Odile Baudrier : 30 ans d’engagement pour un trail éthique et ouvert à tous

Dans cet épisode du podcast, je reçois Odile Baudrier, cofondatrice de la célèbre course de trail le Festival des Templiers, qui est le plus ancien trail de France. Elle revient sur la naissance de l’événement, son engagement pour la place des femmes dans la course à pied et la lutte antidopage, ainsi que sur sa vision d’un sport durable et responsable.
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Résumé de l’épisode
Journaliste, organisatrice et pionnière du trail en France, Odile Baudrier a cofondé en 1995 le Festival des Templiers, première grande course de trail du pays. Dans cet épisode, elle revient sur la naissance de l’événement, son engagement pour la place des femmes dans la course à pied et la lutte antidopage, ainsi que sur sa vision d’un sport durable et responsable.
Des débuts dans la course à pied à la création des Templiers
Avant de devenir une figure incontournable du trail, Odile Baudrier a eu plusieurs vies. Ancienne cadre à la Banque de France, elle quitte le secteur pour se consacrer à sa passion de la course à pied et au journalisme. Avec son mari, Gilles Bertrand, elle fonde les magazines VO2 et Endurance, avant de créer en 1995 la Grande Course des Templiers, inspirée des épreuves américaines d’ultra-trail découvertes lors de reportages.
À l’époque, le trail n’existait pas en France. Les courses de montagne se couraient sur route ou sur des parcours courts. Les Templiers introduisent un format inédit : des chemins, de l’autonomie, de la distance et un esprit d’aventure. Le succès est immédiat : dès la première édition, 500 coureurs prennent le départ sans vraiment savoir à quoi s’attendre.
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Adapter le modèle américain au terrain français
Si le concept vient des États-Unis, Odile et Gilles l’adaptent au contexte français. Le premier parcours fait 65 km au lieu des 160 km habituels sur les 100 miles américains, et l’épreuve se déroule en autosuffisance avec seulement trois ravitaillements.
« On voulait que ce soit une aventure, mais une aventure réaliste », explique Odile.
Rapidement, le festival s’agrandit. Des formats plus longs et plus courts voient le jour, et surtout, la Templière, course réservée aux femmes. Une initiative qui suscite d’abord des critiques, avant de devenir un symbole d’ouverture et d’émancipation.

Faire une place aux femmes
À travers la Templière et ses chroniques dans VO2, Odile s’engage très tôt pour encourager la pratique féminine.
« Je voyais à quel point courir faisait du bien, physiquement et mentalement. Je voulais que les femmes s’approprient cet espace », confie-t-elle.
La Templière permet à de nombreuses participantes de se lancer, puis de progresser vers des distances plus longues. Sur le festival, la parité des primes entre femmes et hommes est aussi instaurée depuis plus de dix ans.
Mais pour Odile, le frein principal reste le manque de temps : « Les femmes ont encore la charge du foyer et moins de disponibilité pour s’entraîner. »
D’où son envie d’initiatives concrètes, comme le Templier Social Club, un programme d’accompagnement pour encourager les femmes éloignées de la pratique à s’y (re)mettre.
Le trail, un sport à préserver
Au fil des décennies, Odile a vu le trail se transformer : professionnalisation, explosion des distances, multiplication des événements. Elle s’inquiète de cette « course à la démesure » :
« Certains efforts deviennent surhumains, et le corps finit par payer. On oublie que l’essence du trail, c’est la nature et le plaisir. »
Elle plaide pour un retour à la mesure, un respect du corps et de l’environnement, et une vigilance face à l’industrialisation du sport.
Lutter contre le dopage et promouvoir un sport sain
Depuis plus de dix ans, Odile se consacre à la prévention du dopage. Elle alerte sur les dérives liées aux longues distances : usage d’anti-inflammatoires, de caféine ou de stimulants.
« Le trail attire aussi des amateurs qui se dopent sans s’en rendre compte, juste pour tenir. »
Pour elle, la réponse doit être double : contrôles rigoureux pour l’élite, mais aussi éducation et parole ouverte pour tous les pratiquants.
« Si on n’en parle pas, on donne l’impression que c’est normal. Il faut des voix qui s’opposent. »
Un sport engagé et responsable
Odile souhaite désormais créer un mouvement autour du “sport propre et responsable”, alliant éthique, environnement et inclusion. Elle y voit une continuité naturelle de son engagement :
« L’éco-responsabilité, ce n’est pas que la nature : c’est aussi le social, l’égalité, le respect du corps. »
Un conseil pour les sportives
Odile conclut avec un message simple et fort : « Allez-y, foncez, découvrez les chemins. Commencez petit si ça vous fait peur, écoutez votre corps et votre feeling. Faites de votre liberté votre sport. »

