Anne-Lise Collet – Récit de course de l’ultra-trail Swiss Peaks 170k

Dans cette interview, Anne-Lise Collet partage avec nous son expérience sur la course d'ultra-trail Swiss Peaks 170. Préparation physique et mentale, entraînement, nutrition, récit de course, ravitaillements... On embarque dans l'aventure avec Anne-Lise!
Regarder l’interview en vidéo
Ecouter le podcast
Lire l’interview
Présentation
Aujourd’hui, je reçois Anne-Lise Collet, une ultra-traileuse expérimentée qui a terminé cette année la Swiss Peaks 170, que je lui ai demandé de venir nous raconter. Bienvenue, Anne-Lise! Est-ce que tu peux te présenter, s’il te plaît ?
Oui, sans problème. Moi, c’est Anne-Lise, j’ai 49 ans. Professionnellement, je suis micronutritionniste et naturopathe, et je suis actuellement en formation pour obtenir un BTS diététique. Je suis une éternelle insatisfaite et j’ai toujours besoin d’apprendre de nouvelles choses. À la base, je suis ingénieure, donc rien à voir avec ce que je fais aujourd’hui : c’est une reconversion professionnelle, principalement motivée par ma pratique sportive.
Côté sport, ce que j’aime, c’est l’endurance. Je n’ai jamais été très compétitrice ni très rapide, mais j’adore les longues distances, l’itinérance. Je pense qu’on aura l’occasion d’en parler plus en détail dans ce podcast.
Comment soutenir La Sportive Outdoor?
L'une des façons de nous soutenir est de faire vos achats via nos sites partenaires.
L'idée n'est évidemment pas de vous pousser à la consommation: n'achetez que ce dont vous avez besoin mais, lorsque vous le faites, passer par nos liens nous aide car nous touchons ainsi une petite commission sans aucun coût supplémentaire pour vous.
Vous pouvez par exemple en ajouter certains en favoris pour vos prochains achats. Pensez à accepter les cookies de nos partenaires dès l’arrivée sur leur site.
- i-Run: jusqu'à -50% pour les soldes
- Alltricks: jusqu'à -50% pendant les soldes
- Ekosport: jusqu'à -70% pour les soldes
- Intersport: jusqu'à -50% pour les soldes
- Alpinstore: jusqu'à -70% pour les soldes
- Compressport: jusqu'à -50% pour les soldes
- Decathlon: plein de produits en solde
- Tonton Outdoor: jusqu'à -70% pour les soldes
- Lyophilisé.fr: jusqu'à -40% pour les soldes
- Andros sport: frais de port offerts avec le code SPORT24
- Ekoi: jusqu'à -70% pour les soldes
Pour plus de façons de nous soutenir, c'est ici.
Débuts en trail et progression
Alors, comment cette passion pour le trail est-elle née ? Est-ce que tu as toujours couru, depuis jeune, ou bien as-tu commencé avec d’autres sports avant de te lancer dans la course à pied et le trail ?
J’ai toujours un peu couru, mais mon sport de prédilection était plutôt la course sur route. Je me suis mise au trail il y a environ dix ans. J’habite en Alsace, où il y a beaucoup de petites courses sur route avec peu de dénivelé. Je faisais des 5 ou 10 km dans la région de Rosheim et Obernai.
C’est mon mari qui m’a donné envie de tester le trail. Il courait déjà, et un jour il m’a dit : “Viens, on va faire une course à Chamonix.” C’était le Cross du Mont-Blanc, une distance de 23 kilomètres. À l’époque, je me demandais si j’allais réussir à le terminer, car il y avait pas mal de dénivelé. Mais j’ai adoré l’expérience, et cela m’a donné envie de continuer.
Tu as démarré avec une belle course, directement à Chamonix !
Oui, carrément. À l’époque, c’était déjà populaire, mais pas autant qu’aujourd’hui.
À quel moment as-tu décidé de te lancer dans des courses plus longues ? Tu as commencé par un 23 km, mais comment es-tu passée à des distances plus importantes ?
J’ai progressé très doucement. Cette approche, je l’ai aussi adoptée grâce à ma formation en naturopathie, qui m’a appris l’importance de respecter le corps. Cette année, j’ai fait mon premier 170 km, un 100 miles, après dix ans de pratique.
Je vois beaucoup de personnes qui, au bout de deux ou trois ans de trail, se lancent sur un ultra. Pour moi, c’est trop tôt. J’ai commencé par des courses de 30, 40, puis 50 kilomètres, et j’ai attendu de m’y sentir à l’aise avant d’augmenter les distances. Progressivement, je suis passée aux 70-80 km, puis à des courses de 100 km, qui sont devenues ma distance de prédilection.
Mais les très longues distances m’ont longtemps fait peur, surtout après une grosse blessure il y a trois ans : une fracture de fatigue du col du fémur. Cette blessure a été un gros signal d’alerte de mon corps, qui m’a obligée à me remettre en question. Cela m’a pris du temps pour retrouver confiance en moi, mais cette année, je me sentais prête pour me lancer sur un 100 miles.

Présentation de la course de trail Swiss Peaks
Ce que tu dis sur la progressivité me parle beaucoup, car avec la popularité croissante de l’ultra-trail, beaucoup de gens veulent brûler les étapes, ce qui entraîne souvent des blessures. C’est chouette de voir que tu as su écouter ton corps et rebondir après ta blessure. Est-ce que tu peux nous présenter la Swiss Peaks ? Pour les personnes qui ne connaissent pas, où se déroule cette course et quelles sont les différentes distances ?
Bien sûr. La Swiss Peaks traverse le Valais, une région montagneuse en Suisse. Si tu regardes une carte, le Valais se situe à l’est du lac Léman, tout au long de la vallée du Rhône. La course consiste à traverser ces montagnes pour arriver au bord du lac Léman.
Il y a plusieurs formats : le 170 kilomètres, que j’ai fait, mais aussi un 100 kilomètres, un 70 kilomètres, et même des distances incroyables comme un 380 kilomètres ou un 680 kilomètres. Pour te donner une idée, sur le 680 kilomètres, les coureurs commencent par 300 kilomètres sans chronométrage avant de rejoindre le départ du 380 kilomètres. C’est tout simplement fou.
Et puis après, il y a des distances plus classiques. Il y a un 100 km, il y a un 70 et, je crois, un marathon. Donc, il y a vraiment tout pour tout le monde. Et enfin, c’est vraiment une course que je recommande pour son ambiance incroyable, plutôt intimiste, avec des bénévoles incroyables et des ravitaillements avec des plats traditionnels du Valais comme des croutes aux champignons et de la raclette.
Comment as-tu connu la Swiss Peaks, et qu’est-ce qui t’a attirée dans cette course ?
J’en avais déjà entendu parler, notamment pour son ambiance intimiste et ses ravitaillements qui mettent à l’honneur la gastronomie locale. Ce côté « fait maison » me plaisait beaucoup. En plus, mon mari et moi avons l’habitude de choisir des courses ensemble, même si on ne fait pas toujours les mêmes distances. Lui voulait vraiment partir sur un ultra long, comme le 380 kilomètres.
Dans ce cas, les options ne sont pas très nombreuses. On avait envisagé d’autres courses, comme le Tor des Géants, mais ça ne correspondait pas à notre calendrier. Et puis, le processus d’inscription au Tor, avec son tirage au sort, est un peu fastidieux. Finalement, la Swiss Peaks correspondait parfaitement à nos attentes.

Objectifs et préparation
Et quels étaient tes objectifs pour cette course ? Est-ce que tu t’étais fixée un objectif de temps ou simplement celui de finir ?
Mon objectif principal, c’était vraiment de finir, et de finir avec le sourire. C’était ma première expérience sur une distance aussi longue. Je ne savais pas du tout comment j’allais réagir à deux nuits dehors, puisque je n’en avais jamais passé autant en course. J’avais déjà fait une course avec une nuit dehors, mais deux, c’était une première.
Je voulais aussi éviter de me blesser et arriver en bon état, sans être complètement à bout. Évidemment, ça a été très dur, et on en parlera sûrement, mais finir en forme était ma priorité.
C’est un bel objectif en soi. Parlons maintenant de ta préparation : comment t’es-tu préparée, aussi bien physiquement que mentalement ?
Sur le plan physique, j’ai déjà une bonne base grâce à mes années de pratique sur des distances longues. Mon corps est habitué à ce type d’effort. Ensuite, je suis coachée depuis quelques années par Jeff Bombenger, un coach basé dans le Haut-Rhin. Il connaît bien mes objectifs, donc il adapte mes plans d’entraînement à mes contraintes professionnelles et à ma forme du moment.
Ce que j’aime dans son approche, c’est qu’il insiste sur l’écoute de soi. Si je suis fatiguée, je préfère sauter une séance ou la modifier plutôt que de risquer un surmenage.
Mon entraînement ne repose pas uniquement sur la course à pied. En hiver, je pratique le ski de fond, quand il y a de la neige. Malheureusement, l’année dernière, on n’en a pas eu beaucoup. Je fais aussi un peu de vélo, mais c’est plus un complément qu’un sport principal pour moi. À cela s’ajoutent des activités comme la randonnée, le ski de randonnée nordique et, quand j’en ai l’occasion, la natation. J’adore nager, c’est très complémentaire de la course à pied, mais je ne prends pas assez de temps pour le faire.
Pour compléter tout ça, je fais beaucoup d’étirements. Il y a plusieurs écoles sur le sujet. Certains prônent l’absence totale d’étirements, mais je ne suis pas d’accord. Pour moi, les étirements sont essentiels. Ils aident à prévenir les blessures et à soulager les courbatures. Je fais aussi du yoga, qui m’apporte beaucoup. Bien sûr, il ne faut pas être trop souple non plus, puisque finalement, il faut quand même aussi une certaine résistance et une certaine élasticité, on va dire, pour avoir une foulée efficace. Mais bon, on ne demande pas d’être hyper laxe, on est bien d’accord. C’est vraiment juste de faire quelques assouplissements.
Je fais aussi du renforcement musculaire. Je n’aimais pas ça au début, mais j’ai appris à y prendre goût, et c’est devenu indispensable. Sur des distances aussi longues, il faut que les muscles, les tendons et les ligaments soient solides. Ça évite les blessures et permet de mieux encaisser les contraintes physiques.

Comment gères-tu tout cela dans ton emploi du temps ?
L’organisation se fait beaucoup au feeling. Par exemple, en hiver, dès qu’il y a de la neige, je vais skier. J’ai la chance d’avoir une station de ski de fond à 25 minutes de chez moi, et comme je travaille depuis chez moi, je peux être très réactive.
Je suis aussi attentive à ma fatigue. Si je suis épuisée, je m’autorise à ne pas suivre le plan d’entraînement. Cela dit, il faut parfois se pousser un peu, surtout pour les séances que j’aime moins, comme le fractionné.
Quand on débute la course, souvent, c’est vrai que si on a un plan, on est limite stressé de ne pas le respecter. On se dit qu’il faut à tout prix le faire. Et du coup, on n’ose pas louper une séance. Toi, tu arrives à vraiment faire au feeling. Et j’ai l’impression que les gens, souvent, qui réussissent bien sans se blesser, font ça au final, non?
Ma fracture de fatigue m’a été d’une grande aide dans mon chemin vers la sagesse. Avec l’âge, et en approche de mes 50 ans, j’ai pris du recul et j’ai acquis une certaine expérience. Tu finis par comprendre ce qu’il faut éviter, ou ne plus faire, et surtout, tu prends conscience de l’importance de ton corps. Plus on avance en âge, moins la récupération se fait facilement, alors il devient primordial de rester attentif à ces signaux. Je crois sincèrement que c’est l’une des clés.
Pour garder la motivation et l’énergie, il est essentiel de s’écouter. Il faut cependant savoir trouver la juste limite entre trop s’écouter, ce qui pourrait mener à rester sur le canapé à regarder Netflix, et le risque de trop en faire. C’est une question d’expérience et de chemin personnel, ce qui fait d’ailleurs une belle transition vers la préparation mentale.
L’année dernière, j’ai participé au Trail du Haut Gifre, mon premier ultra après ma fracture de fatigue. À ce moment-là, j’avais énormément de doutes sur mon corps et mes capacités. J’ai donc décidé de faire appel à une sophrologue, qui m’a beaucoup aidée. J’ai gardé en mémoire ses conseils et les séances que nous avons faites ensemble, et cette année, je les ai intégrés à ma préparation.
Je suis quelqu’un de naturellement nerveux, angoissé, et stressé. Un petit rien peut facilement me perturber. Mais avec le temps, j’ai appris à utiliser plusieurs techniques pour canaliser tout ça. Pendant la course, la visualisation et la méditation m’ont énormément aidée dans les moments difficiles.
Tu es micronutritionniste et en train de passer un BTS de diététique, donc tu maîtrises bien le sujet de la nutrition. En parlant de ta préparation pour la course, comment as-tu mis en place ton plan nutritionnel ? Avec ton expérience, est-ce que tu arrives maintenant à bien gérer la nutrition pendant tes courses ? Ou est-ce que tu continues d’expérimenter et de tester de nouvelles choses, même pendant la course ? Comment as-tu structuré ta stratégie nutritionnelle cette fois-ci ?
Oui, alors maintenant, effectivement, j’ai vraiment acquis de l’expérience. Je me connais très bien, et je sais que je suis très peu sujette aux hypoglycémies, donc je gère plutôt bien mon alimentation en général.
Cependant, il faut que je précise un peu mon parcours. À l’époque, ma formation de naturopathe, je l’avais commencée parce que, même si d’un point de vue extérieur, ma nutrition était correcte, pour ma pratique sportive, c’était une autre histoire. Je faisais n’importe quoi, vraiment. Par exemple, je mangeais des fruits, des légumes, c’était parfait, mais c’était quasiment tout. Et des pâtes, bien sûr. Mais je manquais cruellement de protéines, ce qui m’a conduite à me blesser régulièrement. Avec mes études et les connaissances que j’ai acquises, j’ai beaucoup évolué dans ma façon de m’alimenter. Aujourd’hui, mon alimentation est plutôt équilibrée au quotidien. Je n’ai plus besoin de me concentrer spécifiquement sur la nutrition avant une course ou une compétition. C’est désormais bien réglé. En ce qui concerne la préparation, j’ai atteint une sorte de routine qui fonctionne pour moi.
Pendant la course, je sais aussi ce qui me convient. Par exemple, je ne suis pas du tout « sucré ». Si je dois manger un petit peu de sucré, comme une compote, je dois vraiment me forcer. Oui, même une compote, c’est difficile pour moi. En revanche, je préfère largement le salé. Mais il y a des moments où il faut vraiment se resucrer rapidement, et là, je n’ai pas le choix. C’est parfois un peu délicat, mais globalement, je me connais bien, et je sais ce qui marche pour moi. Ce qui marche chez moi fonctionne aussi bien pour beaucoup d’autres personnes.
Je n’ai donc pas besoin de beaucoup de préparation supplémentaire. Mais c’est une chose que je conseille souvent aux autres : lorsqu’on met en place un nouveau plan nutritionnel ou qu’on teste de nouvelles choses, il faut absolument les tester à l’entraînement et jamais attendre le jour de la course. Si on teste quelque chose pour la première fois pendant une course, c’est la catastrophe assurée. Un autre point que je veux souligner, c’est que l’entraînement physique est essentiel, mais il ne faut pas oublier que le système digestif a lui aussi besoin d’entraînement. Il faut l’habituer à manger en course…. Même de la raclette!
La recommandation d’Anne-Lise : mangez de la raclette!
Haha, je vais me faire haïr… quoique, effectivement, « manger de la raclette », ça pourrait plaire à certains. Mais en réalité, je ne mange pas de raclette cuite pendant les courses, car je ne la digère pas. Par contre, je me régale avec de la raclette crue.
Effectivement, emporter des sandwiches sur des sorties longues, de plusieurs heures, et s’entraîner à manger régulièrement des petites bouchées, c’est vraiment essentiel pour apprendre à bien digérer pendant l’effort. C’est quelque chose qui, à mon avis, n’est pas toujours bien connu.

Pour ma part, j’en ai entendu parler il y a quelques années seulement. Il semble que ce ne soit pas un conseil très répandu, notamment parmi les coureurs qui ne se lancent pas sur des distances extrêmes. Pourtant, même pour quelqu’un comme moi, qui ne court pas les mêmes distances que toi, je me rends compte que c’est une stratégie super utile. Parfois, on se dit qu’il n’est pas nécessaire de se concentrer sur l’alimentation si les entraînements ne sont pas très longs. Pourtant, c’est justement dans ces moments-là qu’il faut apprendre à intégrer la nutrition pour que le corps s’habitue progressivement.
C’est ça, c’est ça. Et je dirais dans l’absolu, même si on a des problèmes vraiment, on peut se dire OK, sur deux heures, une sortie de deux heures, dans ma sortie, je vais quand même manger. Au bout de la première demi-heure, boum, je mange. Alors moi, je le fais pas. Mais pour quelqu’un qui a des problèmes, je le conseillerais vraiment.
C’est vraiment utile comme conseil. Et on reste encore sur ta préparation, juste avec cette question. Concernant ta récupération, est-ce que tu as des méthodes particulières pour arriver à bien récupérer entre chaque entraînement, pour arriver aussi à cumuler une certaine charge ?
Il y a un point essentiel à ne pas négliger : le sommeil. Avoir un sommeil suffisant, adapté à ses propres besoins, est crucial. Nous sommes tous différents, et il est important de bien se connaître. Personnellement, j’ai un rythme de sommeil assez atypique : je me lève très tôt et me couche relativement tôt. Pour être en forme, j’ai besoin en moyenne de 7 heures de sommeil par nuit. L’essentiel est de ne pas se mentir à soi-même. Si, le soir, on s’endort sur le canapé, c’est un signe clair qu’il est temps d’aller se coucher, plutôt que de lutter pour finir un film ou une série. Le sommeil joue un rôle clé dans les mécanismes de récupération du corps. Un sommeil de qualité et en quantité suffisante est indispensable pour optimiser cette récupération.
Le deuxième point, c’est l’écoute de son corps. Il faut savoir reconnaître les signes qu’il nous envoie. Si on ressent de petites douleurs ici ou là, il ne faut pas insister. Il vaut mieux lever le pied ou pratiquer un autre sport temporairement. Cela fait aussi partie d’une bonne stratégie de récupération.
Enfin, l’alimentation a également un rôle à jouer. Bien sûr, cela reste très personnel. Il y a des personnes qui mangent n’importe quoi, qui ne se blessent jamais et qui performent très bien. Ce sont des exceptions. Mais de manière générale, faire attention à ce que l’on mange peut être un vrai atout, notamment si l’on a tendance à développer des inflammations ou des pathologies comme des tendinites ou des bursites. Dans ces cas-là, regarder du côté de l’alimentation peut aider à prévenir ou à améliorer ces petits soucis.
Récit de course
On va passer à la course. Est-ce que tu peux nous raconter comment ça s’est passé ?
Oui, je peux. Alors, pour commencer, il faut savoir qu’il y a eu un changement de parcours en raison de conditions météo particulièrement exécrables. Cette météo était totalement à l’image de celle de cette année : il a plu des cordes, et je pèse mes mots. Pendant les 20 premières heures, il n’a pratiquement pas cessé de pleuvoir. Initialement, le départ devait se faire à 2000 mètres d’altitude, avec une montée rapide à près de 3000 mètres, suivie d’un plateau à cette altitude. Cependant, l’organisation a décidé de modifier l’itinéraire, car les conditions de visibilité à 3000 mètres étaient trop incertaines.
Pourquoi je précise tout cela ? Parce que ce changement a eu un impact sur la suite de ma course. Le départ s’est fait à 2000 mètres, mais cette fois sur un chemin très large, roulant et plutôt en faux plat descendant, ce qui s’est révélé assez traître. Sur ce type de parcours, il est crucial de ne pas partir trop vite. Pourtant, comme beaucoup de coureurs, je me suis fait piéger. Même en me disant que je partais « tranquille », j’avançais finalement à un rythme plus rapide que je ne l’aurais voulu.
Rapidement, j’ai commencé à ressentir des douleurs dans les quadriceps, probablement à cause de la descente. Ce n’était pas alarmant, mais je savais qu’il fallait que je ralentisse et que je sois prudente, d’autant plus que le terrain était extrêmement glissant à cause de la pluie.
Un point qui a été vraiment précieux pour moi au début de la course, c’est l’assistance de ma fille. Elle m’a accompagnée à pratiquement tous les ravitaillements, et avec la pluie battante, son aide a été essentielle. Elle m’a notamment aidée à changer mes chaussettes – j’ai gardé les mêmes chaussures, mais je remettais des chaussettes propres et de la crème pour éviter les ampoules. Je pense que cette routine a vraiment permis de préserver mes pieds. Je la remercie encore mille fois pour son soutien.
Précieux!
Oui, carrément. Le début de la course a été vraiment compliqué. Avec la pluie et le brouillard, on ne voyait presque rien, ce qui n’a pas aidé à prendre du plaisir. Mais de mon côté, je me suis rapidement mise dans ma bulle. C’est une capacité que j’ai développée et qui m’aide beaucoup dans ce type de situation. Là, c’était d’autant plus simple que, avec les conditions, j’avais littéralement toutes les écoutilles fermées : pas moyen de faire autrement que de rester concentrée sur moi-même et d’avancer pas à pas.
La première nuit, cependant, a été particulièrement éprouvante. Nous avons dû passer un col technique, la fenêtre d’Arpette. La montée se fait sur de gros rochers, et la descente est tout aussi exigeante, avec des éboulis de chaque côté. Ce genre de terrain, on vient pour ça, bien sûr, mais cette fois, les conditions étaient vraiment difficiles : tout était glissant, on avançait de nuit, et le brouillard s’ajoutait à la galère. Avec la frontale, la visibilité était quasi nulle. On peinait à distinguer les fanions de signalisation. Plusieurs fois, je me suis fait peur en me demandant ce que je faisais là. Heureusement, nous étions un petit groupe, et on a réussi à se soutenir les uns les autres.
C’est donc dans cet état que je suis finalement arrivée à la première base vie. Ces bases vies, ce sont des endroits clés sur la course : on y retrouve un sac avec ses affaires personnelles, transporté par l’organisation, ce qui permet de se changer. On peut aussi y manger un plat chaud ou même dormir un peu si on le souhaite, des lits étant mis à disposition.
L’arrivée à la base vie, c’était vraiment un moment clé. C’est l’endroit où tu peux te poser, te changer complètement, prendre une douche si besoin, ou te faire soigner. Pour ma part, malgré mes changements de chaussettes réguliers, mes pieds étaient toujours trempés, et j’avais des ampoules. Je me suis donc fait soigner les pieds. J’ai aussi pris le temps de me changer intégralement, et ça m’a fait un bien fou de repartir propre et au sec.
Et ma fille était venue avec la voiture, donc j’ai pu dormir une demi-heure dans le confort du véhicule. C’était le petit matin de la deuxième journée, et cette micro-sieste m’a donné une énergie incroyable. Juste 30 minutes, mais on a l’impression de repartir comme si on avait dormi toute une nuit ! C’est bluffant de voir comment le cerveau est capable de récupérer aussi vite avec si peu.
La deuxième journée a donc commencé sous de meilleurs auspices. J’étais en forme, grâce à ma “super nuit” de 30 minutes. En plus, la météo s’améliorait enfin. Le brouillard se levait doucement, et on commençait à voir un peu les paysages. C’est pour ça aussi qu’on vient, pour ces moments-là. Même s’il faisait froid, juste pouvoir admirer les montagnes, ça te rebooste mentalement.
Mais en cours de journée, j’ai commencé à ressentir une douleur vive au genou gauche. Après coup, un kiné m’a expliqué que c’était lié à mes quadriceps, qui tiraient beaucoup sur la rotule à cause de la fatigue musculaire. Cette douleur au genou est rapidement devenue très présente, et franchement, ça a été un vrai défi. Les 100 premiers kilomètres s’étaient bien passés, mais les 70 derniers ont été extrêmement difficiles.

C’est très long quand il faut s’accrocher pendant 70 kilomètres!
Écoute, pour moi, la décision était claire, je voulais terminer. Après avoir vu le kiné qui m’a dit : « Écoute, c’est bon, c’est juste musculaire, tu peux y aller. Arrête-toi pour te masser si besoin, mais tu ne risques pas de te faire mal », j’ai décidé de continuer. Quand il m’a massée sur place, la douleur avait disparu… mais c’est très vite revenu, évidemment. À ce moment-là, je savais que je pouvais gérer. J’avais encore beaucoup d’avance sur la barrière horaire, alors je me suis dit : « Ok, je vais marcher, et je finirai par arriver. »
Quand j’ai quitté la dernière base vie, c’était mon état d’esprit. Mais honnêtement, ça a été très dur. Même en marchant, la deuxième nuit a été un vrai combat. J’étais au bout du bout. Plusieurs fois, j’ai pensé à abandonner : « Qu’est-ce que je fais là ? Est-ce que ça en vaut vraiment la peine ? » Mais à chaque fois, je me suis raisonnée. J’ai repensé à toutes les séances de préparation, à tout ce que j’avais mis en œuvre pour en arriver là. Je faisais des exercices de respiration, des micro-méditations, et je me répétais : « Chaque pas te rapproche de l’arrivée. »
Et puis est venu le lever de soleil sur le lac Léman, le deuxième petit matin… un moment incroyable. Rien que d’en parler, j’ai encore des frissons. J’ai ressenti une vague d’émotions tellement fortes que j’en aurais pleuré.
Au dernier ravitaillement, mon mari Benoît et ma fille m’attendaient. Benoît était arrivé pendant la nuit pour être là. Ils m’ont tellement boostée à ce moment-là ! Mon mari m’a massé les cuisses, et quelque chose d’incroyable s’est produit. J’ai pu courir toute la dernière portion. Oui, courir, après tout ça ! J’avais fait 12 kilomètres en courant, sans douleur. C’était fou. Le cerveau est vraiment incroyable. Il peut te jouer des tours, mais aussi te permettre de dépasser ce que tu pensais possible. Là, j’étais regonflée à bloc.
C’est incroyable l’effet que ça peut avoir!
Et puis, la fin… magique, vraiment. Le lever du jour au bord du lac Léman, c’était comme un rêve. Tu te sens transportée. Ce moment où tu franchis la ligne d’arrivée, tu as presque l’impression d’être une star internationale, même si c’est juste pour toi.
Pour situer un peu : je suis arrivée, je crois, 60e ou 70e sur un peu plus de 80 finishers. Mais ce qui est impressionnant, c’est qu’il y a eu plus de 60 % d’abandons, surtout à cause de ces conditions météorologiques épouvantables.
À ton avis, d’où venait ce problème au niveau des quadriceps ? Est-ce que c’est lié au fait que tu sois partie un peu trop vite, ou y a-t-il d’autres explications que le kiné aurait évoquées?
Probablement. Est-ce que ma préparation physique était suffisante ? Honnêtement, je pense que oui. En revanche, je pense que le problème venait surtout du fait d’être partie un peu trop vite. Et puis, avec les conditions qu’on a eues, on était constamment aux aguets, toujours contractés, car le terrain était très glissant. Je pense que cette tension permanente a vraiment sollicité ma rotule. D’ailleurs, j’ai récupéré très rapidement ensuite, presque plus aucune douleur. C’était donc clairement d’origine musculaire.
Gestion du sommeil
Comment as-tu géré le sommeil durant la course ? Tu disais avoir dormi une demi-heure la première nuit. As-tu pu dormir à nouveau pendant la deuxième nuit ?
Pendant la deuxième nuit, je me suis arrêtée à un premier ravitaillement vers une heure du matin, dans l’espoir de dormir. Cependant, les lits de camp n’étaient pas encore installés. On m’a donc demandé de patienter un peu pendant qu’ils les montaient, ce qui m’a fait attendre une demi-heure. L’ambiance était sympa, mais ils avaient mis de la musique hard rock à fond, ce qui ne m’a pas vraiment permis de dormir. J’ai essayé de me reposer, mais impossible de trouver le sommeil.
Fatiguée, j’ai décidé de tenir jusqu’au ravitaillement suivant. Là, il n’y avait pas de lits disponibles, juste un petit coin dehors où il faisait trop froid pour envisager de m’y poser. Finalement, je me suis installée dans un fauteuil, on m’a donné une couverture que j’ai mise sur ma tête pour m’isoler un peu. J’y ai dormi un quart d’heure, et ça m’a vraiment ressourcée. En résumé, sur les deux nuits, j’ai dormi au total une demi-heure plus un quart d’heure.
C’est impressionnant ! Le coup du hard rock, c’est un peu surprenant.
Oui, c’est censé redonner de l’énergie, mais c’est vrai qu’il faut faire attention aux personnes qui ont besoin de dormir.
C’est clair. Quand tu as vraiment besoin de sommeil, c’est essentiel de pouvoir grappiller ce petit quart d’heure.
Exactement. Et c’est aussi une question de sécurité, car si tu manques de vigilance, tu risques de prendre de mauvaises décisions. À un moment donné, il faut vraiment savoir s’arrêter et se reposer.
Gestion de l’alimentation et de l’hydratation
Concernant l’alimentation, tu en as un peu parlé tout à l’heure. Tu as une préférence pour le salé, mais quelle est ta stratégie pendant la course ? Est-ce que tu as un rythme précis, genre manger toutes les demi-heures ou toutes les heures ? Est-ce que tu prends des plats chauds au ravitaillement, comme de la raclette, ou tu as d’autres habitudes ? Comment tu t’organises?
Je ne fais plus vraiment de stratégie alimentaire à l’avance, car maintenant je me connais bien et je n’ai pas de problèmes majeurs à ce niveau. En général, j’emporte de quoi grignoter, mais je ne mange pas toujours ce que j’avais prévu ou ce que j’ai avec moi. En fait, je préfère souvent ce que je trouve sur les ravitaillements, même si, bien sûr, cela dépend des courses. Il y en a où la qualité des ravitaillements laisse à désirer, et c’est pour ça que je suis contente d’avoir mes propres réserves.
Sinon, je m’écoute beaucoup, je n’ai pas de stratégie stricte, mais à chaque ravitaillement, je fais attention à prendre de la soupe, du bouillon, ce genre de choses, car ça, c’est difficile à transporter. Et dès qu’il y a un plat chaud proposé, je n’hésite pas. Ça dépend aussi des conditions météo : avec des températures froides, comme c’était le cas ici, je n’hésite pas à consommer beaucoup de calories, surtout avec les conditions difficiles. Si le temps avait été plus chaud, ma stratégie aurait sûrement été différente. Mais là, j’avais besoin de calories pour tenir, compte tenu du froid.
Pour les ravitaillements, je choisis aussi quelques petits sachets que je prends avec moi, et je fais mes courses sur place. Par exemple, je prends du pain, du fromage, de la viande séchée, et si possible un peu de riz. Bref, des choses simples mais efficaces pour tenir.
Exactement. Et tu n’as pas de mal à manger ces aliments salés, ça passe plutôt bien pour toi, sans problème ?
Oui, ça passe bien. Ce qui est vraiment plus difficile, c’est le sucré. Pour ma part, c’est encore plus compliqué car je n’aime pas du tout ça. Mais même pour ceux qui aiment le sucré, c’est difficile de manger sucré sur toute la durée de la course. Bien sûr, il y a toujours des exceptions, mais c’est rare!
Donc, de temps en temps, oui, tu insères un peu de sucré. Par exemple, j’arrive à manger certaines barres, mais ce sur quoi je fais vraiment attention, c’est mon apport en eau. Je veille à bien m’hydrater tout au long de la course. D’ailleurs, il y a un truc vraiment génial sur les courses en Suisse, c’est la Rivella.
C’est un excellent moyen de se resucrer sans vraiment y penser, et personnellement, ça me convient bien mieux que le coca. Le coca, je le prends si vraiment je suis au bout du rouleau, mais je n’aime pas du tout le goût, donc je n’en bois pas facilement. Par contre, la Rivella, j’en prends vraiment avec plaisir. C’est souvent sur cette boisson que je comptais pour me resucrer, ce qui me permettait de continuer à manger salé à côté, avec de vrais aliments, pas des trucs sous sachets ou artificiels.
Intéressant! Je n’y aurais jamais pensé, je n’ai jamais fait de course en Suisse. Mais effectivement, au niveau du goût, ce n’est pas du tout comme du coca.
J’ai vérifié les étiquettes, et c’est aussi sucré que du Coca. Cependant, je trouve que la Rivella se boit beaucoup plus facilement, car on ressent moins le goût du sucre.
Concernant l’hydratation, tu utilises plutôt de l’eau ou de la boisson d’effort dans tes flasques ? Comment tu gères ça ?
En général, je n’utilise pas vraiment de boisson d’effort, car j’arrive à bien m’alimenter autrement. Je crois que j’avais prévu de la boisson d’effort dans mes sacs, mais je ne m’en suis finalement pas servie. Sur le papier, c’est vrai que ces boissons peuvent être efficaces, surtout sur de longues distances. Mais je pense qu’il est préférable de miser sur une alimentation équilibrée et de l’eau, plutôt que sur des boissons sucrées qui, à moins de trouver celle qui nous convient vraiment, peuvent devenir écœurantes. Quand tu respectes les doses recommandées, ces boissons sont souvent très sucrées et je n’arrive pas à les boire. Pour celles et ceux qui y arrivent, c’est une bonne option, mais personnellement, je préfère éviter.
Les émotions à l’arrivée
C’est intéressant de voir qu’on peut s’en sortir autrement. Beaucoup de gens sont écoeurés par ces boissons, et il semble qu’il y ait différentes manières de gérer l’hydratation. C’est toujours bien de le souligner. Et à l’arrivée, quelles émotions as-tu ressenties ?
C’était incroyable. J’avais tellement serré les dents pendant la course que j’ai eu une énorme décharge émotionnelle. Ce que j’ai adoré, c’est que j’ai vraiment été présente à ce moment-là, pleinement consciente de mon arrivée. J’avais reconnu le parcours à l’avance, donc je savais exactement à quoi m’attendre, ce qui m’a permis de vraiment profiter de chaque instant en arrivant.
Et sur les deux derniers kilomètres, j’ai été accompagnée par ma fille le long du lac Léman, ce qui a amplifié l’émotion, j’avais déjà visualisé ce moment, mais c’était encore plus intense.
Ensuite, il y a eu le contre-coup : l’adrénaline redescend, la fatigue se fait sentir, et ça crée un mélange assez étrange. Et puis, il y a la rétention d’eau qui rend le sommeil difficile. Les premières heures après l’arrivée ne sont pas simples, mais le passage de la ligne d’arrivée, lui, c’était juste magique!

La récupération
Et les jours qui suivent, tu as eu du mal à marcher ? Comment tu t’es sentie ?
Ah non, pas du tout. Ce n’est vraiment pas comme après un marathon. Bien sûr, tu ressens des tensions musculaires, mais c’est tout à fait modéré. Pour moi, la principale difficulté, c’était plutôt les douleurs aux pieds, surtout à cause des ampoules. Côté musculaire, ça allait plutôt bien.
Mon problème, c’est que je suis assez sensible au niveau du système digestif. J’avais vraiment du mal à m’alimenter, je n’avais pas faim, j’étais un peu écoeurée. C’est juste une question de temps pour que mon corps élimine toutes les toxines. Je sais que c’est une réaction qui m’arrive presque à chaque fois, donc je fais des petites détox avec des plantes pour accélérer la récupération. Mais au début, c’est compliqué d’ingérer quoi que ce soit. Du coup, pour la récupération, ce n’est pas l’idéal, je me force un peu.
Prochaines aventures d’Anne-Lise
As-tu déjà des idées pour tes prochaines aventures sportives ? Est-ce que tu envisages de repartir sur un trail, peut-être une distance similaire, plus longue, même si tu es déjà sur du très long, ou quelque chose de plus court ? Est-ce que cette distance t’a beaucoup plu ou préfères-tu les courses un peu plus courtes ?
J’ai beaucoup aimé, je dois dire. Je suis vraiment ravie d’avoir réussi à finir cette distance. Je ne te cache pas que je me pose la question, parce que je sais que je suis à l’aise sur des distances de 80 à 100 km, ça me convient bien. Ce que j’adore, c’est passer la nuit en montagne, donc là, les deux nuits passées dehors, c’était vraiment parfait, j’ai adoré. Donc, mon cœur balance.
Il y a une course qui me fait rêver, c’est l’Échappée Belle, tu connais ? C’est la traversée du Massif de Belledonne, au sud de Grenoble. J’ai déjà fait la première partie en relais, la deuxième partie, je l’ai faite en solo (environ 90 km), et j’ai accompagné mon mari quand il a fait l’intégrale. Mais maintenant, j’aimerais bien la faire moi-même.
C’est une course qui me fait vraiment rêver. Ce n’est pas un 100 miles, elle fait 154 km, mais le terrain est très technique, tu cours pratiquement pas. Et je me dis que ça devrait me convenir. Pour l’instant, je n’ai pas encore décidé. On est en période d’attente de neige, donc je vais attendre un peu avant de me décider.
Il faudra que tu viennes nous raconter si tu la fais ! C’est vrai que l’Échappée Belle, ça a l’air incroyable. Personnellement, ça ne me tente pas du tout! C’est magnifique, mais j’imagine que ça doit être tellement difficile. En randonnée, j’aime bien, je trouve ça beau, mais je me dis qu’en course, ça doit être vraiment compliqué. Mais c’est vrai que c’est splendide.
C’est assez similaire en fait, parce qu’il y a beaucoup d’endroits où tu ne peux pas courir. Les élites peuvent, mais c’est une expérience très différente!
Conseils aux traileuses
C’est un terrain particulier, c’est sûr. Mais c’est magnifique. Pour courir là, ça doit être une sacrée expérience ! Et pour finir, quel conseil donnerais-tu à une femme qui voudrait se lancer dans ce genre de course ?
Alors… Je pense que mes conseils valent aussi bien pour une femme que pour un homme. Le plus important, c’est de respecter la progressivité. Ne pas vouloir brûler les étapes, et y aller petit à petit. Le corps a besoin de s’adapter à des distances plus longues. Donc vraiment, ne pas sauter les étapes et passer d’un 50 à un 100 miles trop rapidement. Ça prend des années, donc c’est vraiment ça que je conseille en priorité.
Je trouve que ça fait vraiment partie de la beauté de l’exercice aussi, de progresser petit à petit, de voir qu’on évolue, et de ne pas vouloir tout faire d’un coup. Quand on brûle les étapes, même si on atteint notre objectif, ce n’est pas forcément satisfaisant si on y arrive dans des conditions un peu difficiles. C’est plus agréable d’y aller progressivement, de prendre du plaisir.
Merci beaucoup, Anne-Lise, pour ce partage. C’était vraiment intéressant d’avoir ton retour sur la Swiss Peaks, avec plein de bons conseils et un beau retour d’expérience. J’espère que tu viendras nous raconter ton prochain trail, on verra quelle aventure tu choisiras!

