Nouria Newman – Kayakiste extrême et aventurière

Mise à jour le 07/10/2025
Nouria Newman

Dans cet épisode de podcast, je reçois Nouria Newman, kayakiste extrême et aventurière incontournable des sports d'eaux vive.

Laurène Philippot
Laurène Philippot
Laurène est la fondatrice du média. Cycliste (bikepacking, route et gravel), traileuse et randonneuse, elle est amoureuse de nature et particulièrement de montagne!

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Résumé de l’épisode

Kayakiste professionnelle et figure incontournable des sports d’eau vive, Nouria Newman a tracé sa route loin des bassins artificiels.

Après une carrière en slalom, elle a choisi la liberté des rivières naturelles et des expéditions aux quatre coins du monde.

Dans cet épisode, elle revient sur son parcours, sa vision du risque, la place des femmes dans le kayak, et ses projets à venir.

Des débuts en slalom à la découverte du kayak extrême

Nouria a commencé le kayak en club, en Savoie, grâce au milieu associatif qui permet aux jeunes d’accéder à du matériel et à un encadrement. Elle s’oriente très tôt vers la compétition en slalom et atteint le haut niveau, jusqu’aux championnats du monde.

Mais entre résultats irréguliers et difficultés personnelles, elle finit par quitter le circuit. « Je remercie ceux qui pensaient que j’étais trop lente et trop vieille », explique-t-elle, car cela l’a poussée à se tourner vers le kayak de rivière, qu’elle pratiquait déjà en parallèle.

Retrouver la nature et les sensations

Ce qu’elle aime dans le kayak extrême, c’est le retour aux sources : les rivières sauvages, l’eau en mouvement, les paysages naturels. Contrairement aux bassins artificiels du slalom olympique, les descentes en milieu naturel offrent une expérience complète, faite de plaisir, d’effort et parfois d’inconfort.

Nouria évoque ces moments d’hiver, glacials mais magiques, avec les lumières et la brume sur la rivière. Pour elle, chaque émotion compte, même celles qui ne sont pas immédiatement agréables.

Nouria Newman
©JulesDomine

Préparer une expédition

Choisir une destination repose à la fois sur les grands classiques du kayak extrême – comme l’Indus au Pakistan ou certaines rivières du Népal – et sur l’envie de découvrir de nouveaux terrains en explorant cartes et images satellites.

La préparation demande ensuite une organisation minutieuse : logistique du matériel, autorisations, contacts locaux, plans B en cas de crue ou d’accès compliqué. Nouria insiste aussi sur l’importance de s’appuyer sur les habitants, guides ou pêcheurs, qui connaissent le mieux leur territoire.

Solo ou en équipe : deux approches complémentaires

Naviguer seule engage une responsabilité totale : pas de sécurité possible en cas d’erreur. Mais c’est aussi, selon elle, une forme d’introspection. En équipe, la discussion avec les partenaires enrichit la lecture de la rivière et renforce la sécurité.

L’essentiel reste de faire ses choix en fonction de ses propres capacités et non sous l’influence de l’ego ou du regard des autres.

La préparation physique et mentale

Ancienne slalomeuse, Nouria a longtemps suivi un entraînement classique (kayak, musculation, course à pied).

Aujourd’hui, elle privilégie la variété : escalade, ski de randonnée, course en montagne. Elle utilise aussi la visualisation et la respiration pour se préparer à franchir des rapides difficiles.

Comprendre et gérer le risque

Lors de son mémoire de master, Nouria s’est intéressée au rapport au risque des femmes dans le sport. Elle a observé que ce rapport n’était pas inné mais construit socialement, influencé par l’éducation et les expériences.

Dans sa pratique, elle distingue toujours la gravité des conséquences et la probabilité qu’elles surviennent. « La peur est utile, elle permet de prendre de bonnes décisions », souligne-t-elle, tout comme un certain ego, moteur de progression lorsqu’il reste bien dosé.

Partager son parcours : des films et des rencontres

Ses projets ont donné naissance à deux films : Wild Waters, un biopic retraçant son parcours, et Big Water Theory, sur une expédition au Pakistan.

Si ces films n’étaient pas initialement prévus, ils lui permettent aujourd’hui d’inspirer d’autres personnes, notamment des enfants qui découvrent le kayak grâce à eux.

La place des femmes dans le kayak

Le milieu reste marqué par des stéréotypes. Nouria raconte ces situations où son niveau était mis en doute, ou encore des différences de traitement en compétition.

Elle souligne néanmoins le soutien précieux reçu de nombreux partenaires et amis, qui l’ont aidée à s’affirmer et à être mieux reconnue.

Si les pratiquantes sont plus nombreuses qu’avant, elles restent peu représentées dans les descentes les plus extrêmes. Nouria espère que cette tendance évoluera encore.

Et après ?

Un projet montagne et kayak a dû être reporté suite à la blessure d’une partenaire. Nouria prépare désormais une expédition au Mexique avec une kayakiste locale, un projet 100 % féminin.

Un message pour les sportives

Son conseil aux auditrices est simple : « Faites les choses pour les bonnes raisons, pour vous, et parce que cela vous rend heureuses. »

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