Annecy – Embrun en 2 jours à vélo de route

Mise à jour le 08/10/2024
candice-annecy-embrun

Un long week-end sur le calendrier, une course d’ultra cyclisme à préparer, deux amies en soif d’aventure: tous les ingrédients sont réunis pour une belle balade en vélo sacoche. Je vous emmène à bord de ce périple entre Annecy et Embrun qui nous a fait grimper certains cols emblématiques des Alpes (c’était pas gagné!).

Candice Baroux
Candice Baroux
Annécienne depuis 3 ans, Candice est professeur de yoga, globe trotteuse et passionnée de cyclisme depuis qu’elle a fait le tour du monde en tandem en famille à l’âge de 7 ans. Photo: @zag_pictures
Type
Vélo de route
Durée
2 jours
Distance
325km
Dénivelé +
6 090m

J-1 – Préparer la trace (spoiler: les cols sont fermés!)

En préparation de la RAF 300 (article à venir pour mon 1er ultra), il va falloir borner un petit peu et ajouté au programme un poil de dénivelé. Ma soeur habite Embrun, je réside à Annecy. La trace est trouvée, ça sera Annecy-Embrun en deux jours avec une amie cycliste. Je vous raconte!

L’idée était de passer par la mythique Route des Grandes Alpes (RGA) et de gravir les cols routiers les plus hauts (Iseran (2764 m), Galibier (2642 m), … et les plus prestigieux tels que L’Alpe d’Huez, les lacets de Montvernier… Il existe de nombreuses variantes pour cette superbe RGA.

Une chose que nous n’avions pas prise en compte dans notre tracé, néanmoins, était la date d’ouverture des cols. Naïvement, nous pensions que pour le weekend de la Pentecôte, les routes seraient dégagées de toute trace de neige; que nenni!

La veille de notre départ, nous passons quelques heures à redéfinir notre tracé, en donnant quelques coups de téléphone aux différents office du tourisme pour connaître les dates exactes des ouvertures des cols. Il s’avère que les deux périodes idéales pour se lancer sur Route des Grandes Alpes sont les « ailes de saison » : de mi-juin (ouverture des grands cols) à mi-juillet et de fin août à mi-octobre.

Le départ était fixé au jeudi 16 mai, mais la météo extrêmement pluvieuse ne nous incite pas à enfourcher notre biclou. On décide de reporter d’un jour notre aventure en vélo sacoche pour profiter d’une météo plus clémente et de prendre le temps d’analyser notre route une énième fois.

Après quelques doutes & incertitudes, nous finalisons notre trace: 325km, D+ 6090m en passant par le Col du Mont Cenis, Col de Montgenèvre et Col d’Izoard.

Jour 1 – Annecy – Susa

Vendredi 17 Mai, rendez vous au Pâquier à 8h30 avec Manon, l’objectif de la journée: arriver pour l’apéro en Italie! Au menu du jour, nous avons: Annecy – Susa via le col de Tamié & Col du Mont Cenis.

Nous longeons d’abord le lac d’Annecy avec ce sentiment de liberté sur la petite reine sacoches attachées. Quelques kilomètres sur la piste cyclable avalés jusqu’à Faverges et nous voila parties pour notre 1er col de la journée (seulement deux vrais cols aujourd’hui): col de Tamié. Un col assez roulant avec 4% de pente moyenne, qui nous laisse le temps d’apprécier les paysages remarquables du Massif des Bauges.

col-tamie-velo

Une belle descente, une portion sur une piste cyclable, des petites routes scéniques sans voiture: une parenthèse bucolique sur nos montures, avant de rejoindre la vallée de la Maurienne qui sera un poil moins féérique avec des routes passantes dans des zones industrielles.

Au bout de 110km, un ravito boulangerie à Saint Michel de Maurienne est nécessaire pour reprendre des forces avant la grande difficulté du jour qui débutera au kilomètre 150 de notre sortie: Col du Mont Cenis (9.9km à 7% de pente moyenne).

Quel honneur d’être les premières à arpenter les 6 lacets de ce col qui a ouvert le jour même. Il reste encore de belles congères le long de la route, rendant cette ascension mystique.

On ne s’attardera pas trop en haut du col, le froid nous saisit; on s’alimente rapidement, on enfile les couches et nous voila reparties en direction du somptueux lac du Mont Cenis avant une longue et agréable descente jusqu’en Italie.

Arrivée à 19h, juste à l’heure pour la pizza! Après avoir fait, quand même, quelques allers retours dans les rues pentues du village pour trouver notre guest house pour la nuit!

Jour 2 – Susa – Embrun

Après un petit déjeuner fort apprécié dans notre guest house, nous voilà parties pour quelques kilomètres de descente avant de commencer la première ascension de la journée, une longue montée jusqu’à Cesanne qui marque le début du col de Montgenèvre (soit une ascension depuis Susa de 43km pour près de 1500m de D+).

En soi, le col de Montgenèvre est presque doux avec une pente moyenne de 5.6% qui s’étend sur 9km depuis Cesanne. Malheureusement on se trompera de route en empruntant le tunnel de Cesanne exclusivement réservé aux voitures, alors qu’une route beaucoup plus agréable pour les cyclistes se trouvait à l’entrée de ce tunnel de l’enfer qui durera 2km.

Une fois arrivée à Montgenèvre, un stop ravito à base de frites et de pomme de terre sautées sera nécessaire avant de descendre full gaz jusqu’à Briançon. Les patates plus ou moins digérées, nous voilà parties pour la grosse difficulté de la journée: le col d’Izoard (qui a ouvert juste pour nous la veille!).

Le challenge de cette ascension réside dans la longueur de ce col: 19,1km avec un dénivelé positif de 1 174 mètres, et une pente moyenne de 6.1% avec les passages les plus pentus sur les derniers kilomètres! Le petit challenge supplémentaire de cette grimpette sera la grêle qui s’invitera durant l’ascension. Heureusement plus on monte, plus le paysage est à couper le souffle: l’immense privilège de rouler entre des congères de plus de trois mètres de haut.

Je dois avouer que j’ai versé quelques larmes en arrivant au sommet; un mélange de fierté et de soulagement d’être venue à bout de cette longue grimpée. Une barre énergétique dans le gosier, coupe vent, cache cou et gants enfilés, on s’attaque à la descente plutôt transies de froid.

A mi parcours, une pause café pour se réchauffer est plus que primordiale, elle se transformera d’ailleurs en pause burger pour essayer de retrouver un peu de force pour enquiller les quarante kilomètres qu’il nous reste à parcourir avant notre destination finale. Par chance, nos corps sont revigorés et le paysage nous fait oublier la fatigue, nous traversons les Gorges du Guil qui sont absolument magnifiques.

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Une portion de nationale moins plaisante nous permettra de rejoindre le charmant village de Saint Clément sur Durance. Quelques derniers kilomètres pour finir notre périple au plan d’eau d’Embrun et célébrer notre aventure avec une ginger beer à l’Outdoor Mix festival! (Le bonus de ce festival: profiter d’une session de massage le lendemain, aÏe les quadriceps!).

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