Le tour du Mont Blanc en 48 heures en bikepacking

Trois ans après mes premiers pas sur un vélo de route, il était temps de me lancer sur mon premier voyage à vélo. Habitant Annecy, le tour du Mont Blanc me séduit par sa proximité et sa beauté. Au menu, 350km avec 8 500m D+, une belle sortie que nous décidons de parcourir avec une amie en 48 heures.
Les préparatifs de ce voyage à vélo
En octobre dernier, je me lançais dans LE challenge le plus dur de mon année 2023 (et pourtant, j’avais effectué quelques mois auparavant l’Etape du Tour de France: Annemasse – Morzine avec ses 157km, D+ 4 150m et sa canicule légendaire): le tour du Mont Blanc en 48 heures, avec une amie cycliste.
C’était le 1er bikepacking que je réalisais, alors un ami m’avait prêté tout l’attirail de l’ultra cycliste: sacoche de cadre, sacoche de selle, baudrier jaune fluo pour être visible.. J’ai enfin investi dans un GPS: un Wahoo Elemnt Bolt, le plus basique (simple mais efficace). Le prix de la liberté, fini le portable qui surchauffe et qui n’a plus de batterie 3 heures après le début de la sortie.
Pour cette aventure, nous avons choisi le confort en dormant dans des Airbnbs, afin de voyager léger avec juste nos sacoches:
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- une sacoche de cadre: pour les ravitos à gogo (le plaisir de faire du vélo, c’est l’open bar de nourriture)
- une sacoche de selle : pour nos affaires de change (legging & haut technique à manches longues, serviette micro fibre, paire de tongue, mini trousse à toilettes) et de quoi se couvrir en cas de mauvais temps (spoiler: on ne les a pas portés pour rien !)
Côté entraînement, après une belle préparation au printemps pour l’Etape du Tour, je me suis laissée le mois d’août pour récupérer et profiter de mes vacances avant de remonter sur la selle en septembre. J’ai effectué un stage de cyclisme en Lozère début octobre, ce qui m’a bien mis en jambe pour cette aventure autour du Mont Blanc.


Etape 1: Bourg Saint Maurice > Chamonix
Le dernier ajustement de trace
Pour des raisons de contraintes horaires professionnelles, nous fixons notre départ au vendredi après midi depuis Annecy. Direction Bourg Saint Maurice pour y laisser notre voiture pour, on l’espère, 48 heures.
On prend tout de même le temps de boire un café avant le départ officiel sur nos vélos, on regarde à nouveau notre trace qu’on a modifiée plusieurs fois en n’étant pas certaine de notre lieu de départ. Mince, on réalise que notre première étape ne sera pas si courte finalement, avec une arrivée à Chamonix prévue en fin de soirée d’après nos estimations.


15h30, départ officiel!
Départ officiel à 15h30 avec nos montures bien chargées, nos corps caféinés et notre soif de liberté. Pas d’échauffement, on commence directement avec l’ascension du Cormet de Roselend depuis Bourg Saint Maurice (19.3km, D+ 1183m, pente moyenne 6.1%). La montée reste assez régulière et plutôt agréable bien que longue, nos efforts seront récompensés avec la vue somptueuse sur le lac de Roselend.


Une belle descente et nous revoilà parties pour l’ascension du Col des Saisies depuis Beaufort (15.6%, D+ 918m, pente moyenne 5.9%), le spectacle continue avec le coucher de soleil sur les montagnes.


Une première expérience à vélo de nuit
Arrivées au sommet, la nuit est apparue, il est temps de se couvrir, se ravitailler un peu plus avec ce que nous avons dans les sacoches et se transformer en sapin de Noël avec nos baudriers jaunes fluos, frontale, lampes avant et arrières.
Cela sera ma première expérience à vélo de nuit. J’appréhendais un peu l’obscurité mais finalement, je trouve cela assez grisant, presque apaisant (peut être que je ne l’aurais pas vécu de la même manière si j’étais solo sur les routes). Et heureusement que j’apprécie ces kilomètres nocturnes car la soirée va être un peu longue pour rallier Chamonix.
Malgré notre bon rythme, il faut avaler le dénivelé. Pause eau dans des toilettes publiques, il s’avère que la collectivité territoriale a jugé malin de proposer un robinet 2 en 1: eau avec savon intégré. Un bon fou rire à la clef pour nos deux amies cyclistes, un tantinet assoiffées!
Arrivées à Chamonix
23h: nous arrivons enfin au pied du “Toit de l’Europe”, on continue à arpenter les rues pour trouver de quoi se ravitailler avant d’aller se coucher. Nous célébrerons cette belle première étape de 122km, D+ 3100m, autour d’un pot de houmous; on se rattrapera sur un petit déjeuner plus copieux demain matin. La dernière mission de la journée sera de trouver notre Airbnb, réussir à monter les vélos dans le studio et surtout trouver le sommeil après le plein d’endorphines !

Etape 2: Chamonix > Col du Grand Saint Bernard
En route sous la pluie et le vent
Un lever un peu tardif après une nuit peu réparatrice (un mélange d’excitation et d’appréhension de ce qui nous attend dans les heures à venir), on constate que la météo n’est pas optimale pour monter sur le vélo: la pluie s’est invitée à Chamonix. On décide de prendre notre temps avant de se remettre en selle avec l’espoir que la météo devienne plus clémente.
11h: Une courte éclaircie nous remotive à attaquer cette deuxième journée sur le biclou avec en guise d’échauffement le Col des Montets depuis Chamonix (11.7km, D+443 m, pente moyenne 3.8%). Nous basculons en Suisse et entamons le Col de la Forclaz depuis Le Châtelard (7.1km, 437m, 6.1%).


Au sommet, on s’abrite un moment de la pluie et du vent avec un peu d’appréhension pour entamer la descente au vu des rafales de vent. La thématique de la journée sera la lenteur : en montée, au vu du dénivelé, en descente, au vu de la météo peu conciliante (on n’a pas dépassé les 25km/h avec la route glissante et les vélos un peu chargés).
On attaque ensuite le col le plus difficile que j’ai monté jusqu’à présent: le Col de Champex depuis Les Valettes (10.5km, D+ 860 m, 8.2%) avec un passage mémorable à 20% dans une épingle. On s’arrête dans la descente dans un café pour se réchauffer, s’abreuver, s’alimenter; je crois que je n’ai jamais autant apprécié une soupe chaude et un morceau de fromage.



Le difficile Col du Grand Saint-Bernard
Difficile de repartir, de ré-enfiler les affaires mouillées et de se dire qu’il nous reste encore la plus grande ascension de la journée à réaliser: le Col du Grand Saint Bernard depuis Orsières (41km, D+ 1983 m, pente moyenne 4.8%). Après un passage sur une route très circulante, un tantinet stressante, on commence à grimper cette longue montée.
L’avantage de réaliser le tour du Mont Blanc si tard dans la saison est que la route pour monter en haut du col du Grand Saint Bernard était plutôt déserte; on n’a croisé que très peu de camions dans cette ascension.
A 19h, le ciel s’assombrit, on ressort enfin du tunnel de plus de cinq kilomètres de long et on réalise que la météo s’est gâtée. On rajoute des couches de vêtements (style défiant toute concurrence à la fashion week avec nos jambières de vélos thermiques bien trop grandes pour nos cuissots) et on essaie de se motiver à affronter la nuit, la pluie et la pente que l’on gravit.
Tout va se jouer au mental sur cette dernière portion où un épais brouillard nous désoriente sur le vélo, ambiance apocalyptique, d’autant plus lorsque mon amie est à bout de batterie sur ses lumières.
Repos à l’Hospice du Grand Saint-Bernard
Mètre après mètre, on se rapproche de notre objectif final : l’Hospice du Grand Saint Bernard, juché à 2473 m d’altitude entre la Suisse et l’Italie, où nous allons trouver gîte et couvert, et surtout de la chaleur!
Notre surexcitation d’avoir gravi ce long col dénote dans le réfectoire de l’hospice où le calme est plutôt de rigueur. Le chanoine Raphaël nous accueille avec bienveillance et répond à nos deux priorités du moment: se réchauffer et manger. La douche chaude longuement attendue sur le vélo n’en n’est plus que délicieuse.
Nos vêtements trempés sèchent dans la buanderie pendant que nos estomacs se remplissent en compagnie de certains pèlerins qui effectuent la Via Francigena. Inspirant de rencontrer ce jeune homme qui a décidé de parcourir un des plus anciens chemins de pèlerinage médiéval reliant l’Europe du Nord-Ouest (Canterbury en Angleterre) à la péninsule italienne (Rome), 3200 km à pied; ça use les souliers!

Etape 3: Col du Grand Saint Bernard > Bourg Saint Maurice
Dans le froid jusqu’à Aoste
Après une nuit plutôt moyenne (difficile de relâcher le corps, surtout les jambes après une journée aussi intense sur le vélo), nous ouvrons les volets et découvrons le vent glacial qu’il fait dehors. Il a gelé cette nuit (deux degrés sur le thermomètre extérieur).
Un couple de savoyards qui partage notre dortoir propose de nous ramener sur Annecy en chargeant les vélos dans le van. C’est mal nous connaître, nous n’avons pas envie d’abandonner en cours de route ;). Pas le temps d’assister à la messe la plus haute d’Europe; on s’emmitoufle avec toutes nos couches, et on se prépare mentalement à affronter le froid dans cette longue descente de près de 40 kilomètres jusqu’à Aoste. Nous sommes les dernières cyclistes privilégiées à avoir franchi le col cette année, la route sera fermée dès le lendemain pour l’hiver.
Dernier col: le Petit Saint-Bernard
Au fur et à mesure des kilomètres, la chaleur revient, on repasse même en short et manches courtes à Aoste, le printemps est de retour: le bonheur! On profite d’être en Italie pour manger un bout de pizza avant de se lancer dans la dernière ascension de notre périple: Col du Petit Saint Bernard depuis Pré Saint Didier (23km, 1203m, 5.2%). Encore un long col, celui-çi me fera particulièrement mal au moral.



Pourtant les pourcentages ne sont pas difficiles, mais la fatigue commence à se faire sentir après le dénivelé cumulé de la veille. Les derniers kilomètres sont durs avec le vent de face et le froid qui saisit les articulations. Je verse quelques larmes au sommet de ce col : ça y est on a réussi ce tour du Mont Blanc!


Défi relevé!
ll ne reste plus qu’une longue descente de 30 km jusqu’à Bourg Saint Maurice; prudence extrême avec la lucidité qui commence à nous faire défaut.
48 heures plus tard, 333 km et 8400m D+ au compteur, nous voila de retour à la voiture, les jambes fatiguées mais les esprits enjoués! Sur ce même weekend, des amis ont réalisé le tour du Mont Blanc en Gravel: la graine est semée 😉 !
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