Comment choisir sa selle de vélo de route? 6 critères à considérer

Commençons par casser un mythe. Non, avoir mal au c** n’est pas normal! Le choix de la selle est un point crucial dans l’équipement d’un cycliste, mais loin d'être simple. Une selle se choisit en fonction de la morphologie (largeur du bassin), du type de pratique, du budget et surtout du ressenti... Suivez le guide, je vous aide à y voir plus clair sur les critères à considérer.
L’importance de l’adaptation de la selle
Une selle adaptée ne se sent presque pas. En revanche, un mauvais choix de selle peut vite transformer une sortie longue en cauchemar. Lorsqu’elle n’est pas adaptée, une selle est souvent source de douleurs et d’inconfort : frottements, irritations, plaies, douleurs d’appuis…
Les gènes, douleurs, inconforts sur une selle de vélo ne sont considérés comme tolérables que dans 2 situations : à la reprise (quand vous n’avez pas roulé depuis longtemps) et/ou en cas de « sortie longue ».
1. La largeur de la selle
Avant toute chose, il est indispensable de savoir quelle largeur de selle prendre. Pour cela, il faut passer sur un « mesure-fesses ». Cet outil permet de déterminer votre largeur ischiatique = la distance entre les ischions. Attention ! Un fessier « développé » ou d’apparence large ne veut pas dire que vous avez le bassin large !
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Cette largeur permet de déterminer la largeur de selle qu’il vous faut. On recommande souvent une largeur de selle d’environ 20 à 30 mm de plus que celle de de l’écartement des ischions.
Astuce « home made »
Vous pouvez réaliser cette mesure chez vous avec du carton assez épais. Placez le bout de carton sur une surface dure (tabouret en bois, marche d’escalier..) et venez vous asseoir dessus. Les genoux doivent être légèrement relevés (n’hésitez pas à mettre les pieds sur un marchepied) et le buste penché vers l’avant.
Lorsque vous allez vous relever, il y aura 2 petites empreintes qui seront la trace de vos ischions. Vous n’avez plus qu’à mesurer la distance qui les sépare.
Une selle trop étroite sera souvent à l’origine d’instabilités sur la selle, alors qu’une selle trop large peut être source d’hyper appuis et/ou d’une diminution de mobilité au niveau des hanches et du bassin. Dans les deux cas, le risque de frottements et d’irritations augmente considérablement.
2. La longueur de la selle
La longueur de la selle dépend surtout de la longueur du bec de selle – la partie avant. Il n’y a pas de vérité absolue sur ce qui est le mieux entre un bec de selle long ou un bec de selle court mais… Au fil des études posturales que j’ai pu réaliser, il s’avère que les cyclistes présentent moins de douleurs d’appui avec des becs de selle courts.
En simplifiant, une selle avec un bec long aura plus tendance à venir écraser les tissus mous. On va souvent compenser avec une inclinaison plus importante vers l’avant. Ce qui peut augmenter la pression sur les mains, et avoir des répercussions sur les tensions au niveau des épaules ou de l’ensemble du dos (régions cervicale, thoracique et lombaire). Ce type de selle convient surtout à des cyclistes « avisées » qui en ont l’habitude ou à des personnes avec des cuisses développées qui ont besoin de diminuer les frottements.
Un bec court permettra plus de marge de manœuvre en termes de positionnement : une position de selle non optimale sera plus tolérable et moins délétère !
3. La forme de la selle
Il existe une multitude de selles différentes mais on différencie souvent les formes en « T » VS les formes en « V » et les plates VS les courbées.
T ou V
Les différentes morphologies sont souvent décisives ici. Les formes en « T » laissent plus de possibilités de mouvements aux personnes qui ont des cuisses développées (d’ailleurs elles ont souvent un bec de selle un peu plus long pour diminuer les phénomènes de frottements).

Plate ou courbée
J’ai tendance à préférer (peut être mon coté physio) les selles plates qui permettent une meilleure mobilité du cycliste sur sa selle. En revanche, les selles incurvées peuvent permettre un meilleur maintien pour les personnes ayant des problématiques lombaires (inversion de courbure lombaire, lumbagos fréquents…).
Attention, un travail de mobilité et de renforcement permet parfois d’avoir plus de bénéfices plutôt que de conforter la problématique en lui offrant une solution de « facilité ».
Une discussion avec l’équipe médicale et paramédicale qui vous suit (si suivi il y a) et avec votre vendeur aguerri pourra vous aider à trancher !
4. Pleine ou évidée ?
Les trous au centre des selles sont conçus pour réduire la pression sur le périnée et améliorer la circulation sanguine dans les zones sensibles, mais là aussi il n’y a pas de vérité absolue.
Mon coup de cœur en terme de rapport qualité prix
Chez Spé, il existe un chouette compromis entre les 2 : la power mimic (disponible en plusieurs versions). Elle a un châssis ouvert mais un revêtement fermé ! Elle permet donc d’avoir les avantages d’une selle perforée, avec néanmoins un revêtement qui permet d’éviter les pincements éventuels.
Une selle évidée permettra effectivement de délester la zone des organes génitaux. En revanche, le fait d’avoir un trou va augmenter l’appui sur la surface restante et les rebords peuvent être un peu saillants et blesser les parties molles. Sur la photo ci-dessous, il s’agit de la selle Specialized Power Comp qui, avec son canal central évidé, permet de libérer les parties génitales et un rembourrage en mousse de densité moyenne qui permet d’éviter les hyper appuis sur la surface restante.

Les selles pleines permettent une répartition de la pression sur une surface plus large et peuvent paraître plus confortables pour certaines. Sur la photo ci-dessous, il s’agit de la selle Specialized Bridge Sport, un bon compromis pour celles qui hésitent entre route et chemin et qui est idéale aussi pour un petit budget. Le profil large et plat permet une bonne stabilité, et le canal central permet de dégager un peu les tissus mous.

5. Rembourrée ou pas ?
Alors là… à chacune sa préférence. Il faut savoir qu’une selle plus molle n’est pas forcément plus confortable. Le type de rembourrage (mousse, gel, nylon…) n’est pas un gage de confort et les selles molles peuvent s’affaisser avec le temps.
Attention aussi à bien différencier les douleurs dues à une selle non adaptée VS les douleurs dues à un cuissard non adapté (trop grand, trop petit, peaux de chamois usées ou de mauvaise qualité, etc). Je vous invite à lire mon article « Comment choisir son cuissard de vélo femmes? » à ce sujet.
Les selles impression 3D
Les petites dernières sont les selles impression 3D (alliance de rigidité et de confort). Personnellement, c’est ce que je teste en ce moment. Le confort à l’assise est très agréable. Le côté perforé permet une bonne ventilation et une évacuation de la transpiration.
Le revêtement antidérapant de la selle peut avoir des avantages et des inconvénients : il limite la sensation de glissement vers l’avant et permet de tolérer des angles de selle plus importants; en revanche, il peut créer certains échauffements si le cuissard est mal ajusté.

6. Rails alu ou carbone ?
Les rails sont la partie en métal située sous la selle, qui vous permet de fixer votre selle sur votre vélo (sur la tige de selle). C’est également cette zone qui va vous permettre d’avancer ou de reculer votre selle pour ajuster votre position. Attention, les rails carbones sont ovales alors que les rails alu sont ronds: pensez à vérifier la compatibilité de votre chariot de selle !

Si vous cherchez à gagner quelques grammes, votre choix se portera sur des rails carbone. Ces modèles sont souvent beaucoup plus « rigides » et préférés par les pros. En revanche, il faut quelques km au compteur pour pouvoir s’apercevoir de la différence. Attention également au prix : ces modèles sont beaucoup plus chers (les prix vont quasiment du simple au double!)
Vous pouvez avoir une alternative avec les rails titanes, de forme ronde, un peu plus léger que l’alu et moins rigide que le carbone. Voici un exemple avec la Power Mimic, disponible avec des rails en titane.
Moment glamour
Maintenant ces points techniques abordés, petits conseils « skin care ». En effet, il se peut que le combo selle – cuissard soit à l’origine d’irritations, de plaies, de poils incarnés et autres joyeusetés.
Quelques routines avant – pendant – après peuvent limiter les dégâts ! N’hésitez pas :
- À hydrater la peau régulièrement (comme votre routine crème de jour pour le visage)
- À utiliser un corps gras pendant vos sorties (vaseline, « crème a cul », SOS frottements,… )
- À bien vous lavez avec un savon au pH neutre en rentrant de vos sorties et à ré-hydrater la zone (si besoin avec une crème réparatrice)
- À retirer les poils incarnés avant qu’ils ne se transforment en abcés (oui oui. À la pince à épiler. C’est désagréable mais efficace).
En parlant de poils, n’hésitez pas à trouver le « timing » qui vous convient en termes de rasage ou d’épilation en fonction de votre vitesse de repousse et de votre tendance à avoir des poils incarnés ou non. Sur les derniers avis, l’épilation définitive reste une alternative qui semblerait pratique (mais onéreuse) pour éviter ces désagréments.
Conclusion
Choisir une selle de vélo de route n’est pas une tâche facile car elle impacte directement votre confort et vos performances. Tenez compte de votre morphologie, de votre pratique et de vos préférences personnelles pour choisir la selle qui vous conviendra le mieux. N’hésitez pas à tester plusieurs modèles et à ajuster votre position sur le vélo (en passant par une étude posturale si besoin) pour trouver l’équilibre parfait : une bonne selle mal ajustée peut paraître inconfortable !
Une fois le bon modèle trouvé, vous pourrez rouler plus longtemps et plus confortablement quelque soit votre pratique. Certaines selles à l’origine conçues pour la route finissent parfois sur des gravels ou sur des vélos de voyages si tous les paramètres sont réunis!
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