Ma préparation pour l’Embrunman : 9 mois pour devenir EmbrunWoman

Mise à jour le 27/04/2026
Reco Embrunman, montée col de l'Izoard

Après un besoin de déconnexion, j'ai décidé de me lancer dans le plus gros challenge de ma vie : l'Embrunman 2025. On l'appelle souvent le triathlon le plus dur de France. Entre excitation et appréhension, voici le récit de mes 9 mois de préparation pour devenir EmbrunWoman, du choix du coach à la reconnaissance du mythique col de l'Izoard.

Candice Baroux
Candice Baroux
Annécienne, Candice est professeur de yoga, globe trotteuse et passionnée de cyclisme depuis qu’elle a fait le tour du monde en tandem en famille à l’âge de 7 ans. Photo: @zag_pictures

Pourquoi choisir l’Embrunman pour un premier triathlon XXL ?

Embrunman vs Alpsman : le match des triathlons extrêmes

Initialement, j’étais partie pour m’inscrire à l’Xtrem de l’Alpsman (3.8km de natation, 180km avec 4000mD+ en vélo, un marathon en course à pied); la suite logique des choses après avoir fait le Découverte (format sprint) et le Half (la moitié de l’Xtrem Alpsman) les deux années passées. 

L’avantage de l’Alpsman c’est d’être à domicile (à Annecy), donc facile pour la logistique (pas de transport, ni d’hébergement) et idéal pour la support crew (mes amis annéciens pourraient facilement venir m’encourager). Mais l’Alpsman a lieu début juin ce qui signifie deux choses :

  • débuter la prépa Iron(wo)man pendant la saison d’hiver donc ciao le ski de rando !
  • peu de temps pour nager en eau libre dans le lac d’Annecy et potentiellement une natation le jour J dans une eau encore fraîche 

La course à pied de l’Alpsman a une petite spécificité. Si on est suffisamment rapide en natation & en vélo, après 24,6km de course à pied  («Le Tournant ») au niveau du lac d’Annecy, on peut sonner la fameuse cloche avant la barrière horaire de 17h30 et effectuer les 16km de trail (avec 1317m de D+ pour monter en sommet du Semnoz) pour devenir un Top Finisher. 

Après quelques recherches sur des récits de l’Alpsman, je réalise que, en tant que femme, j’aurais peu de chance de sonner la cloche. Cela veut dire qu’il me restera 18 km à courir le long du lac pour devenir Lake Finisher. Lors de ma participation en juin 2022 au Half Alpsman, j’ai vu les Lake finisher courir sans public dans Saint Jorioz, une image qui m’a peu motivée à m’inscrire à ce challenge. 

Dernier run avant le jour J

Par ailleurs, du fait que la course à pied est divisée en deux parcours, la densité de course est assez faible : on a donc des « chances » de se retrouver tout seul à courir. 

Bref, l’Alpsman a l’air quand même très chouette, notamment avec son départ à la Norseman (triathlon extrême en Norvège), en plongeant d’un bateau dans la nuit depuis le milieu du lac, mais pas pour un premier Iro(wo)man. 

Mon coeur a donc grandement balancé entre l’Iron(wo)man de Nice qui a lieu fin juin et l’Embruman. Après m’être inscrite à l’Etape du Tour homme & femme (double combo), la décision a été facile à prendre, en accord avec mon banquier. 

Une course labellisée Iron(wo)man est très onéreuse (850 euros). Bien que les feux d’artifice de l’arrivée d’un Iro(wo)man me laissait rêveuse, je décide de m’inscrire pour l’Embruman (« seulement » 450 euros). 

Les points forts et les défis de l’épreuve mythique d’Embrun

  • J’ai le temps de faire une vraie saison de ski avant de me lancer à partir de mars-avril dans ma prépa
  • Les paysages autour du Lac de Serre-Ponçon sont absolument incroyables, que ce soit sur le parcours vélo (avec notamment le col de l’Izoard) et la course à pied. 
  • Ma grande soeur & cousine habitent à Embrun, mes parents y sont très souvent aussi, j’aurais une support crew assurée le jour J
  • La date: mi août veut dire pas de vacances tranquilles avec une prépa qui continue pendant l’été
  • Le dénivelé en vélo: annoncé à 5000 m D+ sur le site, il y a en réalité 4 000m D+ ce qui me parait énorme pour un 1er Ironman
  • Le prize money: bien que je ne vise absolument pas le podium (beaucoup de triathletes professionnels au départ), je suis scandalisée de la différence de récompense monétaire qu’il existe entre homme & femme. Mise à jour 2026: le prize money de l’Embrunman sont (enfin!) égaux!

Mais bon, quitte à ne faire qu’un Iro(wo)man dans ma vie, autant choisir le plus mythique ;). 

Dernière ligne droite avant le jour J
©Pierre Gouineau

Coaching et planification : l’importance d’être bien entourée

J’interviens en tant que professeure de yoga, pendant deux mois, une semaine sur deux, aux Terrasses du Lac, un lieu magique en Lozère qui propose des séjours sportifs.

Ainsi, à partir de mi-février, je commence ma pré-préparation Iro(wo)man: une semaine de course à pied, une semaine de natation, une semaine de triathlon, une semaine de cyclisme. Cela me permet de remettre un pied à l’étrier dans chacune des disciplines, de mettre un volume avant de me lancer dans la vraie prépa. 

Ainsi le 15 avril, j’ai une petite base d’entraînement pour me lancer officiellement dans ma prépa Iro(wo)man. 

4 mois avant la date fatidique du 15 août, l’accouchement. Je décide de me faire coacher par Marion Legrand (triple championne du monde de Duathlon et gagnante 2024 du Half Ironman d’Aix en Provence), une amie & athlète en or. 

Je lui souhaite bien du courage pour m’entrainer, non pas que je manque de volonté (au contraire, team 1ère de la classe), mais plutôt avec mon agenda un poil chargé (entre mes séjours de yoga, cours de danse et passion pour le surf). 

Mais je sais qu’elle privilégie la quantité à la qualité, et qu’elle saura relever d’une main de maître le défi de me bien me préparer pour mon challenge ! (Spoiler: 354 261 notes vocales plus tard, pari réussi!). 

Pour cela, elle me fait remplir un fichier avec les dates clefs de mes courses & contraintes d’agenda afin d’essayer d’organiser des cycles d’entraînement. Dans l’idéal, 3 semaines d’entraînement progressif et une semaine de décharge pour récupérer physiquement & mentalement. Dans la réalité, on ajuste comme on peut! 

Reconnaissance du parcours vélo : affronter le mythique Col de l’Izoard

On cale avec Marion un weekend au Lac de Serre Ponçon pour aller faire la reconnaissance du parcours vélo de l’Embrunman, qui se compose de deux boucles: une petite autour du lac, et une grande en direction de l’Izoard. 

Je connais déjà la petite boucle (40km, D+1000m) pour avoir fait en juillet 2022 le triathlon d’Embrun (que je recommande ++). Mais la grande boucle, qui représente 145 km et 3000m D+, m’impressionne, notamment l’ascension du col de l’Izoard depuis Guillestre (plus de 31km et 1380m D+ d’ascension). 

Sur le week-end de l’Ascension (autant mettre toutes les chances de son côté!), je retrouve donc Marion et mon cousin Gaëtan pour un weekend choc. 

La semaine d’avant, je valide une semaine d’entraînement plutôt intense. Le dimanche soir, je fais une note vocale à Marion, j’ai besoin de couper deux jours, je suis fatiguée physiquement et mentalement de cette prépa. Cette mini coupure a été nécessaire pour arriver relativement « fraîche » pour cette reconnaissance. 

On est chanceux (trop chanceux?!) avec la météo pour la reconnaissance du parcours: une belle journée ensoleillée. Dés le début du parcours, je comprends ma peine du jour: je roule derrière une athlète professionnelle & un ancien militaire. Il va falloir accepter d’être toujours derrière et ne pas me cramer en roulant trop vite pour les suivre. 

La première difficulté ce jour là sera le col de l’Izoard, le soleil tape fort, c’est ma première expérience de canicule sur le vélo. Heureusement, on fait un stop à Arvieux, la tête dans la fontaine & un arrêt boulangerie me requinquent. Mon cousin va monter tout le col avec moi, cela me permet d’occuper l’esprit face aux pourcentages qui commencent à devenir difficiles à encaisser. 

Je réalise alors l’ampleur de chantier qu’est l’EmbrunMan, je doute de pouvoir le finir. 

Petit coup de mou après la descente sur Briançon, un deuxième arrêt boulangerie est nécessaire. Le jour J, je ne pourrai pas prendre autant de temps pour manger.

J’ai regardé par curiosité les barrières horaires de l’EmbrunMan. Autant à la natation (2h30 pour 3.8km) et pour la course à pied (6h pour 42km), les barrières horaires sont assez généreuses. Autant pour le vélo, je les trouve très strictes (environ 10h pour 185km avec D+4000m). 

On finira notre sortie vélo huit heures plus tard (7 heures sur la selle). La petite boucle de l’EmbrunMan me prendra un peu moins de deux heures. Petite boucle 2h + Grande Boucle 7h + Pauses 1h = 10 heures, barrière horaire du vélo, il ne va pas falloir chômer! 

Marion me demande à la fin de la sortie, « tu te sentirais de courir un marathon maintenant? », la réponse est simple « clairement non! ». 

Je reste optimiste, le jour J, l’adrénaline nous donne des ailes (enfin je l’espère!). 

Reco Embrunman, montée col de l'Izoard

Triathlon L de Divonne-les-Bains : un premier podium comme déclic

7+1=8, my lucky number, Dossard 71 pour le triathlon L de Divonne Les Bains

En toute honnêteté, je n’avais pas vraiment envie de prendre un autre dossard en plus de l’Embrun(wo)Man … Mais ma coach m’a dit que ça serait quand même une bonne idée de faire un autre triathlon avant le 15 août. 

Fast forward, samedi 14 juin, 8h, à Divonne les Bains, me voila donc dans le parc de transition. On nous annonce que la combinaison de natation est interdite

Cela m’arrange moyen, on flotte mieux avec la combi et j’avais hâte de tester en condition de course ma nouvelle acquisition! Tant pis, au moins je gagnerai du temps sur la transition! 

8h30 le départ est lancé sur la plage, 1.9km de natation dans le lac, option algues incluses. Nous ne sommes que 96 participants au départ, le mass start est plutôt smooth!

Rapidement me voilà au même rythme qu’un bonnet jaune, on fera toute la natation ensemble. Très drôle d’être aussi proche de quelqu’un (on respirait face à face) sans se parler. Bon par contre Mr Bonnet Jaune avait quelques problèmes d’orientation parfois, la proximité était ++. 

Une sortie à l’australienne sur le parcours, on effectue notre plus beau plongeon pour se remettre à l’eau (merci les lunettes qui n’ont pas bougé d’un poil!).

34 min plus tard, je sors de l’eau en 15eme au général et 3eme femme, finalement ça me va plutôt pas mal de nager dans les algues. 

Une transition semi rapide (2 min, un record pour moi!) et me voilà partie avec une barre énergétique dans la bouche pour 90 km de vélo avec 1700m de D+. J’avais fait la reco du parcours vélo il y a un petit mois, je savais donc à quoi m’attendre. 

Une longue montée pour arriver au col de la Faucille, puis un parcours roulant sur le plateau jurassien, avant de remonter au col et redescendre par le même côté. 

La descente du col de la Faucille sera d’ailleurs hors chrono suite à la demande de la préfecture après le tragique accident sur l’Alpsman.

Je redoutais la chaleur en vélo mais finalement on était plutôt bien sur le plateau jurassien. 

Je m’attendais à me faire doubler rapidement par une autre concurrente, il n’en est rien. Je verse une larme quand un bénévole m’encourage « bravo la 3eme féminine !»

Après 3h38 de vélo, retour au parc de transition (T2: 2 min) pour un changement de chaussures et troquer le casque pour une casquette. 

Finisher Triathlon L Divonne

La vraie bataille commence : 19.5km de course à pied sous une douce canicule. 

La CAP se divise en trois boucles, et à chacune des boucles on fait le tour de l’hippodrome (1.5km dans un chaudron sur de la terre battue). Heureusement, les bénévoles sont au taquet sur les encouragements et les ravitos nombreux! 

Dés le début de la CAP, j’avale un Smecta … je sens que mon ventre va danser le flamenco sur un air de tango! A chaque ravito, je me vide une bouteille d’eau sur la tête! La surchauffe du moteur se fait sentir! 

Je retrouve sur le parcours Marielle & Flo, qui me donnent le classement & full encouragement. Je vais me battre pour cette 3eme place, malgré un ventre en mode camel bag! 

2 gels et 3 têtes dans la fontaine plus tard, je franchis la ligne d’arrivée après 5h51 d’effort. 

Mission accomplie : 3eme féminine, mon premier podium en triathlon!

Le boost dont j’avais besoin pour ma prépa pour l’Embrun(wo)Man. Et dire que dans deux mois tout pile, il faudra doubler les distances!

Dernière (grande) ligne droite avant le 15 aout, en attendant je vais essayer de régler cette histoire de camel bag!

Podium Triathlon L Divonne

L’Étape du Tour : 4 500 m de dénivelé positif pour tester les jambes

Un dernier dossard avant l’Embrun(wo)Man, je me suis inscrite à L’Etape du Tour, une belle balade entre Albertville et La Plagne:

  • 130km, 4500m D+ 
  • 8h05 sur le vélo (7h40 d’effort et 25min de ravito)
  • 6478/17000 participants, 322/1275 femmes

Départ à 7h45 (quasi loupé le départ du temps de trouver mon SAS) en SAS 6, la colonie de vacances sportives débute avec une privatisation de la voie rapide pour rejoindre Ugine. 

Bonheur d’être en queue de peloton pour profiter de l’aspiration. 

Après l’échauffement sur le plat, on commence avec la côte d’Hery sur Ugine (11.3km à 5.1%), qui passe plutôt bien. Je rencontre un autre Montbrisonnais, forcément on parle de notre ville passion, et les kilomètres s’avalent tout seul. 

Marion, ma coach & Garance, me font la surprise de me rejoindre dans ce col, ça papote encore plus fort. 

Surprise de ma coach pendant L'Etape du Tour

J’en viens à oublier de bien gérer ma nutrition et hydratation. Bonheur de retrouver aussi, Côme, mon kiné, pour continuer ce blabla-ride jusqu’au Col des Saisies ( 12,6 Kms à 7,7%). 

Je suis plutôt lente en descente car 17,000 cyclistes sur une route (bien que fermée!), c’est un poil anxiogène dans les virages

Malheureusement, je vois beaucoup de cyclistes au fossé qui ont fait des sorties de virage. 

Un bon ravito Tuc, Banane & Saint Yorre (le combo gagnant) à Beaufort (les frissons du public avec une dizaine d’enfants qui t’envoient le plein d’énergie!), avant d’entamer le premier vrai chantier: le Col du Pré (12,6 kms à 7,7%), des beaux lacets qu’on admire au dessus de nous, une route étroite où il est difficile de doubler, mais le paysage est somptueux. 

Surtout l’arrivée sur le Lac & Barrage de Roselend: élu col pref dans mon coeur!

Cormet de Roselend L'Etape du Tour

La section jusqu’au Cormet de Roselend (5,9 kms à 6,3%) est grandiose, bien que le dénivelé commence à se faire sentir dans les jambes!

Un petit ravito au sommet et je me vestie de mon coupe vent pour la longue descente (30km) jusqu’à Bourg Saint Maurice. 

Toujours autant de monde sur la route, moi qui aime d’habitude les descentes, j’ai juste hâte d’arriver. Les trapèzes et les mains sont bien trop crispées!

A Bourg Saint Maurice, je m’allonge au sol pour faire quelques torsions, histoire de libérer un peu les tensions dans mon dos! Un dernier ravito pour la route, avant d’attaquer le dernier chantier : Côte de la Plagne (19,1 kms à 7,2%). 

On commence par une petite pente douce qui régale, une petite descente qui met du baume au coeur avant de commencer réellement la montée. Au pied du col, l’ambiance est incroyable (encore des frissons), je m’emballe, j’appuie un peu trop fort sur les pédales avant de réaliser que la montée va être longue. 

Je trouve mon rythme, virage après virage, le moral est plutôt bon, la forme est encore là. Je rêve juste d’un peu de musique électro dans les oreilles … c’est long ce col! Je commence à avoir sacrément mal aux pieds de la friction de mes chaussures de vélo et un poil en surchauffe corporelle. 

Je passe devant un ravito fontaine clandestin, je m’y arrête finalement pour mettre mes pieds dans la fontaine : le bonheur. 

Les pieds au frais, la tête sous la fontaine, un gel Maurten et me voila repartie pour finir ces derniers kilomètres. 

Je continue de doubler tranquillement, on me dit que j’ai l’air d’être encore « fraîche ». Je réponds que dans trois semaines je vais devoir enchaîner un marathon, j’en garde donc sous le pied ! 

Les derniers mètres sont incroyables, portée par la foule, j’accélère pour passer la ligne d’arrivée. 

De grosses larmes de fierté et de soulagement, c’est fini! 

Heureuse d’avoir avalé ces 4 500m de dénivelé positif avec le sourire!

Finisher LEtape du Tour

Alors, prête? Mes dernières semaines avant l’Embrunman

A la base, j’avais aussi un dossard pour l’Etape du Tour femmes le 2 août, mais sur les conseils de ma coach, je décide de le revendre. A deux semaines de mon échéance, le risque de mauvaise récupération était trop grand. 

Je finis donc ma préparation avec quelques séances dans les différentes disciplines, je pars surfer quelques jours pour me changer les idées.

Tout le monde me demande « alors prête ? ». Je pense que c’est comme une fin de grossesse, on n’est jamais vraiment prête mais on a hâte du jour J pour vivre la dite expérience tant attendue.

9 mois plus tard, le jour J est arrivé. Découvrez mon récit de course de l’Embrunman ici !