Voler en parapente acrobatique au plus haut niveau avec Maud Perrin

Mise à jour le 24/03/2026
Maud Perrin, championne de parapente acrobatique

Dans ce podcast de La Sportive Outdoor, j'ai reçu la championne de parapente acrobatique Maud Perrin, pour qu'elle partage avec nous son parcours et sa vision de son sport.

Laurène Philippot
Laurène Philippot
Laurène est la fondatrice du média. Cycliste (bikepacking, route et gravel), traileuse et randonneuse, elle est amoureuse de nature et particulièrement de montagne!

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Résumé de l’épisode

Dans cet épisode du podcast La Sportive Outdoor, nous partons à la rencontre de Maud Perrin. À 25 ans, cette athlète installée à Chamonix survole sa discipline en tant que championne du monde de parapente acrobatique. Entre records techniques, accident majeur et reconstruction psychologique, elle se confie sur un parcours où la recherche de soi est devenue aussi importante que la performance pure.

De la Chartreuse aux sommets : une vocation familiale

Bien qu’elle ait grandi en Chartreuse, c’est au gré des expatriations de ses parents, notamment en Angola et en Écosse, que Maud a forgé son lien avec les airs. C’est en voyant son père pratiquer le parapente qu’elle a développé cette envie d’essayer à son tour. Après un premier vol en tandem avec lui à l’âge de 10 ans au lac d’Aiguebelette, elle n’a plus jamais décroché.

Son apprentissage a été rigoureusement encadré par ses parents. Avant d’obtenir le droit de voler seule à 14 ans, elle a dû réaliser 100 heures de gonflage (travail de la voile au sol), une étape cruciale pour sa sécurité. Elle a effectué ses premiers vols aux côtés de son frère, Jules, avec qui elle partage cette passion montagnarde.

Maud Perrin, championne de parapente acrobatique

L’acrobatie : l’art de la précision technique

Maud Perrin s’est rapidement tournée vers l’acrobatie, attirée par la technicité extrême et l’aspect « noir et blanc » de la discipline où chaque erreur est immédiatement visible. Ce choix lui a également permis de se distinguer de son frère, alors engagé en pôle espoir pour le vol de distance.

En compétition, les athlètes sont notés sur trois piliers : la technique, la chorégraphie et l’atterrissage (souvent sur un radeau au-dessus de l’eau). Maud s’illustre par des figures complexes comme l’Infinity Tumbling ou le Stall to Infinite. Elle est d’ailleurs la première femme à avoir réalisé certaines manœuvres, poussée parfois par le défi de prouver sa force physique face à ses homologues masculins.

Le crash de 2023 : quand les voyants virent au rouge

En 2023, lors d’une démonstration aux Natural Games à Millau, la carrière de Maud a basculé. Facteurs psychologiques et techniques se sont alors tragiquement mêlés : un changement de voile récente, un ego piqué par des inégalités de contrats de sponsoring et une altitude trop basse pour la manœuvre engagée. L’accident a été violent, entraînant un blackout de 18 heures pour l’athlète.

Le bilan médical a révélé l’ampleur du choc et des complications qui ont suivi :

  • Fracture totale du bassin et des côtes cassées.
  • Fractures des apophyses transverses.
  • Embolie pulmonaire et pneumothorax.
  • Méningite et infection du matériel chirurgical nécessitant un retour au bloc.
  • Séquelles neurologiques persistantes à la jambe et au pied droit.

La reconstruction : revoler pour se retrouver

Contre toute attente, Maud a réussi à remarcher après trois mois et a repris le vol acrobatique seulement cinq mois après son crash. Ce retour n’a pas été sans heurts, marqué par des crises d’angoisse en plein vol. Pour gérer ce risque, elle a adapté son entraînement, privilégiant des sessions en Turquie au-dessus de l’eau pour sécuriser ses nouvelles manœuvres.

Malgré une saison éprouvante où son épaule se luxait régulièrement en l’air, elle a dominé le circuit mondial en 2025. Cette réussite extérieure masquait pourtant un épuisement psychologique qui l’a conduite à entamer un travail thérapeutique profond. Aujourd’hui, elle accepte une progression parfois plus lente, mais plus consciente et alignée avec ses besoins personnels.

Être une femme dans un milieu masculin

Maud Perrin porte un regard lucide sur la place des femmes dans le parapente. Elle souligne la difficulté d’exister dans un milieu très masculin où les classements sont souvent mixtes (scratch) pour pallier le manque de participantes. Elle milite pour une vision plus « féminine » du sport, axée sur une narration plus fine et vulnérable du risque, loin de la recherche de virilité traditionnelle.

Conclusion : de nouveaux horizons

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