engendre une déshydratation, une perte de sodium et une baisse d’efficacité à long terme, tandis que la respiration de récupération en fin de séance reste trop souvent négligée.

L’accompagnement et l’expérience de la libération émotionnelle

Établie dans le secteur de l’Oisans, Candie Trier propose des séances de breathwork circulaire et connecté d’une durée de 1h30, dispensées en ligne ou en présentiel, totalement à la carte et sans engagement. Le protocole repose sur une hyperventilation contrôlée par la bouche pendant 30 minutes, modifiant le pH corporel et l’équilibre des échanges gazeux en augmentant l’oxygène au détriment du CO2. Cet état de conscience modifiée permet de contourner le contrôle du mental pour libérer des blocages émotionnels ou des tensions.

Candie précise que si des larmes ou des rires peuvent survenir, ces séances ne basculent pas systématiquement dans des transes spectaculaires ou des hurlements comme on l’entend parfois. Elles offrent avant tout un moment de reconnexion et de clarté d’esprit.

Parmi ses projets, la coach finalise un programme destiné à améliorer la VO2max, le mental, la résilience et la récupération des sportives. À terme, elle ambitionne de développer des séjours de 2 à 5 jours en montagne combinant trail, randonnée et exposition au froid (bains glacés ou directement en nature), afin de populariser le breathwork en France.

Conclusion

Pour clore cette initiation au travail du souffle, Candie nous invite à méditer sur une citation du ingénieur-scientifique José Silva : « La plus grande découverte que vous ferez jamais, c’est celle de votre propre esprit ». Prendre le temps de décoder son corps et d’écouter son esprit est une étape fondamentale pour s’accorder de la confiance, poser ses limites face aux autres, dépasser ses peurs et vivre en harmonie avec soi-même

Suivre Candie