Pistes naturelles pour soulager le SOPK

Mise à jour le 14/01/2026
ovaires-polykystiques

Dans cet article, je vous propose des pistes naturels pour soulager le SOPK (syndrome des ovaires polykystiques), un trouble hormonal assez courant mais sous-diagnostiqué.

Anne-Lise Collet
Anne-Lise Collet
Anne-Lise est passionnée de sports outdoor, particulièrement de trail et d'ultra-trail. Ingénieure, naturopathe et micro-nutritionniste, elle accompagne les sportives grâce aux plantes, à la nutrition et la micronutrition.

Qu’est-ce que le SOPK ?

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), aussi appelé syndrome de Stein-Leventhal, est un trouble hormonal fréquent chez les femmes en âge de procréer. Il se caractérise généralement par une production excessive d’androgènes (hormones mâles), des irrégularités menstruelles et dans certains cas, la présence de multiples petits kystes sur les ovaires.

Bien que courant, il reste sous-diagnostiqué : environ 20 % des femmes présentent des ovaires polykystiques à l’échographie, mais seulement 7 % répondent réellement aux critères cliniques et biologiques du SOPK (source : CPAM).

Symptômes principaux

Les manifestations varient d’une femme à l’autre, mais les symptômes les plus couramment observés sont les suivants :

  • cycles irréguliers, très longs ou absents,
  • anomalies hormonales : excès d’androgènes (testostérone), hyper-insulinisme,
  • conséquences de l’hyperandrogénie : pilosité excessive (hirsutisme), acné, perte de cheveux, diminution de la densité de la chevelure,
  • kystes visibles à l’échographie (mais ce n’est pas une condition suffisante car certaines femmes souffrent de SOPK, sans ovaires polykystiques),
  • prise de poids ou difficultés à le stabiliser, souvent en lien avec l’hyper-insulinisme,
  • complications associées à ces différentes manifestations : résistance à l’insuline, diabète de type 2, troubles cardiovasculaires, apnée du sommeil ou stéatose hépatique.

Diagnostic

Le diagnostic repose sur l’évaluation clinique, des analyses sanguines et une échographie pelvienne. Les “critères de Rotterdam” sont les plus utilisés : la présence d’au moins deux éléments parmi trois (irrégularités menstruelles, signes d’hyperandrogénie, ovaires polykystiques à l’échographie) suffit pour confirmer le SOPK.

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Les différents types de SOPK

Il existe différents types de SOPK, suivant les diagnostics et manifestations cliniques. Bien entendu, il est possible d’en cumuler plusieurs. 

  • Insulino-résistant (70 % des cas) : une anomalie de régulation de l’insuline provoque sa sécrétion en excès. Cela impacte les ovaires, qui fabriquent plus de testostérone, avec les conséquences vues précédemment.
  • Surrénalien : il peut être dû à un excès de cortisol ou de DHEA, des hormones sécrétées par les glandes surrénales. Le DHEA est lui-même précurseur d’autres hormones, notamment la testostérone. Le cortisol est fabriqué en situation de stress (aigu ou chronique) et utilise ensuite la même filière que la progestérone (hormone féminine, comme les oestrogènes). Ainsi, en cas de stress chronique, le corps ne dispose plus suffisamment de progestérone.
  • Post-pilule : c’est une forme transitoire, généralement liée à l’arrêt récent d’une contraception hormonale à base de drospirénone ou cyprotérone (Yasmin®, Yaz®, Diane® …).
  • Inflammatoire : le SOPK de type inflammatoire est une conséquence d’une inflammation chronique ou encore “de bas grade”, l’un des maux les plus courants de notre société moderne. Cette inflammation chronique peut amener les ovaires à produire trop de testostérone, dont nous avons déjà étudié les conséquences. Comment reconnaître une inflammation de bas grade ? Elle est souvent associée à de la fatigue chronique (sans autre explication), des troubles du sommeil / digestifs, des douleurs chroniques, des maladies auto-immunes ou cutanées … 

Approches naturelles et accompagnement

Voici quelques conseils qui pourront vous aider à réduire les symptômes et prévenir les complications. Bien entendu, ces conseils ne remplacent en rien le diagnostic par un médecin ainsi qu’un suivi médical

L’approche naturelle se base sur les piliers suivants : 

  • des plantes, vitamines, minéraux et autres nutriments,
  • d’éventuelles adaptations alimentaires, si cela s’avère nécessaire,
  • une activité physique régulière,
  • une bonne gestion du stress et du sommeil. 

Plantes utiles en phytothérapie

Certaines plantes présentent des propriétés intéressantes pour réguler les hormones, soutenir le foie (lui aussi en charge de réguler les hormones) et limiter l’inflammation. Il ne s’agit évidemment pas de toutes les prendre, mais de les cibler en fonction des causes éventuellement mises en lumière de votre SOPK, et bien entendu, également des symptômes dont vous souffrez.

Voici quelques plantes citées par la littérature scientifique :

  • Maca : c’est une plante adaptogène, qui soutient l’équilibre hormonal et favorise l’ovulation.
  • Gattilier : c’est un rééquilibrant hormonal, très souvent utilisé en complément alimentaire.
  • Fenugrec : il régule la glycémie, il est donc utile en cas de résistance à l’insuline.
  • Curcuma : c’est un puissant anti-inflammatoire, il améliore également la sensibilité à l’insuline.
  • Framboisier : il tonifie l’utérus et accompagne les déséquilibres menstruels. On l’utilise plutôt sous forme de gemmothérapie (branche de la phytothérapie qui utilise les bourgeons des plantes).
  • Nigelle : on l’appelle aussi “cumin noir” ; son huile comporte un composé, le tyhmoquinone, qui aide à réduire la résistance à l’insuline.
  • Réglisse : c’est une plante hypoglycémiante, elle agit également sur l’hyperandrogénie.
  • Thé vert : il favorise la perte de poids par une augmentation du métabolisme des graisses, une diminution de la glycémie à jeun ; il diminue aussi le taux de testostérone.
  • Chardon-Marie : c’est une plante-phare de soutien du foie ; le chardon-marie contribue donc à une bonne régulation hormonale.
  • Fenouil : ses grains présentent des propriétés œstrogéniques, qui aident à réguler certains troubles menstruels causés par un défaut de ces hormones sexuelles.
  • Cannelle (de Ceylan) : la cannelle est documentée pour améliorer la gestion de la glycémie.
  • Graines de lin : riches en lignanes, elles sont utiles pour la régulation hormonale et la satiété.

Vitamines et autres nutriments utiles pour accompagner le SOPK

  • Vitamine D : elle présente de très nombreuses propriétés. Ici, ce sont ses actions sur une meilleure fertilité, une réduction de la testostérone et une meilleure régularité des cycles qui nous intéresseront.
  • Vitamine E et CoQ10 (Coenzyme Q10) : ces deux nutriments sont de puissants antioxydants et anti-inflammatoires. Cela permet de protéger les ovaires, mais aussi de aussi d’améliorer le fonctionnement endocrinien et métabolique de l’organisme.
  • Inositols (MI = myo-inositol et DCI = D-chiro-inositol) : les inositols sont très courants dans l’organisme ; on les appelle aussi “vitamine B7”, mais ce ne sont pas à proprement parler des vitamines. Leur action permet de réguler la réponse à l’insuline et améliore la fonction ovarienne.
  • Probiotiques : un déséquilibre de la flore intestinale peut augmenter l’inflammation et perturber le bon fonctionnement du métabolisme. S’il est identifié, il faudra le restaurer par la prise de probiotiques ciblés et adaptés en fonction du besoin.
  • Oméga-3 : ils sont largement documentés pour réguler l’inflammation. Comme pour les probiotiques, choisissez-les avec attention car il existe de très nombreux produits sur le marché, le bon et le pire se côtoyant.
  • Magnésium : voici un autre micronutriment qui est souvent cité dans les conseils de complémentation. Ici, il nous intéressera pour ses actions de réduction du stress, d’amélioration de la qualité du sommeil, de régulation à la fois de la glycémie et du syndrome prémenstruel.

Remarque : pour tous ces plantes et micro-nutriments, il est nécessaire de vous faire conseiller par un professionnel de santé ou un thérapeute formé. En effet, il existe pour la plupart d’entre eux des précautions d’utilisation, voire des contre-indications. 

Alimentation adaptée

Une alimentation équilibrée est, comme pour toute autre prise en charge globale, une base incontournable dans l’accompagnement du SOPK. Les priorités à mettre en place ou consolider sont les suivantes :

  • Réduire les sucres ajoutés : le plus simple est de limiter les desserts industriels (d’ailleurs, même les plats industriels peuvent en contenir) et privilégier les glucides complexes comme les légumes secs, les féculents complets ou semi-complets.
  • Limiter le gluten : il ne s’agit pas de l’exclure totalement, mais si vous en consommez beaucoup, il peut être intéressant de varier vos sources de glucides, ceci dans un objectif de limitation de l’inflammation. Pour mémoire, le gluten est présent dans le blé moderne (y compris l’épeautre moderne, c’est-à-dire hybridé), l’orge, le seigle (et dans une moindre mesure, l’avoine).
  • Modérer les produits laitiers : dans le même esprit et dans un souci de prévention, nous vous conseillons de limiter votre consommation de produits laitiers si vous avez tendance à en consommer plusieurs portions par jour (lait, yaourts, fromages blancs, fromages …) N’hésitez pas à varier les sources en alternant produits laitiers de vache avec ceux issus de la chèvre ou de la brebis. Ce conseil vous permettra lui aussi de tempérer un éventuel terrain inflammatoire.
  • Jeûne intermittent (prudence !) : le jeûne intermittent consiste classiquement en observant une période de jeûne d’environ 16h par tranche de 24h. Par exemple, on peut faire une collation vers 15h puis ne plus manger jusqu’au petit-déjeuner vers 7h le lendemain. Cela pourrait avoir une action favorable contre l’hyperandrogénie et l’inflammation ; toutefois, ce jeûne doit être encadré pour éviter des carences ou des troubles du comportement alimentaire.

Autres conseils utiles pour gérer votre SOPK

  • Activité physique : ce n’est un secret pour personne ! La pratique régulière d’une activité physique permet de réguler le poids mais aussi d’améliorer votre sensibilité à l’insuline et de soutienir votre équilibre hormonal.
  • Gestion du stress : si vous y êtes sujette, il sera très utile de se pencher sérieusement sur cet aspect. En effet, mieux gérer son stress permet de réduire le cortisol et favorise un meilleur fonctionnement ovarien.
  • Sommeil : comme pour le stress, si votre sommeil a tendance à ne pas être réparateur, ou de mauvaise qualité, travailler sur cet aspect pour l’améliorer vous permettra de diminuer les risques cardiovasculaires et métaboliques liés au SOPK.