Documenter l’aventure : être media woman en expédition avec Margault Demasles

Mise à jour le 29/04/2026
Margault Demasles, media woman, journaliste et réalisatrice

Dans cet épisode du podcast La Sportive Outdoor, j'ai reçu Margault Demasles, journaliste, photographe et rélisatrice, qui part en expédition en tant que media woman.

Laurène Philippot
Laurène Philippot
Laurène est la fondatrice du média. Cycliste (bikepacking, route et gravel), traileuse et randonneuse, elle est amoureuse de nature et particulièrement de montagne!

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Résumé du podcast

Dans cet épisode de La Sportive Outdoor, nous partons à la rencontre de Margault Demasles, une femme aux multiples casquettes : journaliste, photographe et réalisatrice. Spécialisée dans la couverture d’expéditions sportives à travers le globe, elle nous livre les coulisses d’un métier où l’adaptation est la règle d’or.

De la lettre à Géo aux bancs de l’anthropologie

Le destin de Margault semble s’être tracé dès l’enfance. À seulement 8 ans, fascinée par les reportages du magazine Géo, elle envoie un mail à la rédaction pour proposer ses services. Si la réponse l’invitait poliment à revenir à ses 18 ans, ce premier contact a entretenu un rêve qui ne l’a jamais quittée : découvrir le monde pour mieux le raconter.

Pourtant, son parcours académique débute par les sciences humaines et l’anthropologie à Grenoble. Ce détour par l’étude de l’humain influence aujourd’hui profondément son regard journalistique, lui ayant appris à comprendre le monde avant de chercher à le mettre en images.

Après une immersion dans l’économie sociale et solidaire en Colombie et au Maroc, une rencontre avec un photographe la remet sur la voie du journalisme. Elle intègre ensuite l’école UEJ Pro à Montpellier, tout en faisant ses armes en presse quotidienne régionale au sein du Télégramme à Vannes.

C’est finalement par la persévérance qu’elle finit par signer dans le magazine de ses rêves, Géo, après s’être présentée physiquement à la rédaction pour remettre son CV et avoir proposé un reportage lors d’un tour du monde à la voile.

Margault Demasles, media woman, journaliste et réalisatrice
© Laurent Polinquin

Citronnelle et Nomads Productions : Le bureau nomade

Pour concrétiser ses ambitions de pigiste tout en restant au plus près du terrain, Margault a fait le choix de la vie en van. À bord de Citronnelle, son petit van jaune aménagé en boîte de production nommée Nomads Productions, elle sillonne les territoires.

Cette approche lui permet d’incarner une philosophie de l’information de proximité. En commençant souvent ses journées au café du coin pour échanger avec les habitants, elle déniche des sujets uniques, allant d’une enquête sur la déforestation illégale en Roumanie à la rencontre d’une confectionneuse d’habits traditionnels bretons.

Le rôle de Media Woman : Un défi de polyvalence

Margault participe aussi à des expéditions à travers le monde, dans lesquelles elle occupe le poste de Media Woman, une fonction qui exige une gymnastique mentale et technique constante.

  • Multitasking technique : Elle doit gérer simultanément la photographie, la vidéo, la prise de son et la narration de l’aventure .
  • Adaptation constante : Il n’est pas rare de la voir piloter son drone tout en tenant une GoPro dans la bouche et en manipulant un autre boîtier pour capturer l’instant .
  • Immersion totale : Au-delà de l’image, elle doit maintenir un lien de confiance avec l’équipe pour recueillir des paroles authentiques, tout en gérant sa propre fatigue .
  • Autonomie en milieu isolé : Lors de missions de photographie par drone, elle peut passer des journées entières seule, de 6h à 22h, pour couvrir des zones géographiques précises .
Margault Demasles dans la neige
© JJ Dreydemy

Des vagues de l’Ocean Club Race aux rivières du Québec

L’expérience de Margault est marquée par deux expéditions majeures particulièrement éprouvantes. La première fut l’Ocean Club Race, un tour du monde à la voile de huit mois en équipage sur le Shunglo Bridge. Sans aucune expérience préalable en navigation, elle s’embarque initialement pour l’image. Cependant, suite à l’évacuation médicale d’un marin en début de course, elle doit apprendre à barrer et à naviguer dans l’urgence, notamment dans l’Océan Indien.

Plus récemment, elle a passé trois mois au Québec sur la Route des Fourrures. Ce périple de 1350 kilomètres en canot traditionnel, de Tadoussac à la Baie James, s’est déroulé de mai à septembre 2025. L’idée était de retracer les routes ancestrales des Premières Nations et des commerçants de fourrures. Physiquement intense, cette expédition a nécessité de remonter des rivières pendant 10 à 11 heures par jour, de subir les assauts des insectes et d’effectuer de longs portages, les canots sur le dos.

Une préparation millimétrée pour les défis futurs

Pour tenir ce rythme, Margault considère l’entraînement physique comme une part intégrante de son travail. Elle s’impose une routine quotidienne d’une heure à deux heures mêlant course à pied, natation et renforcement musculaire pour éviter les blessures.

Elle adapte également sa pratique selon ses futurs objectifs : elle pratique actuellement le ski de randonnée en vue de sa prochaine expédition scientifique dans le parc national du Sarek, en Laponie suédoise.

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Crédit photo de couverture: Laurent Polinquin