Randonner en autonomie à travers les Alpes sur l’Hexatrek avec Camille Monjaret

Mise à jour le 12/05/2026
Camille Monjaret sur l'Hexatrek

Dans cet épisode du podcast La Sportive Outdoor, j'ai reçu Camille Monjaret pour parler de sa randonnée en autonomie sur une portion de 300km de l'Hexatrek.

Laurène Philippot
Laurène Philippot
Laurène est la fondatrice du média. Cycliste (bikepacking, route et gravel), traileuse et randonneuse, elle est amoureuse de nature et particulièrement de montagne!

Regarder l’interview en vidéo

Ecouter le podcast

Résumé de l’épisode

Dans ce nouvel épisode du podcast La Sportive Outdoor, nous partons à la rencontre de Camille Monjaret, une passionnée d’itinérance en autonomie de 45 ans. Après vingt ans de carrière en tant qu’ingénieure agronome, elle se consacre désormais à des projets alliant voyage au long cours et reconversion professionnelle et a parcouru l’Hexatrek, une traversée monumentale de 3 000 kilomètres à travers les massifs français.

Les racines d’une passion

L’amour de Camille pour les grands espaces remonte à l’enfance, transmis par des parents randonneurs. Dès l’âge de 7 ou 8 ans, elle parcourait déjà les massifs de la Vanoise ou du Queyras. Pour motiver la fratrie, ses parents utilisaient des astuces mémorables : la sélection de paysages sublimes, l’initiation à la botanique, et surtout le célèbre « bonbon de courage », une récompense systématique une fois le sommet du col atteint. Cette éducation montagnarde l’a menée vers une quête de lenteur et de liberté, préférant aujourd’hui des périples de trois mois qui permettent de vivre pleinement le changement des saisons.

Boucler la boucle : 300 kilomètres entre Modane et Chamrousse

L’Hexatrek est un itinéraire exigeant cumulant 130 000 mètres de dénivelé positif. Lorsqu’elle l’a réalisé en 2023, Camille avait dû zapper une partie du tracé pour des raisons liées à des contraintes professionnelles de son mari. Frustrée de ne pas pouvoir se considérer comme une « finisheuse », elle est repartie seule en juin dernier pour parcourir les 300 kilomètres restants.

Son itinéraire, accessible en train, s’est articulé de la manière suivante :

  • Départ de Modane pour rejoindre le Mont Thabor.
  • Traversée des Cerces via les cols du Galibier et du Lautaret.
  • Tour des Écrins dans le sens des aiguilles d’une montre, passant par le Val-Gaudemars et les Deux Alpes.
  • Massif des Arves pour atteindre le pied du glacier de Saint-Sorlin.
  • Final technique dans la chaîne de Belledonne jusqu’à Chamrousse.
Camille Monjaret sur l'Hexatrek

Immersion sauvage : entre moments de grâce et défis techniques

Camille décrit des paysages d’une beauté saisissante, notamment le vallon d’Arcine où elle a vécu un « moment de grâce » au milieu des marmottes et d’une rivière turquoise. Elle souligne également la splendeur du plateau d’Emparis, où les montagnes du massif des Écrins (la Meije, la Barre des Écrins) se reflète dans des lacs d’altitude. La faune a été omniprésente : bouquetins, chamois, une horde de vautours sur une carcasse et même un lagopède, une rencontre exceptionnelle pour la randonneuse.

Cependant, le mois de juin impose ses limites. L’absence de crampons l’a empêchée d’atteindre le sommet du Thabor, encore trop enneigé. Elle a également dû faire face à des journées éprouvantes sous la pluie, parcourant jusqu’à 32 kilomètres et 1 900 mètres de dénivelé positif en une seule étape pour trouver refuge dans un gîte.

Logistique et minimalisme : l’art de voyager léger

Pour réussir un tel périple, Camille est très rigoureuse sur le poids de son sac, utilisant l’outil Lighterpack pour peser chaque élément. Ses choix techniques sont clairs :

  • La gourde filtrante : indispensable pour boire n’importe quelle eau (même des flaques) sans tomber malade.
  • Les chaussures de trail : elle privilégie la légèreté et le séchage rapide par rapport aux grosses chaussures de randonnée imperméables.
  • La chemise de randonnée : contre toute attente, elle recommande ce vêtement pour sa ventilation et sa protection contre les UV et les insectes.

Elle utilise également l’application Hexatrek pour anticiper les points d’eau, les zones de bivouac autorisées et les ravitaillements. Pour maintenir son énergie, elle alterne entre produits locaux achetés en village et repas lyophilisés qu’elle s’envoie par colis dans des gîtes étapes.