Courir pour se libérer avec Claire Verzaux

Mise à jour le 08/10/2025
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Dans cet épisode du podcast, j'ai reçu Claire Verzaux, qui partage avec nous le bien-être que lui procure la course à pied et comment elle l'aide à surmonter sa différence physique.

Laurène Philippot
Laurène Philippot
Laurène est la fondatrice du média. Cycliste (bikepacking, route et gravel), traileuse et randonneuse, elle est amoureuse de nature et particulièrement de montagne!

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Résumé de l’épisode

Traileuse passionnée, Claire Verzaux est née avec une agénésie de l’avant-bras droit. En quelques années, la course à pied est devenue pour elle une véritable source de force et de liberté.

Dans cet épisode, elle raconte comment elle s’est mise à courir, ses défis déjà impressionnants — marathons, EcoTrail, MCC de l’UTMB — et son engagement pour l’inclusion dans le sport.

De la route au trail : une passion née du plaisir de courir

Issue d’une famille de coureurs, Claire découvre la course à pied il y a une dizaine d’années avant de faire une pause pendant ses grossesses.

C’est en 2021, lors du confinement, qu’elle renfile ses baskets : la piscine est fermée, et l’envie de bouger la pousse à repartir courir.

« J’ai eu un plaisir fou, instantanément », raconte-t-elle.

Depuis, la course ne l’a plus quittée. Ce qu’elle y trouve avant tout : une liberté totale.

« Avec ma différence, j’ai beaucoup de déséquilibre dans mes mouvements. Quand je cours, c’est le seul moment où j’ai le sentiment d’avoir cette liberté des deux côtés. »

La course devient aussi un moyen de se reconnecter à soi : un espace où elle ne pense plus au regard des autres et où elle se sent en paix avec son corps.

Deux marathons avant le grand saut

Dès son retour à la course, Claire se fixe des objectifs ambitieux : deux marathons en 2022 et 2023.

Puis elle décide de s’essayer au trail, en s’inscrivant directement sur l’EcoTrail de Paris — 80 km.

« Après mes marathons, j’ai compris que ce que j’aimais, c’était courir longtemps, très longtemps. »

Elle s’entraîne avec rigueur, suivant un plan sur 12 semaines, et découpe mentalement la distance : « Je me disais : 4 x 20 km. Ça paraît plus facile ainsi. »

Un travail à la fois physique et mental, renforcé par du coaching et du renforcement musculaire.

Le jour de la course, elle découvre un format plus intime, loin des grands départs de marathons. L’émotion du départ, la régularité de l’effort, la satisfaction d’avancer : tout lui rappelle pourquoi elle aime tant courir.

« À partir du 70e kilomètre, la course commence vraiment. Il faut aller chercher dans le mental. Mais c’est là que je prends le plus de plaisir. »

Arriver au premier étage de la Tour Eiffel, c’est la récompense ultime. Une expérience qu’elle a déjà décidé de revivre.

Intégrer la team Adaptive : rendre le trail plus inclusif

En 2024, Claire participe à la MCC, une course de 40 km de l’UTMB, avec la Team Adaptive, première équipe rassemblant 12 athlètes en situation de handicap — visible ou invisible.

L’objectif : promouvoir la diversité et l’inclusion dans le trail, prouver que chacun peut trouver sa place.

La rencontre avec Boris Ghirardi, fondateur du projet, est décisive. En cherchant une solution pour s’équiper d’un bâton de trail adapté à son bras droit, Claire le contacte. Quelques échanges plus tard, il lui propose d’intégrer l’équipe.
« C’était une évidence », dit-elle simplement.

La MCC : un défi à la hauteur

La MCC, c’est 40 km et un dénivelé exigeant. Claire court accompagnée d’un guide : « Pendant quatre heures, ça ne fait que monter. »

L’effort est intense, mais la beauté du paysage et l’ambiance de l’UTMB à Chamonix compensent la difficulté.

« C’est une course où on en prend plein les yeux. L’arrivée à Chamonix, c’est une émotion incroyable. »

Pour se préparer, elle s’entraîne en région parisienne, répétant inlassablement les montées de Meudon et des forêts environnantes. « Dès que je voyais une côte, je la faisais dix ou quinze fois. »

Une athlète engagée et déterminée

Aujourd’hui, Claire prépare un programme dense pour 2025 : le Trail Blanc fin janvier, l’EcoTrail de Paris, la Maxi-Race d’Annecy (60 km, 3000 D+) et l’OCC de l’UTMB avec la Team Adaptive.

Elle espère aussi développer un système de prothèse pour pouvoir tenir un second bâton, un projet encore à ses débuts.

Un message pour celles et ceux qui hésitent

Claire transmet un message simple, mais puissant : « Il faut oser. Il n’y a pas meilleure thérapie que le sport. Et la course à pied a une saveur particulière »

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