Trouver sa place comme femme coach dans le cyclisme avec Claire Lafforgue

Dans cet épisode du podcast, j'ai reçu Claire Lafforgue, entraîneure et directrice sportif au Vélo club La Pomme à Marseille, qui partage avec nous son parcours, son quotidien de coach en cyclisme sur route et sa philosophie d'entraînement.
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Résumé
À seulement 26 ans, Claire Lafforgue est déjà coach et directrice sportive du Vélo Club La Pomme Marseille.
Originaire du Jura, ancienne membre de l’équipe de France de VTT trial, elle partage dans cet entretien son parcours, son métier au quotidien et son regard sur la place des femmes dans un milieu encore très masculin.
Du Jura à Marseille, un parcours construit sur la passion du sport
Claire débute par la gymnastique, avant de découvrir le VTT au collège grâce à l’UNSS. Très vite, elle se prend au jeu et rejoint un club local, puis l’équipe de France de trial pendant ses années lycée.
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Après son baccalauréat, elle intègre la STAPS de Lyon, d’abord orientée vers l’activité physique adaptée avant de bifurquer vers l’entraînement sportif.
« J’ai fait mon stage au Pôle France Handisport, puis un autre à Lyon Sprint Evolution. C’est là que tout a vraiment commencé. »
Aujourd’hui, elle cumule les casquettes de coach et de directrice sportive, deux rôles qu’elle définit clairement : l’un axé sur la préparation physique et technique, l’autre sur la tactique de course et la gestion d’équipe.
Un métier entre planification, terrain et logistique
Pas de routine pour Claire, mais une semaine type bien rythmée. Le lundi est consacré aux débriefs du week-end et à la planification. Les mardis, mercredis et jeudis sont dédiés aux entraînements du pôle de formation : vélo, musculation, technique.
Les vendredis, place à la préparation des courses, puis viennent les week-ends, partagés entre déplacements, encadrement ou parfois un peu de repos.
Son rôle va bien au-delà de la simple préparation physique : « Il y a une grosse part de logistique à gérer : déplacements, matériel, coordination avec les autres pôles. »
Les qualités d’un bon entraîneur
Pour Claire, la clé du métier réside avant tout dans la relation humaine :« C’est une relation entraîneur-entraîné. Il faut être à l’écoute, savoir échanger, créer de la confiance. »
Elle insiste aussi sur la formation continue et l’importance de s’ouvrir à d’autres approches : « Il n’y a jamais une seule façon d’entraîner. Les échanges entre coachs sont essentiels. »
Mais elle souligne également les difficultés du métier : la charge de travail, les horaires étendus et la nécessité de gérer ses propres ressources.
Être jeune dans un milieu compétitif n’a pas toujours été simple : « Il faut se faire sa place, entretenir son réseau et prouver ses compétences. »
Sa philosophie d’entraînement
Claire place la personne avant l’athlète.
« Un bon cycliste doit d’abord être un humain équilibré : bien dormir, bien manger, être stable mentalement. Ensuite seulement, on construit l’athlète. »
Sa méthode repose sur des bases solides, puis une progression par étapes, adaptée à chaque profil. Elle prône aussi une approche participative, où l’athlète comprend et s’approprie son projet.
Encadrer les jeunes : former des athlètes et des personnes
Travaillant avec des juniors, elle accorde une grande importance à leur double vie entre études et sport. « Le bac reste prioritaire. Il faut que ça roule à l’école comme sur le vélo. »
Elle évoque aussi le rôle particulier du coach auprès de cette tranche d’âge : figure d’autorité, mais aussi interlocutrice de confiance.
Les sujets comme la nutrition, la récupération ou l’autonomie font partie intégrante de la formation au pôle de Marseille.
Une femme dans un milieu encore masculin
Première femme directrice sportive d’une équipe junior en France, Claire reconnaît que son profil attire l’attention :
« Jeune et femme, ça fait double sujet. Mais on m’a fait confiance. Et quand on montre qu’on sait faire son travail, les préjugés tombent. »
Si les équipes féminines se développent et que la présence de femmes dans les staffs progresse, elle rappelle que l’égalité reste à construire : « On m’a souvent dit : “Tu es une femme, tu vas coacher des femmes.” Mais je peux coacher des hommes aussi. »
L’avenir : bâtir un projet à sa manière
Aujourd’hui, Claire travaille à la reconstruction du pôle de formation de La Pomme Marseille.
« On repart de zéro pour retrouver le niveau de 2022. On prépare le projet 2026, et on m’a donné carte blanche pour le construire. »
Un défi qui la motive particulièrement, entre gestion humaine, développement sportif et innovation dans la formation.
Un message pour les femmes qui veulent se lancer
« Il faut oser. Connaître ses forces et ses faiblesses, les travailler, et surtout bien se connaître soi-même avant de vouloir comprendre les autres. »
Pour Claire, le coaching, c’est avant tout une aventure humaine, exigeante mais passionnante : un métier où la compétence, la rigueur et la confiance comptent bien plus que le genre.

