Blessure et douleur chroniques – Que faire quand on a « tout essayé »?

Un grand nombre des personnes qui font du sport connaissent des douleurs ou des blessures à un moment donné de leur pratique. Malheureusement, il arrive parfois que l’on ait du mal à se débarrasser de ces maux, malgré le recours à l'aide de professionnels. Dans cet article, je vous donne des pistes à explorer quand vous pensez avoir tout essayé.
Sommaire
- A qui s’adresse cet article?
- Erreur 1: Reprendre son activité trop tôt et/ou trop rapidement
- Erreur 2: Penser qu’une douleur à la jambe vient forcément d’un problème local
- Erreur 3: Croire que toutes les douleurs sont d’origine mécanique
- Erreur 4: Penser que le kinesitherapeute aurait du me remettre sur pieds mais que ça ne marche pas
A qui s’adresse cet article?
Vous êtes peut-être une cycliste, une coureuse sur route, ou sur trail, ou votre truc est peut-être la randonnée. Vous avez fait l’expérience de douleurs récurrentes qui vous ont amenées à consulter un professionnel de la santé. Malheureusement, vous n’avez pas eu le résultat escompté, et les douleurs reviennent quand vous pratiquez votre sport favori.
Vous avez l’impression d’avoir tout essayé, et vous vous êtes résolu au fait que ce sport n’est pas fait pour vous. Alors que faire quand on ne sait plus quoi faire?
Vaste question à laquelle nous allons essayer de répondre. Vous-y trouverez quatre erreurs courantes (et mythes associés) qui peuvent vous empêcher de revenir à votre sport favori à 100%. Si vous pensez que l’une de ces erreurs s’appliquent à vous, explorez cette piste, et tirez le filon jusqu’à ce que cette douleur vous lâche les basques pour de bon!
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Erreur 1: Reprendre son activité trop tôt et/ou trop rapidement
Mythe associé: “Une fois que la douleur est partie, je peux reprendre mon activité physique avec le même niveau de difficulté qu’avant ma blessure”
Arrêtez temporairement son activité (pendant plusieurs semaines), puis reprendre là où vous vous étiez arrêté est une erreur courante. Lorsque vous sentez une douleur, cela signifie que la charge d’entraînement appliquée à votre corps est au-delà de sa capacité. En d’autres termes, vous en demandez trop à votre corps.

Si vous arrêtez votre activité pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce que votre douleur s’atténue, la capacité physique de votre corps diminue durant cette période de repos. Si vous reprenez votre activité avec un nouveau de difficulté similaire à ce qui a engendré les douleurs au départ, la charge sera inévitablement trop élevée pour votre corps.
Je vous recommande d’avoir un kinésithérapeute ou un coach pour vous guider dans cette démarche! Il est très tentant d’en faire trop, trop rapidement. Avoir l’autodiscipline d’arrêter quand le corps dit stop est parfois la pièce manquante du puzzle.
Comment corriger cette erreur?
Faites le travail de fond nécessaire (renforcement musculaire!) et combinez-le à un retour progressif à votre activité. Commencez à un niveau inférieur à ce que vous faisiez lorsque votre douleur a commencé, puis progressivement augmentez la difficulté.
En d’autre termes, réduisez le volume (la distance, le temps) et l’intensité (la vitesse) jusqu’à ce que vous trouviez le niveau de difficulté que votre corps peut tolérer sans aggraver (ou très peu) votre douleur. Augmentez progressivement le volume jusqu’à atteindre votre objectif en termes de distance. Dans un second temps, augmentez progressivement la vitesse si vous le souhaitez.
Erreur 2: Penser qu’une douleur à la jambe vient forcément d’un problème local
Mythe associé: “Une douleur au genou doit forcément venir d’un problème au genou”
Une douleur au niveau des jambes (que ce soit au niveau des hanches, des orteils ou n’importe où entre les deux) peut venir d’un “problème” au niveau du dos (plus précisément des lombaires). On appelle cela une douleur référée.

Si vous avez une douleur référée, le traitement doit se focaliser au niveau de la partie du corps qui ne marche pas parfaitement. Par exemple, si votre douleur au genou vient des lombaires, alors, il faudra traiter les lombaires. Si le traitement se concentre uniquement sur le genou, cela ne répond malheureusement pas à la source du problème. Et celui-ci peut donc perdurer.
Comment corriger cette erreur?
Faites appel à un kinésithérapeute qui regardera votre corps dans sa totalité afin d’identifier si votre douleur est référée ou non. En fonction de ses conclusions, il/elle vous donnera le traitement nécessaire, et vous guidera vers votre objectif.
Erreur 3: Croire que toutes les douleurs sont d’origine mécanique
Mythe associé: “Une douleur doit forcément venir d’un problème mécanique”
Quel est selon vous la cause des blessures chez les coureurs et coureuses? Un muscle pas assez fort ou endurant? Une flexibilité réduite? Un mauvais alignement? Une progression dans votre entraînement supérieur à la règle des 10%?
La réponse n’est pas limpide. Malgré tous leurs efforts, les chercheurs ne parviennent pas à trouver de facteur mécanique s’appliquant à tout le monde pour expliquer la cause des blessures chez les coureurs. Cela ne veut pas dire que les blessures ne sont pas d’origines mécaniques, mais que l’on ne peut pas prédire qui aura une blessure en regardant uniquement des facteurs mécaniques. Par exemple, ce n’est pas parce que votre genou n’est pas aligné avec votre hanche que vous allez forcément être blessée au genou.
Cependant, une étude a mis en avant un facteur surprenant qui prédispose les coureurs à avoir une blessure: la santé mentale. Le manque de sommeil, le stress au travail ou à la maison, les croyances négatives, les peurs et autres composantes psychologiques pèsent leur poids dans la balance autant que les facteurs mécaniques pour identifier la cause des blessures.

Les blessures sont généralement le résultat de variables provenant de différentes sphères, mécanique, physiologique et psychologique. Pour revenir à vous, si vous pensez que certains paramètres de votre hygiène de vie et de votre santé mentale peuvent être améliorés, vous avez peut-être la pièce manquante du puzzle dans vos mains.
Comment corriger cette erreur?
Ajustez les éléments de votre vie qui affectent votre santé mentale. Manquez-vous de sommeil? Vous sentez-vous stressée par votre vie professionnelle ou familiale? Avez-vous tendance à vous inquiéter facilement? Ou peut-être avez-vous vécu un changement dans votre vie peu de temps avant que la douleur se déclare? Si oui, regardez-cela de plus près, ça en vaut la peine!
Il est aussi important de faire ce travail psychologique que de faire le travail physique (ou mécanique) avec l’aide d’un kiné. Si vous avez l’impression d’avoir fait tous les exercices de la Terre, que vous êtes plus forte que jamais, que votre hygiène de vie est bonne (sommeil et nutrition) mais que votre douleur est toujours là, vous pourriez éventuellement bénéficier de l’aide d’un psychologue. Il/Elle peut vous aider à améliorer votre santé mentale, et à dépasser les barrières qui vous retiennent.
Erreur 4: Penser que le kinesitherapeute aurait du me remettre sur pieds mais que ça ne marche pas
Mythe associé: “Un professionnel de la santé va résoudre mon problème”
Il y a cette croyance qu’un kinésithérapeute va résoudre vos problèmes avec ses mains magiques. Malheureusement ce n’est pas le cas!
Les traitements manuels effectués par votre kiné (massages, dry needling, ultrasons…) ne sont qu’une partie de ce dont vous avez certainement besoin. C’est la partie visible de l’iceberg, les traitements auxquels on pense quand on pense “kiné”. Ils permettent de vous sentir mieux, de gérer la douleur sur des durées relativement courtes.
Cependant, cela ne vous permet pas de:
- Préparer votre corps à la reprise de votre activité physique favorite;
- Comprendre et changer les facteurs de votre entraînement et/ou hygiène de vie qui ont causé la blessure initialement
Vous avez donc un rôle actif à jouer dans votre processus de réhabilitation. Votre kinésithérapeute est là pour vous accompagner et vous guider grâce à ses connaissances sur le corps humain, mais il/elle a aussi besoin de votre collaboration pour atteindre vos objectifs ensemble.
Comment corriger cette erreur?
Gardez en tête que le travail ne s’arrête pas quand la douleur a disparu, il commence seulement!
Quand la douleur n’est plus que marginale, et que vous avez les connaissances pour la gérer, il est maintenant temps d’augmenter la capacité de vos tissus. Cela passe par des traitements plus actifs: un travail de renforcement musculaire et de retour progressif à votre activité physique.
Être plus forte vous permettra d’avoir un corps plus résistant, d’en faire plus tout en évitant les blessures, et de pratiquer votre sport de manière durable.
Encore une fois, je vous recommande d’avoir recours à un professionnel (kinésithérapeute ou coach sportif). Cette personne vous accompagnera et gérera la difficulté de votre entraînement, et vous permettra d’atteindre vos objectifs de manière optimale et durable.

