Oser changer de vie à 40 ans pour devenir accompagnatrice en montagne avec Hélène Mathieu

Mise à jour le 11/03/2026
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Dans un épisode du podcast La Sportive Outdoor, Laurène reçoit Hélène Mathieu, une femme au parcours singulier qui a décidé, à l'aube de la quarantaine, de faire de la montagne son bureau permanent.

Laurène Philippot
Laurène Philippot
Laurène est la fondatrice du média. Cycliste (bikepacking, route et gravel), traileuse et randonneuse, elle est amoureuse de nature et particulièrement de montagne!

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Résumé de l’épisode

Aujourd’hui accompagnatrice en moyenne montagne (AMM) dans le Briançonnais, Hélène partage son expérience de reconversion, ses défis de formation et sa vision d’une pratique sportive tournée vers l’humain et la transmission.

Une enfance entre Pyrénées et fjords norvégiens

Le goût d’Hélène pour les sommets n’est pas le fruit du hasard. Née dans le Sud-Ouest, elle grandit en Béarn, un territoire marqué par le passage régulier du Tour de France et des cols mythiques comme le Tourmalet ou l’Aspin.

Son père, ingénieur géologue et lui-même accompagnateur en montagne, l’initie dès le plus jeune âge à la lecture de carte et à la sécurité, loin de tout esprit de performance.

À l’âge de 10 ans, sa vie prend un tournant international avec un départ pour la Norvège, à Stavanger. Elle y découvre un rythme de vie scandinave où les après-midis sont dédiés au sport : patin à glace, course autour des lacs ou encore ski de fond pour se rendre à l’école.

Cette multi-activité forge en elle une culture de l’outdoor omniprésente, sans pour autant passer par les clubs ou les chronos.

Le détour par Sciences Po et la vie de bureau

Malgré ses rêves d’enfant — elle avait même écrit à l’UCPA à 10 ans pour devenir monitrice de ski — Hélène suit initialement une voie tracée par ses parents. Elle réalise un parcours académique brillant mais éloigné de ses aspirations profondes :

  • Elle intègre Sciences Po Grenoble, choisissant cette ville spécifiquement pour la proximité des montagnes et la possibilité de skier.
  • Elle complète sa formation par un STAPS en marketing du sport, cherchant à conjuguer intellect et passion.
  • Elle occupe ensuite divers postes, notamment celui de secrétaire médicale en milieu hospitalier.

Cette dernière expérience était stratégique : avec des horaires de bureau et 9 semaines de congés payés, Hélène pouvait s’adonner au trail et participer à des stages. Cependant, l’insatisfaction de ne pas vivre pleinement sa passion finit par la « ronger ».

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Le déclic : « C’est maintenant ou jamais »

Le véritable tournant s’opère après ses 30 ans, lorsqu’elle s’installe à Briançon, attirée par son climat sec, ses 300 jours de soleil par an et son patrimoine sauvage.

Épuisée par l’enchaînement de CDD et une mononucléose qui lui sert de signal d’alarme, elle réalise qu’elle ne peut plus rester enfermée dans un bureau alors qu’elle ne rêve que d’être dehors.

À 40 ans, elle décide de passer son diplôme d’AMM. Elle obtient le précieux sésame le jour de ses 43 ans, un beau symbole.

Une approche humaine de la montagne

Dans sa nouvelle activité, Hélène se définit moins comme une experte que comme un pilier pour ses clients. Elle privilégie la pédagogie et la gestion de l’effort physique plutôt que la performance pure.

Qu’elle encadre un Tour du Mont-Blanc ou des stages de trail, son objectif reste le même : amener les gens à bon port tout en leur faisant prendre conscience de la chance qu’ils ont d’être là.

Passionnée par l’itinérance et l’aspect social des refuges, elle propose aujourd’hui des stages variés, avec notamment un stage 100% féminin en Lozère, sur le plateau de l’Aubrac. Ce séjour mise sur une approche mêlant course à pied, gastronomie de terroir et bien-être dans des spas historiques, répondant à une forte demande de la part des femmes cherchant à être rassurées sur leur niveau technique.

Défis actuels et futurs sommets

Hélène ne s’arrête pas là. Pour équilibrer son activité saisonnière, elle a déjà obtenu son diplôme de pisteur secouriste nordique et prépare actuellement son diplôme d’État de monitrice de ski de fond.

Pour conclure, Hélène encourage toutes les femmes qui souhaitent changer de vie à « oser ».

Elle rappelle toutefois la réalité du terrain : une telle reconversion demande des prérequis, de l’argent de côté pour la formation et une solide dose de détermination pour affronter les exigences des diplômes d’État.

Liens

Pour retrouver Hélène :