Mila Colas – Voyager à vélo avec un bébé

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Dans cette interview, j'ai reçu Mila Colas du site Un monde à vélo pour qu'elle partage avec nous son expérience du voyage à vélo avec un bébé. Craintes initiales, conseils, équipement, bénéfices du voyage à vélo pour les parents et l'enfant... Mila nous fait un retour sur ses voyages avec sa fille et nous donne au passage plein de trucs et astuces. A découvrir impérativement si vous hésitiez à vous lancer!

Laurène Philippot
Laurène Philippot
Laurène est la fondatrice du média. Cycliste (bikepacking, route et gravel), traileuse et randonneuse, elle est amoureuse de nature et particulièrement de montagne!

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Présentation

Oui, alors je suis Mila. J’ai 37 ans, je suis toute jeune maman. Je suis rédactrice pour le blog Un Monde à Vélo depuis 2017, mais j’ai commencé ma carrière en tant que startupeuse. J’ai travaillé dans l’économie collaborative, notamment pour des plateformes comme Ulule. Après plusieurs années à aider des porteurs de projets à financer leur voyage à vélo, je me suis lancée moi-même dans cette aventure.

Tout à fait. Ce sont effectivement les porteurs de projets qui m’ont motivée à partir parce que ça m’a vraiment inspirée. En fait, avec mon compagnon Deni, on avait envie de voyager, mais on ne savait pas trop comment. On a même hésité avec partir à la voile. Tout ce qu’on savait, c’est qu’on voulait voyager de manière écologique et ne pas forcément prendre l’avion. Finalement, le vélo nous a paru être la meilleure solution : un moyen de transport lent, écologique, qui permet une belle immersion.

Donc, en 2017, on est parti pour un tour d’Europe à vélo qui a duré sept mois. À la base, on voulait faire un tour du monde, mais on s’est dit que c’était peut-être un peu ambitieux comme premier projet, vu qu’on n’avait jamais fait de vélo. On a préféré tester avec un tour d’Europe d’abord. Ça nous a beaucoup plu, mais le tour du monde n’est jamais arrivé : lorsqu’on a voulu partir pour l’Asie, il y a eu le Covid, et l’occasion ne s’est jamais représentée. Puis, maintenant qu’on est parents, c’est un projet un peu reporté.

Tout à fait. En plus, pour l’anecdote, j’avais commandé un vélo neuf. Denis, lui, est parti avec son vélo d’enfance qu’il avait eu en cadeau à 12 ans. C’était n’importe quoi : trop petit, pas du tout adapté, mais il l’avait modifié pour le voyage. Moi, je n’avais pas de vélo, donc j’en ai acheté un. Mais il est resté bloqué deux ou trois mois à la frontière franco-allemande et n’est arrivé que le matin même du départ. On ne s’était même pas entraînés, on a plongé directement dans le bain. Mes parents pensaient que je ferais 50 kilomètres avant de revenir en pleurant, convaincus que ça ne marcherait pas. Finalement, c’est peut-être cette remarque qui, par fierté, nous a poussés à continuer. On s’est dit : « Oh non, on ne revient pas ! »

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L’arrivée d’un bébé

En fait, la question s’est posée autrement. À la base, je ne voulais pas d’enfant. Pendant des années, j’ai toujours affirmé que je ne voulais pas d’enfant, justement parce que j’ai un côté aventurière et que je craignais que ma vie devienne une routine. Je vis très mal la routine, ce n’est pas du tout moi. Ce qui m’a fait changer d’avis, c’est de voir d’autres familles partir avec leurs enfants, et bien sûr, Deni qui avait cette envie de devenir papa. L’idée qu’on pourrait continuer à voyager malgré tout m’a finalement convaincue. C’est de savoir que c’était possible qui m’a amenée à avoir envie d’avoir un enfant.

Les craintes du voyage à vélo avec un bébé

Eh bien… comme en plus j’en avais énormément, c’est effectivement qu’on ne peut plus rien faire. C’est vraiment, je pense, qu’on a tous des proches qui, un jour, ont eu des enfants et qu’on ne les a plus jamais vus. Tu as l’impression que juste aller faire une petite balade en forêt, c’est la fin du monde pour eux. Et je pense que c’est un petit peu tous ces proches-là – il y en a eu pas mal autour de moi – qui te disent : « Ça bloque les enfants, c’est compliqué, il faut tout amener à la maison. »

Et en fait, ben non, pas du tout. Les enfants, particulièrement les bébés, ils n’ont besoin de presque rien. Ils ont besoin de toi, de ton sourire et que tu t’occupes d’eux, c’est tout. Après, il y a évidemment un peu de matériel, mais ce n’est pas énorme. Et d’ailleurs, on s’en rend compte puisqu’on a voyagé avec notre fille, et qu’il n’y a aucun problème. On n’a quasiment aucun jouet, c’est vraiment très minimaliste… Et pourtant, elle est très éveillée, elle s’en sort très bien, il n’y a pas de souci.

Oui, alors j’avais beaucoup d’appréhension parce que Léa, c’est un bébé qui est adorable. Elle est vraiment très, très facile. Il y a juste un truc sur lequel elle est extrêmement compliquée, c’est le sommeil. Et donc le sommeil, le gérer avec elle… Sachant qu’à la maison, elle a besoin d’être dans le noir complet, dans son lit, d’avoir tout un rituel, etc. Je me suis dit : « Oh là là, elle ne va pas dormir de la journée, elle va hurler, ça va être compliqué. » Donc ça a été vraiment ma crainte. Après, je pense que ça va vraiment dépendre des enfants. Chacun aura sa propre crainte. Il y a tellement de choses qui peuvent arriver, selon la personnalité. Et donc du coup, c’était vraiment ma difficulté. Au final, ça s’est bien passé là-dessus.

Et sinon, il y a pas mal de débats autour de la carriole, du voyage à vélo avec bébé, du bébé secoué. On se fait quand même pas mal culpabiliser finalement d’être parent et de partir avec un bébé. Tu ne sais pas trop, tu as l’impression d’être un monstre presque de partir avec un tout petit loup. Alors qu’en fait, les remorques vélo aujourd’hui sont quand même assez performantes. Et puis, je trouve que si tu t’adaptes, si tu prends le rythme, vraiment, il faut casser ça. Il n’y a pas de gros problèmes. Tu t’adaptes à ton enfant, encore une fois. Ça dépend de sa dynamique, s’il se tient bien assis, etc.

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S’adapter pour voyager à vélo avec un bébé

Premier point, il y a le transport. Déjà, c’était devenu très compliqué depuis chez nous. Pour info, on vit en Italie actuellement. Je ne l’ai pas dit dans la présentation. Moi, je suis française et on a un petit peu deux maisons : une maison en Bretagne et une maison en Italie. Donc on vit entre les deux. Mais actuellement, venir d’Italie en France avec un vélo et une remorque, c’est presque mission impossible. C’est déjà très compliqué. Les trains, les lignes de train sont coupées. Donc il a fallu s’adapter.

On a investi dans un porte-vélo et on a pris plus la voiture, malheureusement, pour nos itinéraires. Mais bon, ça fait partie des adaptations quand on voyage à vélo. Donc on a laissé plusieurs fois la voiture une semaine quelque part, deux semaines quelque part, et on a fait des boucles à la place. Notamment parce que voyager avec un enfant et une remorque, c’est très compliqué en train. En fait, il faut avoir tout le temps la remorque pliée. Sauf que quand tu as un bébé qui ne marche pas, par exemple, tu ne prends pas la remorque facilement comme ça sous ton bras, un bébé dans l’autre. Enfin, tu vois, ça ne marche pas.

Déjà, même sans la plier, on a pris plusieurs fois le train quand même, malgré tout. Même sans plier la remorque à quai, on a quand même dû demander à quelqu’un de nous aider à embarquer. Donc voilà, si on commence à plier, ça ne marche pas. Et c’est vrai que du coup, on s’est fait pas mal engueler par le personnel de bord pour être monté avec la remorque dépliée.

Ensuite, sur le quotidien, on va avoir plus de soucis. On ne va pas pouvoir voyager comme avant. Effectivement, le dénivelé, on sent un peu plus le poids. Mais ce n’est pas tant ça le problème. Ça va être plutôt qu’au bout d’un moment, bébé, il en a marre d’être dans sa remorque.

Donc là, on a voyagé jusqu’à ses 12 mois, jusqu’à ses 14 mois la dernière fois, parce que la dernière fois que j’ai voyagé avec elle, c’était le mois dernier. Et je vois qu’il y a un changement. Déjà, quand elle avait 7 mois, c’était cool. En fait, elle dormait la plupart de la journée. Dès qu’on faisait trois tours de roue, hop, …elle s’endormait. Donc du coup, on avait une heure le matin, deux heures l’après-midi. On était tranquilles, ça permettait d’avancer.

Aujourd’hui, elle dort encore 2 heures l’après-midi, mais c’est un peu moins régulier en remorque parce que ça la réveille plus facilement. Du coup, le matin, il faut qu’elle soit assez occupée, sinon c’est compliqué. Donc on s’adapte : on voyage quand elle en a envie, on prend plus de temps le matin avant de partir, on fait une grosse pause pique-nique quand elle commence à en avoir marre, etc. Finalement, le rythme est complètement différent.

Cela varie aussi en fonction de l’âge. Les parents optent souvent pour une petite selle installée sur le cadre du vélo, permettant de mettre l’enfant devant. Cela offre une alternative à la remorque et permet d’alterner entre les deux. C’est pratique pour avancer un peu plus rapidement. Mais dans notre cas, elle est encore un peu trop jeune pour ce système. Elle est dans une phase intermédiaire : au bout d’un moment, elle se lasse de la remorque, mais on ne peut pas encore vraiment la mettre ailleurs. Certains parents choisissent de mettre un siège vélo sur le porte-bagages, mais ce n’est pas une option qui me convient. Je ne trouve pas ce système très adapté, et j’en ai surtout peur. Mais cela dépend des préférences de chacun.

Les conseils équipement de Mila (et Léa!)

Nous, on a choisi une remorque Croozer parce qu’on en avait déjà une pour notre chien. On avait une Burley aussi avant, qui était pas mal. Mais la Croozer c’est vraiment du haut de gamme. Et on savait surtout qu’on allait voyager intensivement. Je pense qu’on ne met pas tous ce même budget.

Ce qu’on a aimé sur cette remorque, c’est qu’elle est amortie. Il y a vraiment quelque chose qui fait que quand on tombe sur un trou, ça va. Elle ne bouge pas de partout, parce qu’il y a certaines remorques qui ne sont pas amorties. Effectivement, tu vois vraiment que ça bouge de partout et ce n’est pas génial.

On pouvait mettre un hamac dedans quand elle était plus petite. Alors ça, je ne l’ai pas trop utilisé pour le voyage parce que je trouvais qu’elle était encore trop petite avant. Mais comme la remorque s’adapte, elle peut se mettre en poussette. Je l’ai énormément baladée avec avant.

Après, il y avait la dimension et il y a des petites poches partout. Comme ça, elle peut jouer, elle fouille, elle regarde, elle sort des jouets, elle range. Donc voilà, ça l’occupe aussi.

Et puis surtout, le suivi de la remorque. Là, il faut en tester plusieurs, ça dépend. Mais il y a beaucoup de modèles où tu sens vraiment que tu as quelque chose qui suit derrière et qui est un peu lourd. Mais celle-là, tu ne la sens presque pas, même dans les montées, c’est hallucinant. Tu as l’impression presque qu’elle est électrique. C’est vraiment incroyable. Pourtant, elle est lourde, elle fait 16 kg, je crois. Mais elle est vraiment bien faite.

Si, on l’a ressenti énormément entre la Burley et la Croozer. Alors qu’on est passé d’un chien qui était de 25 à 40 kilos. Donc on a quand même pris du poids, énormément de poids. Et pourtant le suivi était bluffant. Alors évidemment avec le chien sur les montées, par contre là on souffrait tout court. Mais ça ne marche pas. Heureusement, les bébés sont plus légers.

Ah oui, c’est beaucoup. Je l’ai souvent dit, c’est beaucoup plus facile de voyager avec un enfant qu’avec un chien. J’en suis sûre et certaine. Mais de loin.

Peut-être pas quand même. Gardez-le quand même.

Le choix de l’itinéraire

Alors oui, nous c’est tous les itinéraires qu’on n’a pas fait cette année, parce que justement, je pense qu’aussi, c’est vrai que nous on n’a pas eu beaucoup de freins d’un point de vue personnel, parce qu’on est quand même assez experts entre guillemets de voyage à vélo, ça fait quand même quelques années qu’on roule, on a fait quand même des longs longs voyages, donc on n’avait pas beaucoup de freins.

Mais ce qui va freiner beaucoup de familles, ça va être la sécurité. Et notamment d’avoir un itinéraire où tu es sûr que tu ne vas pas croiser trop de voitures, en tout cas quasiment aucune. Et dans ces cas-là, je conseille vraiment les itinéraires qui sont souvent très réputés pour ces choses-là, comme la Vélodyssée, la Loire à Vélos Il y a aussi la Vélo-Francette, je crois qu’il y a été pas mal vu là-dessus.

Il y a tout ce qui est canaux, le canal de Nantes à Brest, le canal du Midi des Deux Mers. Ces itinéraires-là sont hyper chouettes pour débuter. Récemment, on est parti avec ma maman et Léa de Rennes à Saint-Malo via le canal d’Ivérance. C’est vrai que quand tu es débutant en famille, ce n’est pas difficile, c’est tout le temps smooth, ça se passe très bien. C’est vraiment cool, t’as plein de parcs, de jeux, d’endroits où tu peux te poser, faire une pause. Et en fait, les enfants, même bébé, sont super heureux d’être là. Donc voilà, c’est quand même des bons itinéraires pour se lancer. T’as plein de camping, il y a vraiment tout ce qu’il faut pour s’occuper, s’occuper en famille et avoir vraiment des infrastructures sécurisées.

Ça a changé, il faut revérifier, mais il me semble en tout cas si je me souviens bien, déjà en 2018, il était prévu que ce soit bitumé. Oui, le problème, c’est que, comme le canal du Midi, il a fallu faire pas mal de démarches pour que ça colle avec tout ce qui va autour. Et donc, il me semble que les travaux ont été faits. Alors, à vérifier, mais il me semble..

Cette année, nous avons principalement voyagé sur des voies partagées, donc le problème ne s’est pas posé. En effet, nous avions depuis longtemps l’envie de nous confronter à plus de dénivelé, mais cette année, nos projets professionnels ont pris le dessus, retardant un peu cette ambition. Finalement, nous avons axé nos voyages sur des itinéraires plus exigeants, avec un fort dénivelé, sans rencontrer de difficultés majeures.

Nous avons tendance à nous imposer des freins, surtout en ce qui concerne la sécurité. Cependant, nous avons pris certaines précautions, comme l’utilisation de lampes clignotantes visibles même en pleine journée. Nous avons choisi des petites voies partagées, peu fréquentées, ce qui a largement contribué à notre tranquillité. Bien sûr, il y a des moments où l’attention est de mise, mais finalement, c’est à nous de gérer la remorque, nous en sommes responsables. C’est une gestion totalement maîtrisée.

Nous n’aurions jamais osé ce genre de trajet avec Léa dans un an ou deux, quand elle aura son propre vélo. Mais tant que nous avons un bébé, c’est un moment unique pour emprunter ce type d’itinéraire. C’est maintenant que l’on peut profiter de ces parcours moins fréquentés, avant que Léa devienne plus grande et que nous nous tournions vers des itinéraires comme la Vélodyssée, par exemple. Nous en profitons donc pleinement pour expérimenter d’autres types de trajets.

Effectivement, nous avons choisi de partir sur des itinéraires comme le Grand Tour du Pays Basque ou la vallée du Lot à vélo, qui sont un peu plus sécurisés et deviendront encore plus sûrs dans les années à venir. Cependant, ces parcours comportent beaucoup de dénivelé et de cols, ce qui les rend moins adaptés pour certaines familles, du moins pour l’instant.

Matériel indispensable à prévoir pour voyager à vélo avec un bébé

Il y a plusieurs indispensables lorsque l’on voyage avec un bébé. Tout d’abord, un petit tapis de pique-nique. Nous l’avons utilisé en permanence, c’était vraiment pratique. Dès que l’on s’arrêtait, on le posait au sol et Léa pouvait y jouer tranquillement. C’était vraiment agréable.

Ensuite, une bonne tenue chaude est essentielle. En effet, un bébé ne bouge pas beaucoup dans sa remorque, donc nous avons opté pour des combinaisons complètes en doudoune, bien efficaces. N

ous avons également trouvé un sac de couchage avec des manches, qui nous a été utile pour les bivouacs. Ce modèle, que nous avons acheté aux États-Unis, était le seul qui remplissait tous nos critères de performance, notamment pour les températures basses, jusqu’à 5°C. Il nous a coûté 100 euros, mais, à la frontière, la douane a ajouté une taxe, ce qui a porté le total à 120 euros. Un investissement un peu élevé, mais qui en valait la peine.

Nous avons aussi pris un petit matelas de Décathlon, adapté aux bivouacs pour ceux qui ne sont pas trop exigeants sur le confort. Il fait la taille d’un lit de bébé et est initialement prévu pour les adultes, mais nous l’avons trouvé très pratique pour Léa. Cela permet de l’installer confortablement dans la tente.

Il est aussi important d’avoir quelques doudous de rechange, au moins deux, au cas où l’un d’eux serait perdu. Nous avons également emporté des jouets et des livres, qui ont beaucoup plu à Léa. Des livres imperméables peuvent être un bon choix, car la remorque, en particulier la nôtre, a tendance à laisser passer l’eau par le dessous. Lorsque la pluie était forte, le sol devenait assez humide, donc des chaussures imperméables pour le bébé sont essentielles. Léa, à ce moment-là, avait environ un an, et nous n’avions pas encore trouvé de chaussures adaptées pour elle. Lors d’une journée particulièrement humide, la remorque étant trempée, elle a eu les pieds gelés, ce qui a été vraiment difficile.

Enfin, un chauffe-biberon ou des biberons thermos peuvent être très pratiques. Au départ, nous pensions pouvoir trouver des endroits pour chauffer de l’eau un peu partout, mais ce n’était pas toujours le cas. Nous avons donc bien apprécié d’avoir notre propre chauffe-biberon, même si cela prend un peu de place.

Et, pour les repas au restaurant, un rehausseur peut s’avérer utile. Bien que cela puisse sembler un peu superflu, nous avons trouvé que c’était très pratique, surtout que Léa est une grande gourmande. Cela nous a permis de lui faire goûter une variété de plats. Ce n’est pas toujours évident de trouver des chaises hautes dans les restaurants, donc le rehausseur a été une bonne solution. Bien sûr, cela reste un accessoire facultatif, pas indispensable si on n’en dispose pas.

Oui, mais en réalité, il y a beaucoup de matériel qui semble lourd, alors que ce n’est pas forcément le cas. Par exemple, le tapis de pique-nique pèse seulement 100 grammes, donc ça reste très léger. Finalement, tu ne ressens pas vraiment le poids. On mettait tout dans la remorque, où il y a un espace de rangement prévu. Et d’ailleurs, j’ai tendance à dire “carriole” par réflexe, parce qu’en italien, on dit “carriola”. Mais bon, les deux termes fonctionnent, j’espère que c’est clair !

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La gestion de l’organisation du voyage et des imprévus

Pas spécialement, mais c’est vrai que chauffer le biberon au début était un peu pénible. Sinon, en termes d’organisation, il y a un point qui nous a semblé compliqué : gérer les hébergements si tout est réservé à l’avance. En haute saison, par exemple, avoir une réservation tous les soirs peut devenir un casse-tête, surtout avec un bébé. Parce que si ton enfant n’en peut plus et que tu veux t’arrêter, ce n’est pas possible. Tu es obligé d’aller jusqu’à ton hébergement prévu. C’est pourquoi, si on peut éviter de tout réserver à l’avance, c’est vraiment mieux. Bien sûr, on sait que ce n’est pas toujours faisable, surtout sur des itinéraires populaires comme la Vélodyssée ou la Loire à Vélo.

Oui, c’est certain. C’est génial de pouvoir rester flexible, mais pour cela, il vaut mieux partir hors saison ou choisir un itinéraire moins fréquenté. C’est un conseil qui peut vraiment faciliter le voyage.

On avait tendance à organiser notre voyage en fonction de la météo. C’est une habitude qu’on a prise depuis longtemps. On consultait les prévisions pour repérer les fenêtres météo favorables, ou pour savoir précisément à quelle heure il allait pleuvoir. Cela nous permettait d’adapter nos journées. Comme on prévoyait des étapes très courtes, entre 30 et 40 kilomètres par jour, c’était largement gérable avec un bébé. Si elle était de bonne humeur, on pouvait même aller jusqu’à 50 kilomètres, comme on l’avait fait lorsqu’elle était encore toute petite.

Ces fois-là, nous voyagions sans hébergements réservés, ce qui nous offrait une grande spontanéité. Mais cette année, avec des étapes réduites à 30 kilomètres, cela nous donnait encore plus de flexibilité. Trois heures de vélo, ou quatre avec un peu de dénivelé, et la journée était bouclée.

Exactement. Et je dirais même que, jusqu’à ses deux ou trois ans, on continuera probablement de limiter nos étapes à 30 kilomètres par jour, avec des pauses encore plus régulières. Les enfants ont parfois simplement envie de se poser. J’ai beaucoup ressenti cela avec Léa. Lors d’un mois de voyage, les derniers jours sont devenus compliqués. À la fin, je ne roulais presque plus. J’avais récupéré la voiture pendant que Deni faisait les étapes, et je m’occupais de Léa.

Il faut dire que l’itinéraire était particulièrement exigeant : on faisait le grand tour du Pays-Basque avec beaucoup de dénivelés et des chemins caillouteux. Étonnamment, à deux reprises, j’ai roulé avec Léa dans la remorque sur ces chemins accidentés. Elle s’est endormie immédiatement, bercée par les secousses. Mais pour moi, c’était un vrai calvaire : des pentes à 20 % avec la remorque qui n’avançait pas… On finit par accepter ses limites, c’est essentiel.

Au final, on adapte tout : les jours de pause, les itinéraires, le rythme, en fonction de l’enfant. Et il faut savoir lâcher prise. Le plaisir doit être partagé. Le sport, on peut s’y remettre plus tard, lors des entraînements ou à d’autres moments. De toute façon, les instants où l’on roule avec le poids supplémentaire sont deux fois plus intenses. En lâchant prise, on profite davantage, et on peut aller beaucoup plus loin.

Bénéfices du voyage à vélo pour les parents et l’enfant

Oh, ils sont nombreux ! D’abord, cela rapproche énormément. Ça crée une vraie complicité entre les parents et le bébé. Finalement, on apprend à mieux le connaître. Même s’il fait partie de notre vie, c’est un tout petit être avec sa propre personnalité. Et dans le quotidien, surtout quand on travaille, ce n’est pas toujours évident. Beaucoup de parents doivent reprendre le travail très vite, parfois après trois, quatre ou cinq mois, et le bébé est en crèche toute la journée. On le retrouve le soir, on est pris dans la routine. Alors que ces moments de voyage, c’est une pause, une parenthèse où l’on partage des instants uniques.

C’est une période d’apprentissage mutuel. Le voyage à vélo permet aussi au bébé d’observer le monde, d’apprendre à s’ennuyer. Dans notre société, les enfants ont souvent du mal à attendre, à observer ce qui les entoure. Ces moments dans la remorque, où Léa s’ennuyait parfois, lui ont permis de développer tout cela. Et quand elle s’ennuyait, elle se mettait à chanter!

Pour nous, cela a également permis de réussir sa diversification alimentaire. En voyage, on mangeait souvent au restaurant ou prenait des petits-déjeuners à l’hôtel. Elle goûtait à plein de choses différentes, ce qui a été fantastique. Aujourd’hui, elle mange de tout sans problème. Cette expérience a été une vraie richesse pour nous.

Reprendre confiance en son corps en tant que Maman

Non, pas du tout. Cela ne m’a pas changée, mais plutôt confortée. Ma perception reste la même : voyager à vélo est toujours un plaisir, quelque chose que je ne suis pas prête à arrêter.

Peut-être qu’il y a un point où cela a légèrement changé ma réflexion, mais d’un point de vue personnel. Le fait d’avoir un bébé m’a permis de voyager seule, notamment pour des projets professionnels. Par exemple, et je l’avais déjà vécu avec Ringo notre chien, j’ai ressenti que certaines montées étaient très difficiles. Deni a dû prendre le relais. Cela m’a un peu fait douter de moi, de mes capacités. J’étais encore en phase de postpartum, avec quelques kilos en plus, et je sentais bien que mon corps n’était pas tout à fait comme avant. Ces sensations peuvent donner l’impression qu’on n’est plus capable de faire ce qu’on faisait avant.

Mais, finalement, en affrontant ces dénivelés et en reprenant confiance en mon corps, j’ai pu affronter d’autres itinéraires exigeants. Et ils m’ont paru faciles ! Cela m’a redonné beaucoup de confiance, à la fois en tant que femme et dans cette phase de postpartum. Reprendre le contrôle de mon corps a été une expérience importante.

Oui, tout à fait. Cela aide énormément.

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Idées lectures

Je conseillerais de lire deux livres. Le premier, c’est Prends ma roue d’Olivier Godin. Ce livre m’a énormément inspirée. Olivier et sa famille ont traversé les États-Unis par les Rocheuses avec un bébé de 11 mois. En lisant ce récit, je me suis dit : « S’ils ont réussi cela, alors tout est possible. »

Le deuxième livre, très pratique, s’appelle À vélo en famille, écrit par Jeanne et Camille. Il aborde plein de sujets, comme le vélo pendant la grossesse, le postpartum et bien d’autres aspects souvent peu traités. Ce guide est vraiment bien fait, et on sent qu’il a été écrit par des femmes, ce qui le rend très pertinent. Il est sorti pendant ma grossesse et m’a énormément rassurée. Ces deux livres ont été des révélations pour moi.

La suite?

Oui, bien sûr, mais rien n’est encore acté. Pour 2025, j’aimerais me concentrer davantage sur des projets personnels, car récemment, nous avons beaucoup voyagé à vélo pour des raisons professionnelles. J’ai envie de voyages plus libres, sans contraintes.

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